Santé – Sciences

REPORTAGE - AVC, la grande urgence médicale

Par Marina Cabiten, France Bleu mardi 29 octobre 2013 à 7:00

L'AVC, maladie largement répandue mais encore trop méconnue du public
L'AVC, maladie largement répandue mais encore trop méconnue du public © Radio France - Marina Cabiten

La journée mondiale de lutte contre l'AVC, mardi 29 octobre, a pour principal but de sensibiliser la population à une maladie largement répandue, mais encore méconnue. Les accidents vasculaires cérébraux sont la première cause de mortalité chez la femme en France, la troisième chez l'homme. Reportage à l'hôpital Saint-Joseph à Paris, qui dispose d'une unité spécialisée.

On parle d'accident vasculaire cérébral, mais l'AVC est bien une maladie, qui n'arrive pas par hasard. Pour cette nouvelle journée de lutte contre l'AVC mardi, le gouvernement a choisi comme slogan "AVC, agir vite c'est important". Car beaucoup trop de Français ignorent les signes de cette sorte d'infarctus du cerveau, qui est pourtant la première cause d'handicap chez l'adulte , première cause de mortalité chez la femme et troisième chez l'homme .

"Si mes amis n'avaient pas appelé le 15, je serais mort"

Rencontre à l'hôpital Saint-Joseph à Paris avec Joël Guillôme. Il a 64 ans, et a été victime d'un AVC cet été, à la veille de ses vacances au Canada qui n'auront finalement jamais eu lieu.

Joël Guillôme, victime d'un AVC - Radio France
Joël Guillôme, victime d'un AVC © Radio France - Marina Cabiten

Quand l'accident arrive, brutalement comme à chaque fois, il déjeune tranquillement en terrasse avec des amis. Il raconte la suite >

Joël Guillôme raconte le jour de son AVC

Tout seul j'aurais dit : "ça va passer". Je ne le dirai plus.

Joël n'a aucune séquelle de son accident vasculaire cérébral, il a eu de la chance selon les médecins, mais surtout comme il le dit, ses amis ont eu le bon réflexe en appelant immédiatement le 15.** De la chance car moins d'1 Français sur 2 (étude Ipsos) sait reconnaître les signes d'un AVC que sont l'hémiplégie (personne en partie paralysée), le trouble du langage (la personne bredouille ou ses paroles n'ont pas de sens) ou encore le trouble de la vision . Même méconnaissance pour les réflexes à avoir : allonger la personne sans lui donner ni à boire ni à manger, et composer immédiatement le 15.

Si les proches des malades sont en première ligne au moment de l'AVC, ils subissent aussi des conséquences dont ils n'ont pas forcément conscience. Car l'AVC change souvent le quotidien de manière brutale. C'est ce que raconte Joël Guillôme, qui évoque un véritable traumatisme pour les personnes qui vivent à ses côtés >

Pour Joël Guillôme, c'est surtout sa famille qui a été traumatisée

Le professeur Zuber est neurologue à Saint-Joseph, où se trouve l'une des 120 unités spécialisées de France pour l'AVC. Il confirme que c'est une maladie souvent difficile à gérer pour l'entourage, à la fois à cause de sa soudaineté, et de ses conséquences souvent lourdes >

Le Pr Zuber évoque la difficulté pour l'entourage de gérer la vie après un AVC

L'unité spécialisée pour les malades atteints d'AVC, à l'hôpital Saint-Joseph - Radio France
L'unité spécialisée pour les malades atteints d'AVC, à l'hôpital Saint-Joseph © Radio France - Marina Cabiten

** Et la vie après l'AVC ?

Alors comment faire pour éviter ces drames humains, à la suite desquelles 60.000 personnes meurent chaque année en France ? En mettant l'accent sur la recherche et la prévention, explique le professeur Zuber >

Le Pr Zuber sur la recherche contre l'AVC

Comment éviter le pire ? D'abord, en surveillant les facteurs de risque. Vous avez plus de chances d'être victimes d'un accident vasculaire cérébral si vous souffrez d'hypertension, de diabète, de cholestérol, ou de fibrillation auriculaire c'est-à-dire un trouble du rythme cardiaque .

Ensuite, si l'AVC surgit et lorsque vous avez appelé le 15, la rapidité de la prise en charge est capitale. Chaque minute perdue représente 2 millions de neurones détruits . Il est aussi important d'être dirigé dans une unité comme celle de Saint-Joseph, et c'est là que la France doit s'améliorer, car actuellement seul un AVC sur deux est traité dans ces structures.

Les séquelles ? Vous pouvez ressortir de l'hôpital sans rien comme Joël, ou être totalement handicapé, et entre les deux tout est possible. L'AVC est l'une des maladies qui coûtent le plus cher à la société. À écouter : Grégory Mahé, rugbyman professionnel, a pu retrouver la compétition suite à un AVC. Il a raconté son histoire à France Bleu Limousin.

Somme : ils témoignent après un AVC au micro de France Bleu Picardie Ailleurs sur le web : l'accident vasculaire cérébral touche de plus en plus les jeunes.