Santé – Sciences

Rhume, toux, problèmes intestinaux : un médicament sans ordonnance sur deux est "à proscrire"

Par Marina Cabiten, France Bleu Provence et France Bleu mardi 14 novembre 2017 à 9:04 Mis à jour le mardi 14 novembre 2017 à 17:50

L'étude de 60 millions de consommateurs estime que près d"un médicament sans ordonnance sur deux est "à proscrire".
L'étude de 60 millions de consommateurs estime que près d"un médicament sans ordonnance sur deux est "à proscrire". © Maxppp -

Dans les médicaments disponibles sans ordonnance, près d'un sur deux est "à proscrire", selon le magazine 60 millions de consommateurs qui dévoile mardi une "liste noire" de produits parmi ceux les plus vendus.

Sur 62 médicaments compris dans l'étude de l'association 60 millions de consommateurs publiée mardi, seuls 13 d'entre eux comme Vicks Vaporub, Imodiumcaps, Gaviscon menthe, Forlax 10 G, Maalox sans sucre seraient "à privilégier". "Ils ont un rapport bénéfice/risque favorable", indique le magazine dans un hors-série consacré aux médicaments sans ordonnance. Mais pour le reste, les conclusions sont sans appel : un tiers a selon l'association une efficacité "faible ou non prouvée", et la moitié de ces médicaments disponibles sans ordonnance sont "à proscrire".

Plus de risques que de bénéfices pour un médicament sur deux

"De toute façon, la durée d'utilisation doit être courte", souligne le Pr Giroud qui a participé à l'étude. Le tiers qui est classé "faute de mieux" n'a pas, peu ou très rarement d'effets indésirables, poursuit le journal de l'Institut national de la consommation (INC). En revanche, parmi ces 62 médicaments, pour près d'un sur deux (28) le rapport bénéfice/risque étant défavorable en automédication.

En bonne place sur cette "liste noire" figurent des "stars anti-rhume" comme Actifed Rhume, DoliRhume et Nurofen Rhume. Ce sont des cocktails de deux à trois composés actifs : un vasoconstricteur (nez bouché), un antihistaminique (nez qui coule) et du paracétamol ou de l'ibuprofène (mal de tête). Ces tout-en-un cumulent des risques de surdosage et d'effets indésirables gravissimes (accidents cardiovasculaires, neurologiques, vertiges...), selon 60 Millions. "En somme pour décongestionner un nez bouché, on met un bazooka à la disposition des malades", selon ce hors-série qui évoque notamment la pseudoéphédrine. "Cette substance expose à des risques d'accidents cardio-vasculaires et d'AVC", observe le Pr Giroud qui qualifie ces médicaments à proscrire de "dangereux". "Ils devraient être retirés du marché", dit-il à l'AFP.

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Un nombre croissants de médicaments déconseillés

Pour les médicaments destinés à soulager la toux, le bilan de 60 Millions de consommateur n'est guère mieux, avec seulement un médicament à privilégier et 60% à proscrire. "C'est l'hécatombe par rapport à l'étude que nous avions réalisée en 2015, où il y avait 35 % de médicaments à privilégier et 'seulement' 50 % à proscrire", écrit la revue. Cette dégradation provient du fait que, depuis juillet, les sirops ou comprimés à base de dextrométhorphane (dérivé opioïde), une substance efficace qui certaines toux sèches et fatigantes, ne sont plus accessibles sans ordonnance. Et ce en raison d'un détournement "marginal" de cette substance par des ados (via des cocktails "purple drank"" mêlant sodas et produits pharmaceutiques), explique à l'AFP Adeline Trégouët, rédactrice en chef déléguée du magazine.

Il épingle parmi d'autres produits des pastilles pour la gorge à base d'anti-inflammatoires comme Strefen sans sucre, qui présente inutilement un risque d'hémorragies digestives. Également dans le collimateur, des fluidifiants bronchiques qui n'ont jamais fait la preuve de leur efficacité et peuvent être source d'allergie et d'irritation du tube digestif, selon le Pr Giroud. Plus généralement, "si le risque zéro n'existe pas, malheureusement l'efficacité zéro, elle, est indiscutable pour plus de 55% des médicaments d'automédication" disponibles sur le marché, s'indigne ce spécialiste.