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Santé – Sciences

"S'il y a deux urgences, on soigne qui ?" : les Tonnerrois en colère contre la suppression d'un poste de médecin

dimanche 8 avril 2018 à 13:58 Par Lisa Guyenne, France Bleu Auxerre

Samedi, les citoyens du Tonnerrois étaient appelés à rendre leurs cartes électorales, signe de contestation contre le plan santé de la région. Cette semaine, l'ARS annonçait renoncer à la fermeture des urgences de nuit... Mais en ne conservant qu'un seul médecin.

Plus de 1000 cartes électorales ont été déposées
Plus de 1000 cartes électorales ont été déposées © Radio France - Lisa Guyenne

Ce n'est pas une, mais quatre cartes électorales que Philippe est venu glisser dans l'urne, sur cette place du centre-ville de Tonnerre. "J'ai des amis qui ne pouvaient pas se déplacer, mais qui ont quand même voulu participer." A presque 70 ans, cet habitant de Lignières, à 12 km de Tonnerre, veut montrer son soutien aux urgences de nuit. 

"A notre âge, si on a plus d'urgences, c'est la mort assurée." - Philippe, 68 ans

Car si, officiellement, les urgences ne fermeront pas, garder un seul médecin de nuit, en fait... Cela revient au même. "Nos médecins ont dit qu'ils refusaient de travailler dans ces conditions. Ils ne resteront pas dans nos petits hôpitaux de proximité, seuls la nuit." Céline Plaut, infirmière et membre du collectif de défense des urgences de Tonnerre, dénonce un "leurre" de la part des autorités. 

"Ca veut dire que la nuit, le médecin urgentiste devra gérer à la fois les USC (unités de soins continus), le service des urgences, et les sorties SAMU. _Ce n'est pas possible, les médecins ne peuvent pas tout faire._"

Les autres urgences de nuit les plus proches sont celles d'Auxerre et de Troyes - Radio France
Les autres urgences de nuit les plus proches sont celles d'Auxerre et de Troyes © Radio France - Lisa Guyenne

"Demain, on nous demandera de faire des choix"

Selon elle, en pratique, c'est même la vie des patients qui serait menacée. "Il peut y avoir deux urgences en même temps. Mardi, j'ai eu un monsieur qui faisait une embolie pulmonaire, et en même temps il y a eu une sortie SAMU, avec un enfant en détresse respiratoire. Demain, on nous demandera de choisir : qui soigner ? Le monsieur ou l'enfant ? Nous, on ne veut pas faire de choix. On veut soigner tout le monde."

"Sans les électeurs, nos élus ne sont rien"

Alors bien sûr, rendre sa carte électorale, c'est un geste symbolique. Mais qui veut rappeler une chose aux pouvoirs publics : "Nos élus, que ce soit au gouvernement ou ici, localement, sans ces électeurs, ils ne sont rien non plus. C'est ça le message que l'on veut faire passer", explique Fernando Da Costa, le président du collectif des urgences. 

Message entendu par les citoyens. A la fin de la journée, plus de 1000 cartes électorales avaient été collectées. Le collectif espère désormais faire remonter ces cartes, à la préfecture ou au ministère de la Santé.

Fernando Da Costa et Céline Plaut - Radio France
Fernando Da Costa et Céline Plaut © Radio France - Lisa Guyenne