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Santé – Sciences

Saint-Calais : près de 1.000 personnes manifestent pour défendre l'hôpital

jeudi 12 juillet 2018 à 19:30 Par Morgane Heuclin-Reffait et Ruddy Guilmin, France Bleu Maine

Personnel soignant, habitants et même pompiers ont manifesté jeudi après-midi devant les urgences de Saint-Calais. L'hôpital pourrait fermer partiellement pendant l'été, faute de médecins.

Près de 1.000 personnes se sont mobilisées pour défendre l'hôpital de Saint-Calais
Près de 1.000 personnes se sont mobilisées pour défendre l'hôpital de Saint-Calais © Radio France - Morgane Heuclin-Reffait

Saint-Calais, France

Ils étaient près de 1.000 jeudi après-midi à se rassembler devant les urgences de Saint-Calais : habitants, personnel soignant ou encore élus ont manifesté ensemble pour dire non à la fermeture de certains services pendant l'été. L'hôpital manque de médecins après le départ à la retraite de l'un d'eux en décembre 2017, et n'arrive plus à trouver suffisamment d'intérimaires pour assurer un fonctionnement normal.

Cet été, le service de médecine polyvalente pourrait ainsi passer de 30 à 10 lits en juillet, et même fermer complètement en août. Une fermeture des urgences la nuit est aussi envisagée. En mai déjà, 10 lits de médecine avait été fermés faute de médecin. Pour les habitants, les centres hospitaliers les plus proches du département se trouveraient alors à La Ferté-Bernard et Montval-sur-Loir, à plus de 35 minutes de route. Dernière option : se rendre dans le Loir-et-Cher, au centre hospitalier de Montoire-sur-Loir, à 25 minutes de trajet. 

Des secours en difficulté

Parmi les manifestants ce mardi, les pompiers habillés en civils étaient également mobilisés. Si l'hôpital de Saint-Calais ferme partiellement, transporter les patients dans d'autres établissements prendra plus de temps.

Le risque, c'est que "les transports pour aller aux urgences vont être largement rallongés si celles de Saint-Calais sont fermées la nuit", explique Thomas Blateau, pompier volontaire. "Aujourd'hui, une intervention sur le secteur de Saint-Calais dure une heure au total, précise-t-il. Si on doit aller au Mans, ça passe à deux heures et demi, ce qui veut dire qu'en cas d'autre urgence en même temps, c'est une ambulance d'un centre de secours plus lointain qui devra se déplacer".

Habitants et mairie solidaires

Les risques de perdre certains patients en cours de transfert sont réels. Henri, un habitant de Sainte-Cérotte, le sait bien :

J'ai fait un infarctus chez moi en 2011. Les pompiers m'ont emmené en 20 minutes aux urgences de Saint-Calais. Sans cet hôpital, je ne serais plus là !

Les filles de Sonita, une aide-soignante, sont venues soutenir le personnel soignant - Radio France
Les filles de Sonita, une aide-soignante, sont venues soutenir le personnel soignant © Radio France - Morgane Heuclin-Reffait

Pour d'autres, il s'agit aussi de lutter contre la désertification médicale : "les urgences c'est primordial. Sans ça, le monde rural va mourir", lance une manifestante. Le personnel de l'hôpital craint de son côté une première étape avant une fermeture définitive : "les fermetures temporaires finissent souvent par être définitives, estime Dominique, aide-soignante de nuit. Ils commencent par fermer certains lits et à terme c'est tout le secteur médical !".

Si votre parent ou enfant a un problème la nuit, on peut faire la première prise en charge ici, avant de le transférer dans un autre établissement. C'est très important car le temps compte !

Alors que le personnel de l'hôpital était en grève ce jeudi après-midi, la mairie a fermé par solidarité. Le maire Léonard Gaschet était dans le cortège de manifestants. "Ce qui est à craindre avec une fermeture pendant un mois, c'est que ça ne rouvre pas après", s'inquiète-t-il. La ville a donc proposé à l'ARS de faire venir un médecin retraité pour pallier les absences :

L'objectif, c'est que les urgences restent ouvertes 24 heures sur 24 tout l'été.

De son côté le président du département Dominique Le Mèner rappelle son soutien : "il est en effet inconcevable qu’un bassin de 40.000 habitants, dans un contexte de désertification médicale ne puisse disposer d’un hôpital de proximité de premier recours", écrit-il dans un communiqué.