Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Santé – Sciences

Béarn : plus de maisons de santé pour lutter contre les déserts médicaux

vendredi 6 avril 2018 à 19:13 Par Maëlle Robert, France Bleu Béarn

Une délégation de l'Agence régionale de santé a présenté ce vendredi à Bedous (Pyrénées-Atlantiques) son plan de lutte contre les déserts médicaux. Parmi les mesures : le développement de la télémédecine et le soutien aux maisons de santé pluridisciplinaires, en s'inspirant de celle de Bedous.

La maison de santé pluridisciplinaire de la Vallée d'Aspe a ouvert ses portes il y a trois ans.
La maison de santé pluridisciplinaire de la Vallée d'Aspe a ouvert ses portes il y a trois ans. © Radio France - Maëlle Robert

Béarn, France

En matière de santé, Bedous fait figure de modèle : sur son territoire sont installés trois médecins généralistes, alors que la commune compte moins de 600 habitants, et est située en moyenne montagne, à 25 kilomètres au sud d'Oloron (où la maternité a fermé). 

L'explication ? Sa maison de santé pluridisciplinaire de la Vallée d'Aspe, qui a ouvert il y a trois ans. Et en trois ans, le nombre de professionnels de santé qui exercent dans ses murs a doublé. Elle compte aujourd'hui, en plus des trois médecins, infirmières, sages-femmes, dentistes, orthophonistes, kiné, ostéopathe, psychologue ou encore psychothérapeute. 

Parce qu'il est une réussite, ce centre de santé a donc reçu la visite d'une délégation de l'ARS Nouvelle-Aquitaine ce vendredi. Des membres de l'ARS venus présenter des mesures pour lutter contre la désertification médicale, conformément au plan lancé en octobre par la ministre de la santé, Agnès Buzyn. 

4 nouvelles maisons dans le Béarn

Parmi les mesures, donc : l'aide à la création de nouvelles maisons de santé. En 2017, l'ARS a consacré un million d'euros aux maisons de santé en Nouvelle-Aquitaine. En 2018, elle prévoit d'accorder 100 000 euros aux maisons de santé qui vont s'implanter dans les Pyrénées-Atlantiques. Dans le Béarn, quatre sont en projet (Pau, Oloron, Arudy, Laruns), en plus des cinq maisons de santé qui existent déjà.

C'est que le dispositif fonctionne : "c'est intéressant de pouvoir travailler en équipe, de pouvoir échanger avec les autres praticiens", témoigne Manuel Martin Jimenez, médecin espagnol, fraîchement arrivé dans cette maison de santé. La coordinatrice, Aline Daulny, confirme : "nous recrutons en ce moment un chirurgien-dentiste pour remplacer celui qui part à la retraite. Nous n'avons quasiment pas besoin de chercher, beaucoup de professionnels de santé nous contactent d'eux-mêmes".

Des spécialistes près de chez vous

Autre mesure initiée par l'ARS : le développement des "consultations avancées", c'est-à-dire des médecins spécialistes qui exercent généralement en milieu hospitalier, et qui se déplacent une à deux fois par mois dans des centres de santé. Celle de Bedous par exemple accueille plusieurs fois par mois deux cardiologues, une endocrinologue et un gynécologue qui exercent habituellement à l'hôpital de Pau ou d'Oloron. Pour un suivi classique, les patients n'ont plus besoin d'aller loin. Un soulagement pour les personnes âgées notamment.

Le dispositif devrait s'étendre dans les Pyrénées-Atlantiques : 70 consultations avancées existent dans les Pyrénées-Atlantiques, une quinzaine sont en cours de déploiement, selon l'ARS.

Enfin, dernière mesure présentée par l'ARS pour tenter de garantir un meilleur accès aux soins aux habitants des déserts médicaux : l'accroissement de l'offre de télémédecine. 

Prendre en charge les AVC à distance

Deux dispositifs existent dans le Béarn. Ils ont tous deux bénéficié d'une subvention de 150 000 euros de l'ARS. D'abord, les Ehpad du Haut-Béarn ont tous été équipés de scanners et d'outils numérique pour transférer des fichiers de manière sécurisés. Les résidents peuvent désormais obtenir l'avis d'un dermatologue de Pau après que le médecin lui a envoyé des images.

Le deuxième dispositif concerne la prise en charge de personnes atteintes d'AVC, au centre hospitalier d'Oloron : "à Oloron, nous n'avons pas de service de neurologie adapté. Alors quand le cas se présente, les urgentistes font passer des scanners au patient et envoient les images aux experts de l'unité cardiovasculaire de l'hôpital de Pau. Ils échangent avec eux directement", explique la directrice, Valérie Friot-Guichard. A partir de cet avis, un traitement médicamenteux pourra être prescrit au patient pour détruire le caillot de sang sur place, à l'hôpital d'Oloron, ce qui réduit les risques de séquelles.

Ce dispositif existe depuis juin 2017. Jusque là, 17 patients ont pu en bénéficier.