Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Santé – Sciences

Sarthe : de plus en plus de médecins salariés des communes

-
Par , , France Bleu Maine, France Bleu

RETOUR SUR INFO - Dans un département qui ne compte plus que six généralistes pour 10.000 habitants en moyenne, c’est l’un des remèdes à la désertification médicale.

Saint-Cosme-en-Vairais (Sarthe), mars 2016
Saint-Cosme-en-Vairais (Sarthe), mars 2016 © Radio France - Bertrand Hochet

La Sarthe compte aujourd’hui quatre centres municipaux de santé : après l’établissement pionnier de La Ferté-Bernard, Connerré s’est à son tour lancé, avec généralistes et dentistes. Saint-Cosme-en-Vairais, près de Mamers, a suivi, avant Fresnay-sur-Sarthe il y a quelques semaines, à l’échelle cette fois de la communauté de communes. Tous partent du même constat : le médecin de campagne à l’ancienne est une espèce en voie d’extinction.

Il y a 30 ans, c'était un sacerdoce d'être médecin. Aujourd'hui, nous avons une autre vision du métier - Mathilde Gilet, médecin salariée de la commune de Saint-Cosme-en-Vairais

Mathilde Gilet est arrivée à Saint Cosme il y a quatre mois. Cette jeune généraliste de 31 ans apprécie d’être déchargée du travail administratif. "Je voulais faire du médical, et pas gérer les papiers à côté, les impôts, l’URSSAF… tout ce qui n’est pas mon métier en fait". Elle y a surtout trouvé une qualité de vie à laquelle elle tient. "Dans le libéral, ce qui fait peur aux jeunes médecins c’est qu’on n’a pas le droit d’être malade ou en congé maternité. Là ça permet d’avoir des horaires : le centre est ouvert de 9H à 19H, et quand il est fermé, eh bien il est fermé. Les jeunes médecins ne sont plus les mêmes qu’il y a 30 ans, à l’époque c’était vraiment un sacerdoce, il n’y avait pas de vie personnelle. Aujourd’hui, nous avons une autre vision de notre métier". Malgré tout, la jeune femme ne chôme pas : elle voit en moyenne 25 patients par jour.

Avant l'arrivée du Dr Gilet, la commune est restée un an sans médecin - Radio France
Avant l'arrivée du Dr Gilet, la commune est restée un an sans médecin © Radio France - Bertrand Hochet

Le salaire du Dr Gilet, 4300 euros nets par mois, est garanti. Les deux secrétaires encaissent les consultations à 23 euros pour le compte de la commune, qui peut ensuite payer le praticien. Ce modèle économique est souvent déficitaire au début : 30.000 euros de pertes, par exemple, à Saint-Cosme. Mais c'est le prix à payer pour la santé disent les élus, absolument certains que les habitants sont derrière eux.

Le cercle vicieux de la désertification rurale

Pour attirer un médecin dans sa commune, le maire de Saint-Cosme-en-Vairais a du batailler. Cela fait en fait quinze ans qu'il recherche la bonne formule. Alors, pour faire venir le deuxième généraliste dont le bassin de vie de 4.000 habitants a besoin, Jean-Yves Tessier va faire appel à un cabinet de recrutement. "Le coût est de l’ordre de 22.000 euros avec une prospection sur quatre pays : la Roumanie, la Grèce, l’Espagne et le Portugal. Nous avons un tel déficit en France : le nombre de médecins qui sortent de la Faculté est largement inférieur au nombre de postes qui se libèrent. Si nous attendons qu’on médecin français veuille venir chez nous, nous n’y arriverons jamais. C’est d’autant plus difficile que nous sommes dans une zone rurale profonde".

Or une commune sans médecin est une commune en danger. Perte d'attractivité, baisse du nombre d'habitants, fermeture de commerces, de classes, parfois d'école : c’est le cercle vicieux de la désertification rurale redouté par les élus.

Plus de 300 maires ont visité le centre de santé de La Ferté-Bernard

A La Ferté-Bernard, le maire Jean-Carles Grelier s’est lancé dans le salariat de médecins dès 2011 ; il était l’un des premiers en France à tenter le coup. Depuis l’ouverture du centre municipal de santé dans sa ville, Jean-Carles Grelier comptabilise pas moins de 368 visites de maires intéressés par la formule. "Le dernier en date, c'était le maire de La Roche-sur-Yon, une ville qui compte pourtant plus de 100.000 habitants et qui est au bord de la mer. Même là, il y a une problématique de démographie médicale".

L'exemple de La Ferté séduit. "J’ai rencontré des présidents de départements, j’ai été auditionné à plusieurs reprises par des commissions spécialisées du Sénat ou de l’Assemblée nationale, j’ai reçu l’IGAS (Inspection générale des affaires sociales) qui voulait faire un rapport à la ministre sur le fonctionnement des centres de santé", raconte Jean-Carles Grelier. "On essaie de faire un peu école. On réfléchit à la création d’une association qui s’appellerait « Santé et territoires », et qui pourrait promouvoir et livrer dans les communes concernées des centres de santé clé en main. L’idée c’est de profiter de l’expérience qui est la nôtre avec ce recul de plusieurs années sur le centre de La Ferté".

Le chantier est immense. Au sein de la région Pays de la Loire, la Sarthe fait figure de lanterne rouge : on y compte seulement un peu plus de six généralistes pour 10.000 habitants. Chiffre qui a chuté de 16% en huit ans. Sans être les seuls remèdes, les centres municipaux de santé semblent donc voués à se développer encore. Spay, Allonnes ou encore la Ville du Mans y réfléchissent.

Choix de la station

France Bleu