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Faits divers – Justice

Scandale du Mediator : les laboratoires Servier et l'Agence du médicament renvoyés devant le tribunal correctionnel

mardi 5 septembre 2017 à 17:45 Par Géraldine Houdayer, France Bleu Orléans et France Bleu

Quatorze prévenus et onze personnes morales, dont les laboratoires Servier et l'Agence nationale de securité du médicament sont renvoyés en correctionnelle dans l'affaire du Mediator, révèle France Inter ce mardi. La perspective d'un grand procès du Mediator se rapproche.

Le Mediator est au cœur d'un scandale de santé publique depuis dix ans.
Le Mediator est au cœur d'un scandale de santé publique depuis dix ans. © AFP - Fred Tanneau

Les juges d'instruction ont décidé de renvoyer devant le tribunal correctionnel de Paris les laboratoires Servier et l'Agence du médicament dans le volet principal du scandale du Mediator, ont indiqué ce mardi des sources judiciaire à France Inter. Au total, quatorze prévenus et onze personnes morales sont renvoyés en correctionnelle. Après six années de batailles procédurales, la perspective d'un grand procès se rapproche dans le scandale sanitaire du Mediator. S'il a lieu, il se tiendrait en l'absence du principal protagoniste, Jacques Servier, fondateur des laboratoires, mort en 2014 à 92 ans.

L'agence du médicament accusée d'avoir tardé à suspendre le Mediator

Conformément aux réquisitions du parquet, les juges ont ordonné le 30 août le renvoi en correctionnelle du groupe pharmaceutique pour "tromperie aggravée, escroquerie, blessures et homicides involontaires et trafic d'influence", a indiqué cette source à l'AFP. L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) est également renvoyée devant le tribunal pour "blessures et homicides involontaires". L'Agence du médicament est ainsi soupçonnée d'avoir tardé à suspendre l'autorisation de mise sur le marché et ne pas avoir informé les patients et les médecins des risques. Outre les 25 prévenus, le procès se tiendra avec 4133 plaignants, dont 3970 personnes physiques.

Un antidiabétique détourné comme coupe-faim

Prescrit pendant plus de 30 ans à cinq millions de personnes en France, le Mediator, un antidiabétique largement détourné comme coupe-faim, a été retiré du marché en novembre 2009. Dans son réquisitoire de près de 600 pages, le parquet estimait que les laboratoires avaient mis en place une "stratégie" pour dissimuler son caractère anorexigène et n'avaient pas signalé les risques d'hypertension artérielle pulmonaire, une pathologie rare incurable, et ceux de graves lésions des valves cardiaques (valvulopathies) qui lui étaient imputables. Le parquet, en se basant sur la dernière expertise judiciaire, avait chiffré entre 1.520 et 2.100 le nombre de décès à long terme causés par le Mediator.