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Ségur de la Santé : les sages-femmes en colère

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Le Ségur de la Santé était sensé valorisé les personnels soignants, très investis lors de l'épidémie de coronavirus, mais en Drôme Ardèche comme ailleurs, les sages-femmes estiment que le compte n'y est pas. On en serait même très loin.

Entrée de la maternité de l'hôpital de Valence. Entrée de la maternité de l'hôpital de Valence.
Entrée de la maternité de l'hôpital de Valence. © Radio France - Florence Gotschaux

Les sages-femmes en grandes "méprisées" du Ségur de la Santé. C'est en tout cas leur sentiment. Le syndicat ONSSF (Organisation Nationale Syndicale des Safes-Femmes) a décidé d'écrire aux maires, députés et sénateurs -y compris dans la Drôme et en Ardèche- pour faire part de son mécontentement. Une fois de plus, leur métier n'est pas considéré comme une profession médicale, mais para-médicale, au même titre que les infirmières ou les secrétaires médicales.

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Elles ont pourtant fait une année de médecine, avant d'enchaîner sur plusieurs années de spécialisation en gynécologie et obstétrique. Le code de déontologie les classe bien dans la catégorie des professions médicales, au même titre que les médecins ou les dentistes, mais à l'hôpital, ce n'est pas comme ça qu'elles sont considérées. Le Ségur de la Santé a nié, une fois de plus, leur particularité.

Une impact sur la revalorisation salariale

Les sages-femmes assument pourtant de grandes responsabilités : "elles doivent savoir poser un diagnostique en urgence, évaluer rapidement s'il y a un problème et appeler le bon professionnel, faire des révisions utérines quand il y a hémorragie, explique Élisa Étienne, sage-femme coordinatrice à l'hôpital de Valence. C'est aussi faire un diagnostique de risque d'accouchement prématuré, ce sont aussi les morts fœtales... c'est complexe et tout ça n'est pas reconnu au quotidien".

Et ça ne le sera pas plus après le Ségur de la Santé. Pas sur la feuille de paye en tout cas. Car classée dans la catégorie des professions non-médicales, elles n'ont pas la revalorisation qu'elles auraient pu espérer. "On va avoir une augmentation de 183 euros, alors que les médecins hospitaliers vont gagner 1.100 euros de plus chaque mois", déplore Élisa Étienne. Sachant qu'une sage-femme, en début de carrière, gagne environ 1.700 euros.

La goutte d'eau, après l'épidémie de Covid 19

Ce manque de considération est d'autant plus mal vécu par les sages-femmes qu'elles ont été très investies pendant la période de confinement et au plus fort de l'épidémie de coronavirus. "Les femmes n'ont pas arrêté d'accoucher, notre service n'a pas fermé, comme d'autres__. Il a fallu faire face, dans des conditions de travail très difficiles, avec beaucoup de contraintes... C'est la goutte d'eau. On est très très en colère", assure Élisa Étienne, qui remarque, amère, que les sages-femmes hospitalières n'ont pas non plus touché la prime d'urgence. Des négociations sur les grilles salariales à l'hôpital démarrent en septembre et les sages-femmes espèrent bien être entendues à ce moment-là. 

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