Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Santé – Sciences

Sida : 6.000 experts font le point sur la recherche lors d'une conférence internationale qui s'ouvre à Paris

dimanche 23 juillet 2017 à 15:21 Par Germain Arrigoni, France Bleu

Paris est devenu dimanche la capitale de la lutte contre le sida avec l'ouverture de la conférence internationale de recherche, qui prend une coloration politique inhabituelle en raison des coupes prévues par Donald Trump dans les financements américains.

Sida : des espoirs pour la recherche, des inquiétudes liées à Trump
Sida : des espoirs pour la recherche, des inquiétudes liées à Trump © Maxppp -

Quelque 6.000 spécialistes du sida débattent de recherche et d'une baisse des financements. Les organisateurs de la conférence, qui réunit la fine fleur de la recherche mondiale jusqu'à mercredi au Palais des Congrès à Paris, ont publié une "Déclaration de Paris" pour exprimer leurs craintes, avant même l'ouverture de la réunion.

Des inquiétudes liées à Trump

"Pas de fin du VIH sans la recherche et pas de recherche sans des investissements pérennes", proclame ce texte. S'il ne cite pas nommément les Etats-Unis de Trump, ce sont bien eux qui sont visés.

Les Etats-Unis sont historiquement le plus gros contributeur à la lutte contre le sida, et de loin : ils représentent à eux seuls plus des deux tiers des financements gouvernementaux internationaux. L'an dernier, ils ont consacré 4,9 milliards de dollars (4,2 milliards d'euros) à des programmes de lutte contre le sida, très loin devant le Royaume-Uni (645,6 millions) et la France (242,4).

Or, le président Donald Trump propose de réduire ces dépenses dans le budget 2018, actuellement en discussion au Congrès, pour un montant global évalué à plus d'un milliard de dollars par l'ONG américaine Health Gap.

830.000 patients privés d’antirétroviraux

Il faut "réduire les financements de plusieurs programmes de santé, dont certains concernent le sida, en considérant que d'autres donneurs devraient augmenter leur contribution", a écrit Donald Trump en mai dans un projet de budget.

Si elles sont adoptées par le Congrès, ces coupes priveront 830.000 patients, essentiellement africains, d'antirétroviraux, traitements qui empêchent le développement du virus, estime la Kaiser Family Foundation. Elles entraîneront en outre 200.000 nouvelles infections, prévoit cette organisation américaine à but non lucratif spécialisée dans les politiques de santé.

Parmi les coupes envisagées, une baisse de 17% de la contribution américaine au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Elle ne se monterait plus qu'à 1,13 milliard de dollars, soit 222 millions de moins qu'en 2017.

L'absence de Macron regrettée

Coalition Plus, Act-Up Paris et Aides ont regretté l'absence du président français Emmanuel Macron à cette conférence, signe selon ces associations d'un "désengagement de la France" "comparable à celui de Donald Trump".

Face à ces critiques, il y a eu un changement de l'agenda du président de la République. Emmanuel Macron va recevoir différents responsables d'associations contre le virus HIV/Sida lundi après-midi.

A LIRE AUSSI ► Le nombre de morts du sida divisé par deux depuis 2005 mais la résistance aux traitements augmente

Des espoirs pour la recherche

Autre inconnue : le budget consacré au Pepfar, le programme initié en 2003 par George W. Bush et qui permet à plus de 12 millions de patients de bénéficier de traitements antirétroviraux. "On ne parle pas d'un simple risque de ralentissement de la lutte contre le sida : ces coupes budgétaires pourraient entraîner un vrai revirement par rapport aux progrès que nous avons faits", insiste Mme Bekker, pour qui ce serait "une tragédie".

Car ces progrès sont notables : depuis 2005, le nombre de morts de maladies liées au sida a été divisé par deux dans le monde (un million en 2016), a annoncé jeudi l'Onusida, le programme de coordination de l'ONU.

L'an dernier, 36,7 millions de personnes vivaient avec le VIH et plus de la moitié (19,5) avaient accès aux traitements. En 2016, 19,1 milliards de dollars ont été réunis par des donateurs publics et privés dans le monde pour la lutte contre le sida.

Il en faudrait 26,2 pour être sûr d'atteindre en 2020 le but fixé par l'ONU : que 90% des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut, que 90% de ces dernières soient sous traitement, et que parmi celles-ci, 90% aient une charge virale indétectable.

Sida : moins de contaminations et moins de décès - Visactu
Sida : moins de contaminations et moins de décès © Visactu - Visactu

(avec AFP)