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Santé – Sciences

Sieste obligatoire pour les soignants aux urgences de l'hôpital d'Évreux

vendredi 31 août 2018 à 5:05 Par Laurent Philippot, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) et France Bleu

Cadences infernales, pression, burn-out, les professionnels de santé sont mis à rude épreuve. À l'hôpital d'Évreux, le chef du service des urgences, le docteur Arnaud Depil-Duval a mis en place des protocoles qui rendent la sieste obligatoire pour les médecins et les infirmières de nuit.

Un fauteuil de pacha pour le docteur Arnaud Depil-Duval, le chef du service des urgences d'Évreux, qui carbure au travail, au café, au thé et à la sieste
Un fauteuil de pacha pour le docteur Arnaud Depil-Duval, le chef du service des urgences d'Évreux, qui carbure au travail, au café, au thé et à la sieste © Radio France - Laurent Philippot

Évreux, France

Aux urgences de l'hôpital d'Évreux, la sieste est obligatoire pour les médecins de garde depuis un an et demi,  et depuis  six mois pour les infirmiers et infirmières. Il est vrai qu'au départ, les personnels étaient plutôt dubitatifs sur l'intérêt de la sieste.  "Pour travailler bien, il faut travailler heureux", leur répond le chef du service des urgences de l'hôpital d'Évreux, le docteur Arnaud Depil-Duval. C'est ainsi que deux protocoles ont été signés pour encadrer des temps de sieste qui, à écouter le praticien hospitalier, n'ont que des avantages, même si les mettre en place et les faire accepter aux soignants n'a pas été une mince affaire. 

Je dois parfois engueuler les médecins pour qu'ils aillent se reposer" - Arnaud Depil-Duval, chef des urgences de l'hôpital d'Évreux

Un dispositif inspiré des armées 

Arnaud Depil-Duval est médecin réserviste. Il s'est donc inspiré de ce qui se fait dans l'armée pour ce dispositif unique en France. "Les armées font attention à la sieste pour les soldats en opération", explique le chef de service. Il a donc adapté au civil ce qui se fait pour ""les soldats, notamment ceux des forces spéciales, qui peuvent rester cinq jours sans dormir".

Médecins et internes ne reviendraient pour rien au monde sur leurs siestes à l'hôpital - Radio France
Médecins et internes ne reviendraient pour rien au monde sur leurs siestes à l'hôpital © Radio France - Laurent Philippot

Soignant reposé, patient en sécurité 

Le premier protocole prévoit une coupure obligatoire de 90 à 180 minutes,  en nuit profonde et idéalement entre 2 et 4  heures du matin. Cela concerne les médecins qui travaillent 24 heures de suite et les infirmiers de nuit. Il est vrai qu'au départ, certains personnels étaient plutôt dubitatifs sur l'intérêt de la sieste, notamment chez les infirmiers. Anaïs  a parfois du mal à prendre le temps de lever le pied : " ça se fait évidemment quand le service est calme, qu'il n'y a pas d'urgence vitale et qu'il n'y a pas un afflux de patients important", détaille la jeune femme, infirmière aux urgences depuis sept ans.  Mais globalement le dispositif a été vite adopté. Arnaud Depil-Duval va désormais plus loin en proposant ses personnels à prendre  des micro-siestes  d'une dizaine de minutes.  Une  pièce au calme a été spécialement aménagée disposant de deux gros coussins,  le tout agrémenté de luminothérapie, musique et  ventilateurs. Il y a même un réveil avec simulateur d'aube. 

L'espace aménagé pour les micro-siestes est installé dans le bureau des internes, à l'écart du flux des patients - Radio France
L'espace aménagé pour les micro-siestes est installé dans le bureau des internes, à l'écart du flux des patients © Radio France - Laurent Philippot

Les premiers retours sont positifs. Ces créneaux  de sieste ont permis de réduire la pénibilité du travail, la fatigue après les gardes de 24 heures, le risque d'erreur médicale et d'améliorer la productivité, notamment la nuit

Plus on est fatigué, plus on augmente le risque d'erreur. Au réveil, on abat davantage de travail que sans sieste."- Arnaud Depil-Duval

De l'aveu des infirmières, après la sieste, les médecins seraient plus sympa. Des médecins qui ne reviendraient pour rien au monde sur ces siestes obligatoires. La direction de l'hôpital encourage ces siestes, car le temps d'attente aux urgences n'a pas augmenté, tout en assurant la même quantité de travail, voire plus. La sieste aux urgences fait le buzz dans le milieu hospitalier. Arnaud Depil-Duval a déjà été contacté par un établissement du sud de la France et il doit bientôt se rendre en Suisse à l'hôpital de Lausanne qui pourrait envisager de mettre en place le même système. 

Pour des temps de repos plus longs, la traditionnelle chambre de garde réservée aux médecins urgentistes - Radio France
Pour des temps de repos plus longs, la traditionnelle chambre de garde réservée aux médecins urgentistes © Radio France - Laurent Philippot