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Santé – Sciences

Meuse : à Spincourt, les fouilles du cimetière français de la Grande Guerre commencent à livrer leurs secrets

dimanche 25 novembre 2018 à 7:06 Par Soizic Bour, France Bleu Lorraine Nord, France Bleu Champagne-Ardenne et France Bleu Sud Lorraine

Il y a un an, une équipe d'archéologues de l'INRAP a mis au jour un ancien cimetière militaire provisoire datant de la 1ère guerre Mondiale, situé à Spincourt, dans la Meuse. 450 tombes et plus de 600 corps ont été retrouvés, ils devraient tous être identifiés avant la fin 2019.

450 tombes ont été exhumées.
450 tombes ont été exhumées. © Radio France - Soizic Bour

Spincourt, France

Un an après le début des fouilles, les ossements et les crânes du cimetière provisoire de la grande guerre à Spincourt, dans la Meuse, commencent à livrer leurs secrets. 

En novembre 2017, 450 tombes ont été trouvées et exhumées sur un cimetière militaire français provisoire, situé sur le Mont Spincourt, dans le Nord de la Meuse, en amont d'un projet immobilier et sur prescription de l'état, qui a fait appel à une équipe d'archéologues de l'INRAP (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives).  

Les archéologues vont travailler sur les soins dentaires des soldats retrouvés, qui peuvent donner des indications sur la date du décès et permettre d'identifier la personne. - Radio France
Les archéologues vont travailler sur les soins dentaires des soldats retrouvés, qui peuvent donner des indications sur la date du décès et permettre d'identifier la personne. © Radio France - Soizic Bour

Un cimetière oublié depuis cent ans

Le cimetière, qui a réuni des tombes entre 1919 et 1924, avait été oublié depuis cent ans : "il était censé avoir été vidé en 1924 mais de nombreuses fosses contenaient encore tout ou partie de leurs défunts", explique Frédéric Adam, archéo-anthropologue à l'INRAP et responsable de la fouille d'étude du cimetière de Spincourt. 

Dans certaines tombes, les corps retrouvés étaient incomplets, puisque déjà décharnés au moment de l'inhumation. - Radio France
Dans certaines tombes, les corps retrouvés étaient incomplets, puisque déjà décharnés au moment de l'inhumation. © Radio France - Soizic Bour

Ainsi sur les 450 tombes, un tiers ont été trouvées pleines, un tiers contenaient une poignée d'os et un tiers sont totalement vides. "Les corps sont arrivés décharnés, comme c'était un cimetière provisoire. Certaines entreprises de pompes funèbres faisaient très bien leur travail, et d'autres non, il y avait aussi très peu de contrôleurs donc certains endroits du cimetière ont été très bien purgés, et d'autres pas du tout", souligne Frédéric Adam.   

À l'origine, le cimetière contenait 617 tombes pour 864 défunts.

La plus grande identification de corps en Lorraine

Le but des archéologues de l'INRAP est d'identifier tous les corps, en travaillant sur les squelettes : "Ces gens ont été inhumés dans un cimetière avec un registre, on a donc des noms, des documents militaires, avec des informations que l'on va pouvoir comparer au squelettes, en fonction de sa taille, de l’arthrose sur ses os par exemple, on va pouvoir savoir si il est bien mort à 20, 25 ou 30 ans, parce que le degré de maturité des ossements est différent selon l'âge", raconte Frédéric Adam. 

"On va pouvoir mesurer les os, faire diverses observations anatomiques et ostéologiques", ajoute-t-il. 

Frédéric Adam, archéo-anthropologue à l'INRAP et responsable de la fouille d'étude du cimetière de Spincourt. - Radio France
Frédéric Adam, archéo-anthropologue à l'INRAP et responsable de la fouille d'étude du cimetière de Spincourt. © Radio France - Soizic Bour

Deux autres corps au moins vont faire l'objet de prélèvements ADN. L'étude va durer plusieurs mois, le rapport final doit être rendu à l'État fin 2019. "C'est une découverte majeure, ça sera la plus grande identification de corps en Lorraine, pour un cimetière français", explique Frédéric Adam. Certains corps identifiés devraient être rendus à leur famille

Plusieurs objets du quotidien des soldats ont été retrouvés. - Radio France
Plusieurs objets du quotidien des soldats ont été retrouvés. © Radio France - Soizic Bour

Travail sur l'économie de guerre et la gestion de la mort de masse

En plus des ossements, les archéologues ont retrouvé beaucoup d'objets de la vie quotidienne et militaire du soldat, des médailles, des croix chrétiennes, des couteaux suisse, des plaques commémoratives, des chaussures : "La plupart des pieds étaient encore bottés, donc on a récupéré les chaussures, on va commencer à les étudier, il y a des modèles différents qui vont nous renseigner sur la date de décès éventuelle, et à l'intérieur il y a divers marquages liés au fabricant, à la pointure, la date de fabrication qui vont nous renseigner sur l'économie de guerre et les marchés", note Frédéric Adam. 

La dernière grande identification date de 2014, 144 soldats australiens avaient été identifiés lors de fouilles, à Fromelles dans le Nord.