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Sur l'île de Ré, les pratiquants de sports nautiques ont "le wishbone qui démange"

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Par , France Bleu La Rochelle, France Bleu Poitou

Les plages resteront fermées jusqu'au 1er juin inclus. La décision a douché les espoirs des pratiquants de sports nautiques. Les pratiques sportives individuelles peuvent reprendre dès le 11 mai, mais impossible de faire du surf, de la planche à voile, du paddle sans traverser la plage.

Paolo et Mateo vivent à 80m de la plage des Grenettes à Sainte-Marie-de-Ré. Mais n'y retournent quasiment plus depuis deux mois. Trop douloureux quand on ne peut pas faire de paddle dans les vagues.
Paolo et Mateo vivent à 80m de la plage des Grenettes à Sainte-Marie-de-Ré. Mais n'y retournent quasiment plus depuis deux mois. Trop douloureux quand on ne peut pas faire de paddle dans les vagues. © Radio France - Julien Fleury

La mer n'est qu'à 80 mètres, mais depuis le confinement, la famille D'Hoine évite d'approcher de la plage des Grenettes, l'un des meilleurs spots de vagues de l'île de Ré, situé à Sainte-Marie. Un supplice pour Paolo, 12 ans : "à chaque fois que je vois des vagues, je me dis que je ne peux pas y aller..." Son frère Matteo, 9 ans, a une autre raison : "j'ai peur de me faire arrêter par les policiers !" 

Quant à leur père Alex, il préfère occuper son esprit à repeindre la maison : "cette semaine, il y a trois jours de vent, et je préfère avoir la tête dans le bricolage, plutôt que d'aller me faire mal à regarder les cartes ou l'état de la mer."

Chez la famille D'Hoine, les planches à voile et les paddles restent dans le garage depuis deux mois. Alex et ses deux garçons espèrent bien retourner sur l'eau dès le 11 mai. Pas gagné.
Chez la famille D'Hoine, les planches à voile et les paddles restent dans le garage depuis deux mois. Alex et ses deux garçons espèrent bien retourner sur l'eau dès le 11 mai. Pas gagné. © Radio France - Julien Fleury

"C'est un peu la douche froide"

Chez les D'Hoine, paddles et planches à voile restent au garage depuis deux mois. Et ça risque de durer comme ça jusqu'au 2 juin. En effet, le plan de déconfinement du gouvernement prévoit bien, dès le 11 mai, d'autoriser de nouveau les pratiques sportives individuelles. Mais les plages, elles, restent fermées jusqu'au 2 juin. Or, impossible ou presque de pratiquer des sports nautiques sans passer par la plage.

"C'est un peu la douche froide" reconnaît Olivier Morel, autre grand amateur de glisse, installé au Bois-Plage. "On a un peu le wishbone qui démange." Lui aussi compte les jours, lui aussi avant de retrouver la mer, absente de sa vie depuis deux mois : "nous on est quatre dans la famille, tous pratiquants. Stand-up, foil, windsurf, kite... évidemment, aujourd'hui il y a du vent, on serait dans l'eau." Mais pas question de briser le confinement. "C'est comme ça. Il faut être solidaire avec les soignants et les soignés !"

Après deux mois de confinement et de nombreuses séances de gym, le champion rétais de planche à voile Antoine Albeau a hâte de reprendre la navigation pour ne pas être décroché face à ses concurrents.
Après deux mois de confinement et de nombreuses séances de gym, le champion rétais de planche à voile Antoine Albeau a hâte de reprendre la navigation pour ne pas être décroché face à ses concurrents. © Radio France - Julien Fleury

"Montrer l'exemple"

Dans sa maison de La Couarde, où il vit son confinement, le champion de de windsurf rétais Antoine Albeau, ronge son frein lui aussi : "mardi, il y avait un super vent et du soleil. J'aurais très bien pu aller naviguer en fin de journée. Je n'aurais vu personne" assure l'homme aux 25 titres mondiaux qui a pourtant préféré continuer à respecter le confinement. "Il faut quand même montrer l'exemple !" promet l'athlète de haut niveau, sollicité récemment par la gendarmerie pour rappeler les règles aux récalcitrants.

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Depuis deux mois, Antoine Albeau se rattrape avec des séances de gym, partagées avec sa compagne Paola. Mais F192 (le numéro inscrit sur sa voile) a vraiment besoin désormais de retourner naviguer : "nos concurrents étrangers recommencent à s'entraîner avant nous, notamment en Allemagne. Ils vont prendre de l'avance", avec le risque pour les athlètes français de perdre des médailles dans les prochains mois. 

Plage dynamique

Une impatience partagée par tous les pratiquants de la façade atlantique. La fédération française de surf est donc à la manœuvre, pour convaincre le gouvernement et les députés qu'une reprise dès le 11 mai est possible. C'est le concept de "plage dynamique", sur laquelle on ne ferait que passer pour se lancer dans l'eau.

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Alors que notre région devrait figurer en vert sur la carte du déconfinement, présentée ce jeudi par le gouvernement, les sports nautiques présentent peu de risque de propagation du virus, selon Alex à Sainte-Marie : "le risque peut exister sur les parkings, quand on voit les potes. Par contre, sur l'eau on est largement à plus d'un mètre les uns des autres, donc pour moi, ça pourrait être ouvert assez rapidement."

Inquiétudes pour la saison touristique

Oliver Morel ne peut plus aller dans l'eau depuis deux mois. Il s'inquiète également pour la saison touristique, lui qui tient l'été une école de voile sur la plage de Gros-Jonc au Bois-Plage-en-Ré.
Oliver Morel ne peut plus aller dans l'eau depuis deux mois. Il s'inquiète également pour la saison touristique, lui qui tient l'été une école de voile sur la plage de Gros-Jonc au Bois-Plage-en-Ré. © Radio France - Julien Fleury

La plage dynamique, l'idée est séduisante, mais la mise en pratique peut s'avérer complexe, reconnaît Olivier Morel, pourtant très impatient de retrouver l'eau : "je ne sais pas s'il faut mettre un temps de présence sur la plage... et il faudra sans doute des gardiens pour surveiller tout ça !"

Pour ce Rétais de 54 ans, c'est aussi l'arrivée de la saison touristique qui est inquiétante. L'été, il dirige une école de voile, la Cabane verte : "c'est notre trentième année, donc super anniversaire..." Olivier Morel tente encore de sourire. Mais en juin, il lui faudra installer sur la plage sa cabane, ses bateaux. Recruter quatre saisonniers. Sans aucune assurance pour l'instant.

Le parking de la plage des Grenettes est vide, très surveillé par les gendarmes. Va-t-il se remplir démesurément si on rouvre la pratique du surf, du paddle et du windsurf sur l'île de Ré ?
Le parking de la plage des Grenettes est vide, très surveillé par les gendarmes. Va-t-il se remplir démesurément si on rouvre la pratique du surf, du paddle et du windsurf sur l'île de Ré ? © Radio France - Julien Fleury

"Il faudrait un carnet de route"

Même flou chez Antoine Albeau, qui dirige lui aussi l'été une école de voile sur la plage de La Couarde. "D'habitude, je commence à monter mes installations fin mai, début juin. J'ai aussi tous mes moniteurs à préparer, à rechercher. Actuellement, ils me sollicitent pour savoir quand ils pourront travailler, et je n'ai aucune réponse à leur donner." Seule certitude : les prestations d'avant-saison (enterrements de vie de jeune fille, séances de motivation d'équipe en entreprise) sont d'ores-et-déjà annulées.

Pour la suite, "la saison sera mauvaise" pronostique déjà Antoine Albeau. Les professionnels des sports nautiques espèrent au mieux sauver les meubles. Mais il leur faut surtout connaître les règles. "Il faudrait avoir un carnet de route", confirme Olivier Morel, qui ne voudrait pas s'installer dans l'urgence au risque de provoquer un accident. Ce carnet de route qui dépendra en grande partie de la réussite du déconfinement. Alors Olivier Morel fait très attention. Il porte un masque, et espère : "si on respecte toutes les consignes, ça devrait bien se passer !"

A Sainte-Marie-de-Ré comme sur tout le littoral charentais, l'accès aux plages et plans d'eau est interdit par arrêté préfectoral. Les pratiquants de sports nautiques espèrent une dérogation.
A Sainte-Marie-de-Ré comme sur tout le littoral charentais, l'accès aux plages et plans d'eau est interdit par arrêté préfectoral. Les pratiquants de sports nautiques espèrent une dérogation. © Radio France - Julien Fleury
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