Santé – Sciences

Tabagisme, alcool, obésité : ils atteignent des "niveaux alarmants" en Europe

Par Marina Cabiten, France Bleu mercredi 23 septembre 2015 à 7:46

Tabagisme et alcool - illustration
Tabagisme et alcool - illustration © Max PPP

Les "niveaux alarmants" de consommation d'alcool, de tabagisme et d'obésité en Europe menacent les progrès qui y ont été accomplis en matière de baisse de la mortalité prématurée, a prévenu mercredi l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Les Européens fument trop, boivent trop, mangent trop, et menacent ainsi les efforts pour faire baisser la mortalité prématurée. C'est ce qu'a affirmé ce mercredi l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) dans son rapport sur la santé en Europe, réalisé tous les trois ans dans 39 pays. 

L'Europe, championne du monde de tabagisme et consommation d'alcool

Les niveaux de mort prématurée liés à des maladies non transmissibles (cancers, maladies cardio-vasculaires, diabète, etc) sont selon cette étude en recul rapide. "Cependant, les niveaux de consommation d'alcool, de tabagisme et de surpoids et d'obésité atteignent toujours des niveaux alarmants", estime l'OMS, ajoutant qu'ils "pourraient menacer ces progrès". "La région européenne enregistre les taux les plus élevés au monde en termes de consommation d'alcool et de tabagisme et, en ce qui concerne les taux de surpoids et d'obésité, elle se classe juste derrière la région des Amériques", souligne encore le rapport. Ainsi 59% de la population est en surpoids ou obèse tandis que 30% de la population fume. Selon des chiffres datant de 2010, la consommation d'alcool est de onze litres d'alcool pur par an et par personne en moyenne dans la région.

La prochaine génération vivra-t-elle moins longtemps ?

"Les taux de tabagisme baissent partout -sauf à de très rares exceptions- mais l'obésité augmente", souligne la directrice de la recherche Claudia Stein. Selon elle, si ces taux ne baissent pas, "nous risquons de remettre en cause les progrès réalisés en matière d'espérance de vie, ce qui pourrait signifier que la prochaine génération pourrait vivre moins longtemps que nous". L'OMS souligne par ailleurs que les différences entre les pays en termes d'espérance de vie à la naissance et de mortalité infantile ont diminué entre les pays de la région mais qu'elles restent "inacceptablement élevées". Selon des chiffres datant de 2010 cités dans le rapport, l'écart d'espérance de vie est de 11 ans entre le haut et le bas du classement.