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TÉMOIGNAGE - Médecin à Vannes, il a été confiné après avoir ausculté un malade du coronavirus

Sébastien Thos, médecin généraliste de 44 ans à Vannes a reçu un patient en consultation le 20 février. Ce patient était contaminé par le Covid-19. Placé en confinement pendant 24 heures, il a été autorisé à retourner travailler mais s'étonne du manque d'informations communiquées aux généralistes.

Salle d'attente de SOS Médecins
Salle d'attente de SOS Médecins © Radio France - Lagain Aurelie

Dans le Morbihan, il n'y a pas que certains habitants de Crac'h, Auray ou Carnac qui sont confinés chez eux après avoir été contact avec des malades du Coronavirus. Des soignants ont eux aussi été invités à rester chez eux...du moins quelques heures.

Sébastien Thos a 44 ans. Il est médecin et travaille pour SOS Médecins à Vannes. Le jeudi 20 février, il reçoit en consultation un patient d'une soixantaine d'années originaire d'une des communes citées précédemment. Le généraliste détecte un infection respiratoire chez ce patient. 

Le patient hospitalisé à Vannes

"A ce moment-là il n'était pas suspect d'être porteur du coronavirus. A l'époque on avait des critères particuliers de contact avec des gens issus des zones à risques. Ce n'était pas son cas." L'homme est alors hospitalisé au centre Bretagne Atlantique de Vannes. "Les jours passent et les protocoles changent. L'homme est soumis à un test de dépistage au Covid-19. Le samedi 28 février, le résultat tombe. Le patient souffre du coronavirus."

Installé au restaurant, Sébastien Thos reçoit alors un appel du centre hospitalier. Il lui est demandé de rentrer chez lui et de se mettre en confinement. "J'ai passé la journée de dimanche sans grande inquiétude mais j'ai dû gérer mon remplacement." Le dimanche soir, un médecin de l'agence régionale de santé le contacte et lui indique qu'il peut finalement retourner travailler. "On m'a dit qu'on passait au stade 2 et que le personnel soignant n'était plus confiné. On m'a donc demandé de retourner travailler avec un masque et des gants et de surveiller ma température jusqu'à la fin des 14 jours, c'est-à-dire jeudi." Le même protocole est demandé aux soignants qui ont côtoyé le patient toujours hospitalisé.

On a 15 jours de retard.

Cette situation étonne et inquiète le généraliste. "Après avoir reçu ce patient j'ai continué mon métier, je suis sorti, j'ai vu des gens et je n'étais pas au courant que ce monsieur souffrait du coronavirus!". ""On a un système hospitalo-centré et on a oublié d'informer les libéraux et les professionnels de santé en général. On se retrouve en ce début mars avec des médecins généralistes qui ne sont pas équipés de masques," s'agace le médecin. 

"Nous avons 15 jours de retard. Le 19 février on apprend qu'il y a un cluster en Italie. On aurait dû distribuer le matériel, nous informer sur les protocoles. On se retrouve avec des professionnels libéraux qui reçoivent des mails contradictoires toutes les deux heures. On a l'impression d'avoir une gestion à la petite semaine," ajoute le médecin vannetais. "On a le sentiment que ce virus n'est pas trop méchant mais le jour où on aura quelque chose de plus grave, si on est aussi mal préparé, on ira à la catastrophe. Les épidémies reviennent de façon cyclique. Il faut qu'on se prépare et il faut former les professionnels de santé libéraux !"

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