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Dossier : Coronavirus Covid-19

TÉMOIGNAGE - Vaccinés trois fois contre le Covid-19, des malades ligériens greffés toujours pas protégés

Ils sont malades du rein, greffés ou dialysés, particulièrement fragiles face au Covid-19. Malgré deux, voire trois doses de vaccin, ils ne sont toujours pas protégés. Des malades de la Loire racontent cette épreuve et leurs espoirs concernant la vaccination collective.

Centre de vaccination (image d'illustration)
Centre de vaccination (image d'illustration) © Radio France - Cathy Vaxelaire

La vaccination enfin ouverte à tous les adultes en France, l'immunité collective en vue : voilà une nouvelle que plusieurs malades greffés, ou souffrant d'insuffisance rénale, accueillent avec joie. Dans la Loire, ils sont plusieurs à s'être fait vaccinés sans succès. Leur seul espoir de retrouver une vie normale repose sur une vaccination massive de tous les bien-portants. Témoignages.

Des traitements qui bloquent l'action du vaccin

Depuis mars 2020, la vie de certains greffés s'est arrêtée. Emmanuel, habitant de Balbigny, vit cloîtré chez lui. Il ne laisse personne rentrer chez lui. Tout juste accepte-t-il maintenant de voir ses enfants et petits-enfants, en plein air et masqué. La crainte d'attraper le virus est la plus forte. Quand les vaccins arrivent, il les voit comme une "bouée de sauvetage".

Mais ce retraité de 69 ans, greffé du rein il y huit ans, déchante vite : "J'avais quelques doutes, vis-à-vis de mon état. Il faut savoir que je prends des médicaments immunosuppresseurs qui détruisent mes anticorps, car ils s'attaqueraient à mon greffon. Or, le principe de la vaccination repose sur la fabrication d'anticorps." Ses doutes se vérifient après avoir reçu trois doses de vaccin, comme préconisé par l'Assurance Maladie : "ma femme non malade s'est faite vacciner aussi. Nos tests [sérologiques] indiquent qu'elle est six à sept fois plus protégée que moi.

Emmanuel a vu d'autres coups durs depuis qu'il est malade. Mais la déception est là : "reprendre une vie normale, c'est loin, très loin d'être à l'ordre du jour pour moi." Le doute s'installe chez d'autres greffés et malades du rein, comme Valérie, habitante dans le Pilat. Elle attend des résultats sérologiques pour savoir si les trois doses la protègent. "Je serais dégoûtée, avoue-t-elle, du fait d'avoir fait ça, non pas pour rien, mais bon ..." Dans un bulletin du 17 mai, l'Agence de Biomédecine reconnaît bien l'existence d'échecs vaccinaux chez les patients dialysés. L'Inserm mène d'ailleurs une étude pour comprendre ces phénomènes chez les patients immuno-déprimés.

PORTRAIT - Emmanuel, greffé du rein, vacciné trois fois contre le Covid, sans succès.

Sans la vaccination massive, pas de salut ?

Face à ces incertitudes sur l'efficacité des vaccins pour les malades greffés, il n'existe pas trente-six solutions. "L'enfermement en est une, sourit Vincent Fertier, président de l'association France Rein 42. Même si le mot est dur, c'est ce que je vis depuis un an et demi. C'est la première solution, tant qu'on n'aura pas trouvé la deuxième solution, qu'on connaît, mais qui implique de piquer 80% au moins de la population."

"Deux solutions pour nous : l'enfermement ou la vaccination de tous." Vincent Fertier, président de France Rein 42

Une vaccination large, pour éviter la circulation du virus et permettre aux bien-portants de protéger les plus fragiles : c'est comme cela que Valérie voit elle aussi les choses. Son mari a accepté de se faire vacciner, même s'il était sceptique au départ, afin de la protéger. Et l'ouverture massive de la vaccination a de quoi les encourager. Lors de sa deuxième injection à Saint-Étienne, Frédérique, une Stéphanoise également greffée du rein, n'en n'est pas revenue : "j'ai pris un plaisir fou à me faire vacciner et à voir autant de monde ! Ça fait chaud au cœur."

Valérie, habitante du Pilat greffée du rein, attend de savoir si le vaccin a fait effet sur elle.

Tous ont bien conscience des réticences qui existent dans la population françaises vis-à-vis du vaccin, mais ils ont des avis partagés à ce sujet. Emmanuel s'en agace : "on est au pays de Pasteur ! Moi, ça fait des décennies que la médecine m'aide, me suit, fait des miracles." Vincent Fertier est plus nuancé. Au départ, lui-même ne souhaitait pas se faire vacciner, avant d'y être encouragé par ses enfants. "Quand on voit qu'il ne fonctionne pas pour nous, les malades du rein, comment en vouloir aux gens d'être méfiants ?" se défend-il. En tant que président d'une association de malades, il a bien du mal à donner un avis tranché aux membres qui s'interrogent sur le bénéfice de se faire vacciner.

Vincent Fertier, président de France Rein 42, sur les solutions offertes aujourd'hui aux malades du rein.

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