Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Santé – Sciences

Thibault, le tétraplégique qui se déplace grâce à un exosquelette "comme le premier homme sur la lune"

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Isère, France Bleu

C'est une véritable prouesse qu'ont réalisé des scientifiques Grenoblois. Le centre de recherches Clinatec a mis au point un exosquelette qui permet à un patient tétraplégique de se déplacer. Thibault, 28 ans, paralysé depuis quatre ans après un accident.

Tétraplégique depuis un accident qui a eu lieu en 2015, Thibault participe depuis deux ans à des essais cliniques qui lui ont permis de se déplacer grâce à un exosquelette
Tétraplégique depuis un accident qui a eu lieu en 2015, Thibault participe depuis deux ans à des essais cliniques qui lui ont permis de se déplacer grâce à un exosquelette © Radio France - Clinatec

Grenoble, France

Dans son fauteuil roulant, Thibault peut bouger la tête, un peu ses bras, et c'est tout. Dans l'exosquelette conçu par le centre de recherches grenoblois Clinatec, il met doucement un pied devant l'autre. Un petit pas pour une personne valide, mais un bond de géant pour ce jeune homme de 28 ans, paralysé après un accident en 2015. "C'est comme être le premier homme sur la lune", confie-t-il.

Thibault, 28 ans et tétraplégique raconte sa "renaissance"

Retrouver peu à peu sa motricité

Le 3 mai 2015, Thibault est avec des amis dans une boîte de nuit lyonnaise. La soirée se passe bien, les jeunes dansent et enchaînent les verres. À tel point que les vigiles finissent par sortir Thibault, le jugeant trop éméché. Le gaillard ne se démonte pas et escalade une poutre pour tenter de revenir sur la piste de danse. Il glisse...tombe....et se brise une partie de la colonne vertébrale 12 mètres plus bas. Quand il ouvre les yeux, il est dans un lit d'hôpital : "Je ne bougeais plus les bras, je ne bougeais plus les jambes. J'avais un respirateur pour me maintenir en vie et on m'a dit que je resterais tout le temps comme ça."

Mais le jeune homme se bat. Il enchaîne les séances de rééducation, ses bras recommencent à bouger un peu. Mais au bout de deux ans,  ses jambes ne lui répondent toujours pas. Il cherche alors d'autres pistes sur internet. "Comme par magie, je suis tombé sur ce protocole à Grenoble, à une heure de chez moi", raconte-t-il, "J'ai rencontré le professeur Benabid [Ndlr : le président de Clinatec] et c'est la magie de notre rencontre qui a donné ce projet."

Un projet qui mûrit depuis 10 ans

Le projet est à l'étude depuis 2008. Il a d'abord fallu concevoir deux implants électroniques. Placés dans la tête de Thibault, ils analysent les messages envoyés par son cerveau. Le jeune patient n'a pas hésité à se faire ouvrir le crâne pour recevoir les capteurs : "j'y suis allé en me disant qu'étant déjà dans un fauteuil électrique, ce n'était pas une cicatrice qui allait me faire peur". Les implants transforment une information comme "bouger la jambe gauche" en un langage numérique envoyé vers un ordinateur.

Guillaume Charvet tient en main l'un des implants qui a été placé sous le crâne de Thibault - Radio France
Guillaume Charvet tient en main l'un des implants qui a été placé sous le crâne de Thibault © Radio France - Nicolas Joly

Ensuite, l'information est traduite par l'ordinateur en une commande effectuée par l'exosquelette, qui déplace le membre que Thibault veut solliciter. Pour que le processus fonctionne, il faut que le patient envoie la même commande à son cerveau que s'il voulait se déplacer avec ses propres membres. "Je fais exactement comme vous", explique Thibault, "je n'imagine pas autre chose d'extraordinaire ou de farfelu, j'essaie juste de mettre une jambe devant l'autre."

Vers une démocratisation de l'exosquelette ?

Pour l'instant, on vient "juste" de boucler l'essai clinique. On a prouvé que l'on peut traduire en mouvements des signaux envoyés par le cerveau. "Il reste encore beaucoup de travail de développement technologique pour amener cette technologie-là à domicile et qu'elle puisse être utilisée dans un environnement de la vie quotidienne", avance Guillaume Charvet, le chef de projet qui a dirigé l'expérience.

L'exosquelette est maintenu par un ensemble de câbles et de supports - Aucun(e)
L'exosquelette est maintenu par un ensemble de câbles et de supports - Clinatec

Pour le moment, l'exosquelette est relié à des ordinateurs, alimenté par des fils électriques et maintenu en équilibre par des câbles au plafond. Si on demandait au patient de piloter le robot sans rien pour le maintenir, il tomberait par terre tout de suite. Il faut donc trouver une solution. "Sur le papier c'est faisable, mais il faut des puissances de calcul qui soient capables de détecter le déséquilibre et d'y répondre tout de suite. Parce que si le patient ne se rattrape que 15 secondes après avoir commencer à tomber ça ne sert à rien", explique le professeur Benabid. 

Les capteurs ont été implantés dans le crâne de Thibalut - Radio France
Les capteurs ont été implantés dans le crâne de Thibalut © Radio France - Clinatec

Il faut aussi affiner les mouvements de l'exosquelette. Aujourd'hui, Thibault est capable de se déplacer, mais les mouvements sont grossiers.  Il peut bouger ses jambes et ses bras, mais impossible de plier les doigts de la main pour tenir un objet par exemple. Toutes ces barrières, le professeur Benabid espère les franchir "d'ici cinq ans". Des exosquelettes supplémentaires sont déjà en construction et un patient a été choisi pour participer aux prochains essais. Preuve que le projet est en bonne voie.

Choix de la station

France Bleu