Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Dossier : Mission "Alpha", la deuxième aventure de Thomas Pesquet dans l'espace

"Thomas Pesquet sait toucher le coeur de chacun", juge le directeur du CNES Toulouse

-
Par , France Bleu Occitanie, France Bleu

Le directeur du CNES à Toulouse évoque l'impact positif de la médiatisation de Thomas Pesquet sur la connaissance du spatial, alors que l'astronaute français s'envole pour l'espace ce jeudi. Et aussi l'enjeu stratégique, alors que l'Américain SpaceX concurrence les Européens.

Frédéric Pradeilles, directeur du CNES à Toulouse.
Frédéric Pradeilles, directeur du CNES à Toulouse. © Radio France - Mathieu Ferri

Thomas Pesquet décolle ce jeudi de Floride pour rejoindre la station spatiale internationale, à bord d'une fusée de SpaceX, l'entreprise privée américaine. Pour évoquer la personnalité de l'astronaute, et son impact sur la recherche spatiale, le directeur du CNES à Toulouse, Frédéric Pradeilles, était l'invité de France Bleu Occitanie, ce lundi 19 avril.

Thomas Pesquet est sans doute l'astronaute le plus populaire au monde en ce moment. C'est important d'avoir des figures comme lui ?

Oui, c'est fondamental pour plusieurs raisons. Il faut être en préliminaire, rappeler que Thomas, c'est tout à la fois un laborantin, un cobaye puisqu'il mène des expériences sur lui-même. Mais aussi un éducateur, et surtout un ambassadeur absolument formidable par sa personnalité.

Que peut apporter cette célébrité au domaine du spatial ?

Je crois que ce qu'il met en avant, c'est grâce à son humanité. C'est cette capacité à embarquer tout le monde, à faire comprendre à tout le monde les enjeux qu'on a derrière l'aventure spatiale, qui sont d'abord des enjeux pour la Terre, pour notre quotidien en matière de santé, etc. Nous avons le spatial dans notre téléphone tous les jours, dès que nous allumons.

Et puis, c'est cette dimension de rêve d'aventure qui fédère l'ensemble de l'humanité. Je crois que le spatial, c'est sa grande force, sa capacité à fédérer l'ensemble des pays, l'ensemble de l'humanité, dans une meilleure compréhension de qui nous sommes, comment nous nous situons dans l'univers. Et puis, aller chercher de nouvelles limites, retourner sur la Lune dans quelques décennies, sur Mars, etc.

Tout ça, ça fait rêver les enfants... Thomas Pesquet crée-t-il des vocations ?

Oui, je crois que Thomas, encore une fois, par sa personnalité, sa grande humanité, sa capacité à utiliser les réseaux sociaux qui n'existaient pas pour ses prédécesseurs, a su toucher le cœur de chacun. Par exemple, quand les astronautes embarquent des expériences pour les enfants, pour les écoles, il a su pousser cette dimension-là particulièrement loin. Et ça, on le sent. Il y a un vrai intérêt.

Et puis ça arrive à un moment où à l'échelle internationale, ça bouge beaucoup. Avec la forte volonté des Américains, des Chinois, des Russes, des Européens de retourner sur la Lune. Et puis, cette conquête de Mars où, pas plus tard que en février, on a eu l'atterrissage du module de Perseverance.

Il y a la vitrine médiatique de Thomas Pesquet. Mais côté scientifique, il a déjà mené pas mal d'expériences. Lesquelles ?

Elles sont de plusieurs natures. Elle touche beaucoup à la physiologie, notamment, et à l'absence de gravité. Mieux comprendre, aussi, des phénomènes de vieillissement qui permettent après derrière, de créer des nouveaux traitements contre des maladies, comme par exemple l'ostéoporose, etc. On a aussi tout un tas d'études qui portent sur de nouveaux matériaux. Mieux comprendre aussi des phénomènes de base sur la biologie. Des choses absolument fondamentales. 

Il y a aussi une dimension géopolitique. Thomas Pesquet va être commandant de bord pour une partie de la mission. C'est bien pour la visibilité de la France et de l'Europe ?

Oui, c'est fondamental. Je rappelle que la France est le deuxième pays au monde en termes d'effort financier par habitant, en matière de spatial. C'est important que Thomas porte aussi cette dimension-là, mais encore une fois, c'est ce dialogue permanent entre France et Europe qui est fondamental. Et c'est vrai que ça va être très symbolique par rapport à ça.

Cette mission est portée par Space X, une entreprise privée américaine qui collabore avec la NASA, l'agence publique. En tant qu'acteur public, comment voyez-vous le fait que le privé entre aussi dans la conquête de l'espace ?

C'est intéressant, mais en même temps, c'est grâce au public que le domaine du spatial a fait sa résilience. D'un point de vue économique, et contrairement à l'aéronautique dans cette crise du Covid-19, l'essentiel des dépenses dans le domaine du spatial vient des gouvernements, des administrations. Et c'est en particulier le cas aux Etats-Unis, où la NASA injecte énormément d'argent et donc, finalement, elle finance en très, très large partie les projets de Space X, de Blue Origin, etc.

Et puis le privé, c'est une vraie émulation. Je crois qu'on ne peut être admiratif de ce qui se passe aux Etats-Unis, mais je suis confiant dans la capacité européenne à reprendre le leadership qu'elle avait encore avec Ariane 5, il n'y a pas si longtemps que ça.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess