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Les laboratoires du Gard sont débordés par les demandes de tests de dépistage Covid gratuits

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Par , France Bleu Gard Lozère

De plus en plus de français réalisent des tests de dépistage du Covid-19, accessibles gratuitement et sans ordonnance. À Nîmes, les laboratoires encaissent le choc de la demande au prix de leur investissement en moyens matériels et humains, parfois au détriment des patients en ayant le plus besoin.

Un test de dépistage PCR
Un test de dépistage PCR © Radio France - Nathalie Rodrigues

Cela fait déjà une heure ce mardi matin que Claudie patiente sur le trottoir de l'avenue Jean Jaurès à Nîmes et elle n'a pas bougé d'un centimètre. Son ordonnance à la main, elle est venue se faire dépister du Covid-19 dans un laboratoire. Originaire de la région Rhône-Alpes, elle est en vacances dans le Gard pour rendre visite à ses parents âgés et présente des symptômes de la maladie depuis plusieurs jours. Avant de reprendre son travail lundi, elle a urgemment besoin d'être fixée sur son état :

"Moi qui suis malade et qui ai besoin de faire un test, c'est impossible d'avoir un rendez-vous." Claudie, une patiente

"Des gens qui n'en demandent même pas font des tests dans des campings alors qu'ils ont fait la fête... Quand je regarde la télé je vois des gens qui ne se sont pas protégés de tout l'été. Moi j'ai pris toutes mes précautions, et j'ai un sentiment de colère aujourd'hui. Je ne suis pas prioritaire et je dois faire la queue au milieu de tout le monde."

Le témoignage de Claudie

C'est parce que Claudie n'a pas le choix qu'elle s'est rendue dans le seul laboratoire de dépistage qui accueille des patients sans rendez-vous à Nîmes. Bien qu'il faille s'armer de patience, les résultats sont disponibles en 24 heures. Un effort important pour le laboratoire Bioaxiome, qui fait partie des trois structures à même de réaliser ces tests à Nîmes, avec Labosud et le CHU : 

Notre possibilité d'analyse est aujourd'hui plafonnée à un peu plus de 1000 tests par jour, ce qui est déjà pas mal. Nous avons pris à bras le corps le fait d'être très contributif à la santé publique dans cette période de crise sanitaire. Mais il a fallu adapter nos structures à tous les niveaux, en moyens matériels et humains, car elles ne sont pas prévues pour ça. Guy Pelenc - Président de Bioaxiome

Une hausse considérable des demandes 

Au début de la pandémie, les laboratoires départementaux ont été interdits de réaliser ces tests jusqu'à la publication d'un décret par le Ministre de la santé en date du 5 avril . La capacité de réalisation de ces tests n'a ensuite cessé d'augmenter, mais la demande aussi. Depuis le 25 juillet, les tests de dépistage sont accessibles gratuitement et sans ordonnance pour tous les français. 

Cette décision a pu provoquer un effet d'aubaine chez certains patients qui pourraient percevoir cette analyse médicale comme un dû, d'après Guy Pelenc : " Les gens jeunes, sans signe clinique, n'ont que peu d’intérêt à savoir si ils ont rencontré le virus. Idem pour des patients déjà testés Covid +, qui n'ont pas d'intérêt à venir se faire re-tester à peine quelques jours après, explique-t-il. Ce n'est pas interdit, c'est remboursé, mais cela n'a pas de sens d'un point de vue médical ni du point de vue de la gestion nationale de cette épidémie. Cela représente malgré tout un coût, ce n'est pas neutre pour la société. "

Des laboratoires au maximum de leurs capacités

Parallèlement, les laboratoires doivent continuer de prendre en charge leurs patients en analyse biologique classique car " il y a toujours autant de grossesses, d'enfants ou de personnes âgées malades ", témoigne le président de Bioaxiome. Les activités du centre d'analyses médicales de l'avenue Jean-Jaurès ont notamment été temporairement suspendues pour être dédiées à 100% à l'activité Covid

En cette période de vacances, les demandes de voyageurs ayant besoin de faire le test pour prendre l'avion prennent beaucoup de place, peut être parfois au détriment de demandes "réelles et justifiées" d'un point de vue médical, selon Guy Pelenc. À ce jour, c'est la logique du "premier arrivé premier testé" qui s'applique.

Guy Pelenc, Président de Bioaxiome

Les laboratoires déploient le maximum d'effort pour encaisser le choc de la demande, malgré les tensions sur l'approvisionnement en matériel nécessaire à l’échelle mondiale. Ils sont débordés : 

Notre serveur informatique, qui communique les résultats, peut gérer 400 connexions simultanées. Il est parfois bloqué car les gens se connectent sans arrêt de façon répétitive. Notre structure est correctement dimensionnée mais pour notre activité classique de biologie. Ce n'est pas qu'on ne veut pas répondre, mais le téléphone sonne sans interruption. Guy Pelenc, Président de Bioaxiome

Une régulation nécessaire

Pour les patients, pas facile d'attendre dehors au soleil quand on se sent déjà fiévreux. Mais pour l'instant, les laboratoires n'ont reçu ni les moyens ni les directives nécessaires pour se montrer plus sélectifs : 

Nous n'aurons pas de vaccin demain, donc nous avons besoin d'un auto-contrôle de la part de la population pour ne pas se précipiter vers ces tests, car nous ne pourrons pas servir tout le monde de toute façon. Même si on faisait 500.000 tests par jour, si ce sont les mêmes qui reviennent, on ne s'en sortira jamais" - Guy Pelenc, Président de Bioaxiome

L'Agence régionale de santé a néanmoins communiqué mardi auprès de ces laboratoires des consignes plus strictes pour encadrer l'accès à ces tests de dépistage. Les personnes symptomatiques munies d'une ordonnance et les personnes à risque devront être prioritaires, après les voyageurs et les personnes souhaitant simplement savoir si elles sont porteuses du virus. 

Reportage devant le laboratoire de dépistage à Nîmes

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