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Santé – Sciences

Toulouse : dix volontaires alités pendant 60 jours à la clinique spatiale

lundi 4 décembre 2017 à 6:08 Par Leila Mechaouri, France Bleu Occitanie et France Bleu

Dix hommes participent jusqu'au 20 décembre à une étude d'alitement à la clinique spatiale du Medes, au CHU de Rangueil à Toulouse. L'objectif est de limiter les effets de l'impesanteur sur le corps des astronautes. Rencontre avec deux volontaires de l'étude.

Gaël et Philippe font partie des dix volontaires sélectionnés pour participer à l'étude d'alitement.
Gaël et Philippe font partie des dix volontaires sélectionnés pour participer à l'étude d'alitement. - ©E2

Toulouse, France

Cela fait exactement 55 jours que Gaël et Philippe cohabitent. Les deux hommes qui ne se connaissaient pas partagent leur chambre à la clinique spatiale du Medes, sur le site du CHU de Rangueil à Toulouse. Et cela fait exactement 55 jours qu'ils n'ont pas posé un pied à terre.

Gaël et Philippe partagent leur chambre pendant deux mois à la clinique spatiale. - Radio France
Gaël et Philippe partagent leur chambre pendant deux mois à la clinique spatiale. © Radio France - Leïla Méchaouri

Gaël et Philippe font partie des dix hommes sélectionnés pour participer à une étude d'alitement de longue durée. Ils doivent rester alités pendant 60 jours, la tête inclinée vers le bas et les jambes surélevées. Cette position recrée les effets de l'impesanteur (NDLR : les scientifiques préfèrent à présent ce terme à "apesanteur") sur le corps humain.

Mieux préparer le retour sur Terre

L'objectif de cette étude est de mieux préparer les astronautes à leur retour sur Terre. Parce qu'elle recrée également un modèle d'hyper-sédentarité, l'étude pourrait permettre de prévenir les maladies qui y sont liées. "C'est en tout cas l'utilité, pour les terriens que nous sommes, de ce type de recherche", précise Marie-Pierre Bareille, responsable de l'étude d'alitement du Medes.

Marie-Pierre Bareille, responsable de l'étude d'alitement, explique son principe.

Pour cela, les volontaires sont soumis quotidiennement à une batterie de tests et d'examens. Les chercheurs de 16 équipes internationales leur administrent un mélange d'antioxydants et d'anti-inflammatoires qui pourrait faciliter l'adaptation du corps humain après un vol long dans l'espace. La moitié des volontaires prend ces gélules plusieurs fois par jour, l'autre non.

Gaël est soumis au test de calorimétrie. - Radio France
Gaël est soumis au test de calorimétrie. © Radio France - ©E2

Les dix volontaires ont été sélectionnés parmi 2000 candidatures. Tous sont des hommes en bonne santé physique, âgés entre 20 et 45 ans. Par ailleurs, il leur aura fallu passer avec succès une série de tests psychologiques pour être retenus. Parce qu'il en faut, de la force de caractère, pour rester ainsi alité pendant deux mois, hospitalisé trois mois au total, sans voir ses proches.

Philippe et son voisin de chambre ont eu une grosse journée : ils ont eu droit à une biopsie. "On ne ferait pas ça tous les jours", reconnaît Gaël, Grenoblois de 35 ans. Pourtant, les deux hommes gardent le sourire. A part quelques maux de dos et quelques migraines au début de l'étude, aucun des deux volontaires ne se plaint de douleurs physiques. C'est mentalement que tout se joue.

Les volontaires ont subi des tests d'efforts avant leur alitement de 60 jours.  - Aucun(e)
Les volontaires ont subi des tests d'efforts avant leur alitement de 60 jours. - ©F2

"Ça permet un travail d'introspection intéressant, confie Philippe, l'un d'entre eux. On ne se connaît jamais vraiment à fond, donc ce genre d'étude permet de mieux connaître nos limites et savoir jusqu'où on peut aller."

On se sent un peu plus fort - Philippe, volontaire de l'étude d'alitement

La première motivation de l'agriculteur des Cévennes était de vivre une expérience nouvelle, "une aventure même si elle est statique". L'engouement autour du vol de Thomas Pesquet dans l'ISS n'est pas non plus étranger à son choix. "Il avait d'ailleurs posté un message sur Youtube à ce sujet."

Des examens quotidiens au programme pour les 10 volontaires de l'étude.  - Aucun(e)
Des examens quotidiens au programme pour les 10 volontaires de l'étude. - ©F2

"Faire un break"

Autre envie, celle de"faire un break". '"On est tous pris dans le train-train de sa vie professionnelle et c'est une chance presque unique de pouvoir vivre trois mois coupés de tout. Ce n'est pas donné à tout le monde", souligne l'homme de 44 ans. Son voisin Gaël acquiesce. Ce grand voyageur a voulu faire "une expédition interne".

Se remettre en question et se mesurer à soi-même - Gaël, volontaire de l'étude d'alitement

On s'occupe comme on peut à la clinique spatiale. - Aucun(e)
On s'occupe comme on peut à la clinique spatiale. - ©F2

"Tout ce qu'on n'a jamais le temps de faire dans la vie, on le fait maintenant. Personnellement, il me faudrait encore deux ou trois mois pour faire tout ce que j'avais prévu de faire", ajoute l'ingénieur en aérodynamique. Les deux hommes partagent leurs journées entre la lecture (un peu), naviguer sur Internet (beaucoup) et visionner des films, notamment quelques classiques de science-fiction. "L'atmosphère ici s'y prête", sourit Philippe.

Pour le reste, les volontaires profitent de leur temps libre pour élaborer quelques projets. Chez Philippe, ce sera le GR 5, la traversée des Alpes en randonnée. Mais avant cela, il va falloir se remettre debout. "Ou en tout cas essayer de se mettre debout", note Gaël. Verdict le 20 décembre, date de fin de l'étude d'alitement. Les premières publications ne sont pas attendues avant 2019.