Santé – Sciences

Toulouse : les chercheurs du Cadmos impatients de voir Thomas Pesquet dans l'Espace

Par Vanessa Marguet, France Bleu Toulouse jeudi 6 octobre 2016 à 6:00

La grande salle du Cadmos est reliée à la Station Spatiale Internationale
La grande salle du Cadmos est reliée à la Station Spatiale Internationale © Radio France - Vanessa Marguet

La mission du spationaute français Thomas Pesquet dans l'Espace à partir de la mi-novembre sera suivie de près à Toulouse par les chercheurs du CADMOS, l'un des organismes du CNES. Les chercheurs vont suivre à distance plusieurs expériences auxquelles il participe.

Le jeune spationaute Thomas Pesquet se prépare à rejoindre la Station Spatiale Internationale mi-novembre avec la mission Proxima. Cela faisait 8 ans, depuis Leopold Eyharts, qu'il n'y avait pas eu de Français dans les missions internationales. Et l'aventure de Thomas Pesquet sera particulièrement suivie à Toulouse, au Cadmos, le centre d'aide au développement des activités en micropesanteur et des opérations spatiales qui dépend du CNES (Centre National d'Etudes Spatiales) et qui est installé sur le campus de Rangueil. Depuis 1993, le CADMOS est en liaison directe avec la Station Spatiale Internationale pour mener de nombreuses expériences avec les spationautes.

6 mois dans l'Espace et de nombreuses expériences

Au cours de cette mission de 6 mois, Thomas Pesquet va participer à de nombreuses expériences et dans le lot, certaines plus axées sur la physiologie seront suivies au Cadmos. Pour le responsable du centre Sébastien Barde, le jeune spationaute français va notamment amener dans l'espace un appareil d'échographie nouvelle génération, fabriqué en France. Cet outil est piloté à distance depuis la terre. Thomas Pesquet n'aura qu'à positionner la sonde à peu près à l'endroit souhaité par l'échographe et celui-ci pourra faire bouger à distance la tête de la sonde et réaliser les clichés qu'ils souhaitent.

Cet échographe peut être piloté à distance. C'est le premier du genre à partir sur l'ISS - Radio France
Cet échographe peut être piloté à distance. C'est le premier du genre à partir sur l'ISS © Radio France - Vanessa Marguet

"Cet instrument peut aussi servir dans la perspective des déserts médicaux. Il a déjà été testé dans une maison médicale près de Tours" - Sébastien Barde, le responsable du Cadmos

Sébastien Barde, sur le projet Echo

Thomas Pesquet va aussi tester dans la Station spatiale Internationale, Marès, une machine qui ressemble à un gros appareil de musculation. Pour Hélène Ruget, qui pilote le projet au Cadmos, cette machine sert à étudier les muscles des spationautes dans l'Espace, car avec la micro-gravité, ils s'atrophient et deviennent plus petit.

Cet outil permet de comprendre dans son ensemble toutes ces fonctions musculaires altérées et de developper les programmes de réadaptation pour préparer le retour sur terre, mais ça peut aussi servir sur terre dans notre vie quotidienne - Hélène Ruget, ingénieur du Cadmos

Elle fait référence à la diminution musculaire quand on est plâtré par exemple. Cette machine doit permettre de mieux évaluer les modification dans les commandes entre le cerveau et le cerveau.

Cet appareil sert à tester les réactions des muscles en micro-gravité  - Radio France
Cet appareil sert à tester les réactions des muscles en micro-gravité © Radio France - Vanessa Marguet

Des expériences utiles aussi pour la suite de la conquête spatiale

Thomas Pesquet va participer aussi à des études sur la dynamique des fluides dans l'Espace, il testera un casque ultra performant de réalité virtuelle et, dans un autre genre, il va monter dans l'espace des petites plaques traitées pour que l'eau glisse dessus et que les bactéries ne s'y développent pas. Pour l'ingénieure du CNES, Lucie Campagnolo, c'est intéressant pour la conquête spatiale :

L'idée à long terme, c'est de pouvoir faire des panneaux entiers de vaisseaux ou d'habitat sur une autre planète, qui seraient auto-nettoyants. Cela serait un gain de temps pour le spationaute qui n'aurait plus à nettoyer à la main avec des lingettes les panneaux de la station

Ces chercheurs ont en fait toujours en tête l'idée d'installer un jour une station sur mars ou de mener des explorations lointaines.

Le reportage de Vanessa Marguet au Cadmos

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