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Tours : les dons de corps à la science en forte baisse après le scandale de Paris-Descartes

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Par , France Bleu Touraine, France Bleu

Les promesses de don de corps à la faculté de médecine de Tours ont baissé de 40 % depuis le scandale du centre de Paris-Descartes, fin 2019. Les professionnels du centre de Tours alertent sur une nécessaire réforme du don en France afin de redonner confiance aux donateurs.

Matériel de dissection à la faculté de médecine de Tours
Matériel de dissection à la faculté de médecine de Tours © Radio France - Romain Dézèque

Fin 2019, une affaire ébranle le monde de la médecine et choque à plus d'un titre. Le centre de don des corps de Paris-Descartes, chargé de recevoir les dépouilles données à la science, connaît de graves dysfonctionnements. Locaux vétustes, corps en putréfaction, conditions de conservation épouvantables, l'Igas (Inspection générale des affaires sociales) avait - au terme de son enquête - conclut à des "manquements graves" et ordonné la fermeture du site.

Plus de transparence

Presque deux ans après, les conséquences de ce scandale sont toujours palpables à la faculté de médecine de Tours. "Nous avons connu une perte d'à peu près 40 % des promesses de don entre 2019 et 2020", explique Christophe Destrieux, professeur d'anatomie et président de l'association des dons de corps de Tours. "Et puis, entre le premier trimestre 2020 et le premier trimestre 2021, on a encore perdu 60 %... On aurait pu penser qu'il y aurait eu une chute et puis ensuite un réamorçage, mais ce n'est pas ce qui s'est passé. On a une chute qui perdure. C'est très embêtant parce que ça veut dire que dans 5, 10, 15 ans, au moment où les donateurs qui s'inscrivent décèdent, nous risquons d'être en manque de corps humain. Pour les élèves en médecine c'est un vrai problème, parce qu'on préférerait tous être opérés par quelqu'un qui a appris sur un vrai corps."

Le don du corps, c'est rendre service à la vie après son départ - Thierry Gélinard, donateur

Le professeur a signé une tribune dans le quotidien Libération pour réclamer une réforme du don du corps en France. Parmi les propositions avancées, la création d'une structure nationale "qui permette à la fois d'unifier les pratiques et de faire un contrôle sur les centres locaux", explique Christophe Destrieux. "Avec un contrôle, on pourra repérer les éventuelles dérives. La deuxième chose, c'est qu'il faut absolument faire entrer dans la gouvernance des personnes de la société civile, des gens qui font de l'éthique, des donateurs ou des familles. C'est fondamental parce qu'ils auront un regard extérieur. Et s'il y a un truc qui ne va pas, ils pourront nous le dire."

Table de dissection à la faculté de médecine de Tours
Table de dissection à la faculté de médecine de Tours © Radio France - Romain Dézèque

Thierry Gélinard réclame lui aussi plus de transparence. Le vice-président de l'association don du corps de Tours, lui-même donateur, estime qu'il faut ouvrir les portes des centres à ceux qui doutent. "Si vous êtes intéressé, n'hésitez pas à téléphoner et même à demander une visite des locaux, vous confronter aux futurs utilisateurs de votre corps que sont les étudiants en médecine et les chercheurs. Il ne faut pas avoir peur. Le don du corps, c'est rendre service à la vie après son départ. C'est ce qui m'a motivé. Pouvoir dire que ma mort va servir à mes descendants, que si je peux leur éviter de connaître des souffrances ne serait-ce que par le fait que j'ai donné mon corps, ce sera pour moi le plus beau des cadeaux."

En temps normal, environ 230 corps sont étudiés chaque année à la faculté de médecine de Tours.

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