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Santé – Sciences

Tours : les centres régionaux et associations luttent contre l'obésité

jeudi 31 mai 2018 à 7:44 Par France Bleu Touraine, France Bleu Touraine

Ce jeudi a lieu la première journée des Centres Spécialisés de l'Obésité au CHRU de Tours. Cette maladie touche 16,8 % des hommes et 17,6 % des femmes en France. L'association Ob'in Tours accompagne les personnes en situation d'obésité qui sont de plus en plus à passer par la chirurgie.

Réunion à Ob'in Tours, association proposant un accompagnement aux personnes en situation d'obésité
Réunion à Ob'in Tours, association proposant un accompagnement aux personnes en situation d'obésité © Radio France - Lisa François

Tours, France

En 2017, le taux d’obésité était de 16,2% en Indre et Loire. Pour essayer de combattre la maladie, il existe des opérations de chirurgie bariatrique, qui consiste à enlever une partie ou réduire l'estomac. Entre 2006 et 2014, le nombre de patients ayant bénéficié d’une intervention a été multiplié par 3, passant de 15 000 à plus de 46 000 par an en France. L'association locale Ob'in Tours propose un lieu d'échanges et de soutien, avant et après opération. Elle lutte pour faire connaître la maladie et conseiller au mieux.

Combattre la maladie

Marjorie est adhérente de l'association et souffrait d'obésité, ainsi que de problèmes de respiration et d'articulation. Elle se sentait seule dans son combat, "on me montrait du doigt" raconte-t-elle. Elle s'est faite opérée au mois d'octobre. Depuis, elle s'adapte à cette nouvelle vie. "C'est _réapprendre un peu à manger, comme des bébés_. (rire) Reprendre le sport aussi, c'est quelque chose d'énorme pour nous."

Emilie Charron est Présidente de l'association Ob'in Tours. Depuis son opération il y a deux ans, sans ses kilos, "le regard des autres changent." Elle raconte vivre plus facilement, "on est moins essoufflés. On peut avoir un dynamisme avec la tête qui suit notre corps. On peut refaire plein de choses. Par exemple c'est bête mais quand on va se promener avec mes amis en ville, j'orientais certaines terrasse de café par peur des chaises avec accoudoirs." Elle a aussi perdu un énorme poids psychologique. 

C'est le fait d'avoir peur du regard des autres, de gêner les autres. Là je ne me pose même plus de questions. Je me pose à n'importe quelle terrasse de café, je cours, je fais du sport, je prends l'avion, je vais dans les parcs d'attractions, je revis."

Les deux femmes rencontrent des difficultés malgré ce changement de vie, notamment des personnes qui "disent que nous avons trouvé la solution de facilité, que de passer par _la chirurgie c'est tellement plus simple, alors que non_." 

C'est un combat de tous les jours. On a toujours une épée de Damoclès sur la tête, ce risque de retourner vers l'obésité."

"La chirurgie n'est pas une solution miracle"

Le suivi est indispensable pour limiter les risques de reprise de poids ou les problèmes de santé. L'assocation Ob'in Tours lutte justement pour soutenir et accompagner avant et après l'opération. La Présidente lutte pour faire reconnaître la maladie qui "engendre aussi des problèmes cardiologiques, articulaires... ça touche tout l'état de santé général." 

On ne mange pas par choix et on ne grossit pas par choix. 

Emilie Charron lutte pour que l'obésité soit reconnue comme une maladie par la CPAM, qui ne l'est pas encore. Elle explique que "la chirurgie bariatrique reste une des solutions mais pas pour tout le monde." La chirurgie est une aide pour perdre du poids, mais pas une solution de guérison avertit le médecin tourangeau spécialisé en nutrition Arnaud De Luca. "Il y a des risques de carence", explique le médecin.

Le suivi post-opératoire à vie est indispensable pour éviter la reprise de poids et des problèmes de santé liés au rétrécissement de l'estomac : "Il faut avoir assurer un suivi étroit, faire des prises de sang régulières, de façon à encadrer cette perte de poids parce que s'ils en perdent trop, ils risquent d'être en dénutrition, d'être beaucoup plus faibles et de rencontrer des complications comme des problème de suture." L'opération n'est pas sans effet secondaire. Le médecin ajoute qu'il y "a des problèmes de vomissements, de douleur abdominale, de malaise qui peuvent être liés au fait que les patients sont mal suivis. 

Mais toutes les habitudes alimentaires, le contexte psychologique, les modes de vie qui étaient présents avant et qu'on a cherché à modifier peuvent réapparaître si tout ce travail là n'est pas maintenu." 

Les patients risquent de reprendre du poids, et le médecin ajoute que "ce n'est pas exceptionnel que les patients reprennent l'intégralité du poids qu'ils avaient perdu suite à la chirurgie." Sans reconnaissance de la CPAM, les dépassements d'honoraire pour les opérations en clinique ne sont pas remboursés, ainsi que les suivis psychologique et détiétique.

La première journée des Centres Spécialisés de l'Obésité à Tours est destinée aux professionnels avec une conférence ouverte au public à 11 heures à l'Amphithéâtre de Clocheville.