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"Tout le monde est choqué" : Jarnac, 4.500 habitants et 66 cas de coronavirus dans un Ehpad

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Par , France Bleu La Rochelle, France Bleu

On recense désormais 66 cas de coronavirus au sein de l'Ehpad de la résidence médico-sociale de Jarnac, et deux résidents sont décédés de la maladie. Dans cette petite ville de Charente, les habitants n'imaginaient pas être confrontés à un tel "cluster".

La résidence médico-sociale où est basé l'Ehpad
La résidence médico-sociale où est basé l'Ehpad © Radio France - Lisa Guyenne

Jarnac, 4.500 habitants, dans l'un des départements les plus épargnés par le coronavirus. Dans cette petite ville près de Cognac, on a surtout vécu la première vague de loin, à la télé, à la radio ou dans les journaux. "On a passé le confinement ici et il ne se passait absolument rien", témoigne Françoise, qui travaille à Paris. "Les gens étaient masqués, sans plus, et il y avait zéro cas. Il devait y avoir une hospitalisation tout au plus, vraiment ce n'était rien du tout." 

50 des 81 résidents sont positifs, deux décès

Mardi pourtant, une première mauvaise nouvelle tombe : 11 cas positifs à l'Ehpad de la résidence médico-sociale, l'un des deux établissements pour personnes âgées de la ville. Jeudi, le bilan monte à 58 cas positifs. Ce vendredi soir, il est désormais de 66 cas : 50 des 81 résidents sont contaminés ainsi que 16 soignants, et on attend encore le résultat d'une "petite trentaine" de membres du personnel, selon la direction, qui assure que la situation est sous contrôle. Elle évoque également une personne dont le cas s'est "particulièrement aggravé" ces dernières heures, et "un grand nombre" de résidents ont nécessité un apport en oxygène.

"Ça nous tombe un peu dessus"

L'information a très vite circulé dans les bureaux de tabac et les bars de la ville. "Tout le monde est choqué, tout le monde en parle depuis ce matin", confie Mélanie, qui travaille dans un café. "J'ai des amies qui bossent dans cet Ehpad. Elles ont la boule au ventre, elles sont stressées... Elles disent que c'est la guerre." Les soignants ont été pris de court par cette explosion de cas, mais les pouvoirs publics aussi. "Ça nous tombe un peu dessus", déplore le maire, Philippe Gesse, élu en juin dernier. "C'est décevant parce qu'on avait la sensation d'avoir fait ce qu'il fallait, et pour autant, ça s'est déclaré là où on s'y attendait le moins. Et on a pas forcément d'armes contre le covid."

Les familles désemparées

Pour l'instant, les visites sont interdites pour au moins 15 jours dans l'Ehpad. Les résidents sont à l'isolement, chacun dans leur chambre ; un crève-cœur pour Valérie dont la maman, âgée de 93 ans, est hébergée dans l'Ehpad. "Si je ne travaillais pas, franchement, j'irais la chercher et je l'emmènerais avec moi. On a l'impression que nos parents sont en prison, c'est terrible", regrette-t-elle. Le confinement de mars avait déjà fait beaucoup de peine à sa mère, dont elle ne se séparait jamais plus de deux jours. "Après le déconfinement, à chaque fois que je partais, elle voulait que je l'emmène avec moi", se rappelle-t-elle. 

"Ils sont enfermés, on ne peut rien faire. On ne peut pas voir comment ils sont, voir s'ils sont bien... On ne peut rien faire, on est impuissant. C'est terrible."

Comme sa maman est sourde et a des troubles cognitifs, "Je ne peux pas lui téléphoner moi-même. Si personne ne la fait téléphoner, je n'ai pas de nouvelles. Il faut que j'appelle moi-même." Valérie regrette un certain manque de communication avec l'Ehpad, mais ne veut pas accabler les soignants. "Je n'incrimine pas du tout les infirmières parce que les pauvres, elles doivent vivre quelque chose de vraiment difficile. La santé manque de moyens, on le dit depuis le début. Mais je ne sais pas comment ça se passe à l'intérieur, et j'espère que tout se passe bien."

Les visites sont interdites
Les visites sont interdites © Radio France - Lisa Guyenne
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