Santé – Sciences

Trois médecins pour 10.000 habitants dans certains coins de Franche-Comté : comment y remédier ?

Par Magali Fichter, France Bleu Besançon et France Bleu dimanche 30 octobre 2016 à 15:00

Un médecin de campagne (illustration)
Un médecin de campagne (illustration) © Maxppp -

En Franche-Comté, la densité des médecins est en dessous de la moyenne nationale, et c'est encore pire en zone rurale. L'Association des petites villes de France propose de réguler l'installation des jeunes docteurs pour combler les trous. Mais ça ne plaît pas du tout aux médecins libéraux.

274 médecins pour 100 000 habitants en Franche-Comté, quand la moyenne nationale est à 291. C'est ce que révèle l'Atlas 2016 de l'Ordre des médecins. Dans les grandes villes, il y a moins de problèmes : à Besançon, par exemple, le nombre de médecins est en augmentation depuis 10 ans. Mais dès que l'on s'aventure dans les campagnes, notamment celles du Haut Doubs, du Jura ou de la Haute Saône, la situation devient beaucoup plus compliquée. Entre 5 et 8 médecins pour 10 000 habitants, des effectifs en baisse avec des départs à la retraite non remplacés.

Je suis debout sur les freins pour ne pas dépasser 40 actes médicaux par jour - Frédéric Perret, médecin à l'Isle-sur-le-Doubs

Frédéric Perret, lui, s'est installé à l'Isle-sur-le-Doubs, un canton où on compte seulement 3 médecins pour 10 000 habitants, il y a neuf mois. Il a très vite atteint, puis dépassé, son objectif de patients par jour, et cherche désespérément un collaborateur : "Je suis ouvert à toutes propositions, mais malgré toutes les annonces que j'ai pu mettre, ça ne se bouscule pas au portillon". Pour lui, être un médecin de campagne, "un peu couteau suisse", c'était un rêve qu'il est très content d'avoir réalisé, mais il comprend que ça en repousse certains, d'autant qu'il est plus difficile en zone rurale "d'avoir accès à certains examens, certains soins infirmiers, certains spécialistes".

La santé, c'est un bien public. Elle doit être présente sur l'ensemble des territoires - Eric Houlley, membre du bureau de l'APVF

Face à cela, l'Association des petites villes de Frances (APVF) propose notamment de réguler l'installation des jeunes médecins. "On pourrait imaginer des contrats d'une durée de trois ans, cinq ans, avec des conditions d'installation et de rémunération bonifiée, pour qu'à l'issue des études de médecine, on passe un temps dans les territoires où il y a des besoins", détaille Eric Houlley, maire PS de Lure et membre du bureau de l'APVF.

Un médecin diplômé sur quatre renonce à exercer son métier

Mais pour les médecins libéraux, c'est une atteinte à la liberté d'installation. Et ils demandent à être entendus. Le docteur Eric Blondet, président de l'URPS Médecins Libéraux pour la Bourgogne Franche-Comté, rappelle qu'il faut prendre en compte "le facteur humain", à l'heure où "un quart des médecins diplômés renoncent à exercer et ou moins de 10% des médecins auteurs d'une thèse s'installent".

  • Le docteur Blondet est notre invité ce lundi à 8h10
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