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Santé – Sciences

Un bus pour parler de la fin de vie à Dijon

jeudi 27 juillet 2017 à 17:39 Par Anne Pinczon du Sel, France Bleu Bourgogne

Parler fin de vie et euthanasie, pas simple pendant les vacances. Mais l'association droit à mourir dans la dignité (ADMD) fait son tour de France pendant l'été. Ce jeudi, ses bénévoles ont installés leurs transats colorés et leur bus aménagé sur la place François Rude à Dijon.

L'ADMD a installé son bus place François Rude jeudi après-midi à Dijon
L'ADMD a installé son bus place François Rude jeudi après-midi à Dijon © Radio France - Anne Pinczon du Sel

Ce sont des jeunes de 18 à 36 ans, qui discutent avec les passants. Leur but, c'est d'informer sur les directives anticipées et de discuter euthanasie et suicide assisté. Anaëlle est une jeune bénévole de 20 ans, et elle veut que la loi aille plus loin que ce qui est prévu aujourd'hui.

"Une liberté qui s'ouvre à chacun"

"Libre à chacun", dit-elle, "ça ne prive personne de liberté. C'est une liberté qui s'ouvre à ceux qui voudraient soulagés d'une impasse thérapeutique. Mais en même temps celui qui veut continuer jusqu'au bout, il le peut.

L'intérieur du bus aménagé de l'ADMD - Radio France
L'intérieur du bus aménagé de l'ADMD © Radio France - Anne Pinczon du Sel

Elle prend l'exemple d'autres pays qui ont déjà fait la démarche de légiférer en matière d'euthanasie, des voisins très proches. "Quand on regarde ce qui se passe en Belgique, au Luxembourg ou aux Pays-bas, c'est vraiment réglé par la loi, il n'y a pas de dérives. On souhaite vraiment que ce soit encadré, à l'hôpital, remboursé par la Sécu, qu'il n'y est pas cette notion de bénéfice derrière. C'est une décision avec le corps médical, avec le patient, avec ses proches."

Encore un tabou

Mais même en y mettant les formes, Anaëlle se rend bien compte que le sujet gêne. "On a beaucoup de personnes qui restent loin du stand parce que ça fait peur, fin de vie, mort, dignité, c'est des termes qu'on n'ose pas utiliser. c'est notamment très tabou au sein de la famille. Parce que c'est admettre qu'on peut perdre ses proches. Et cela a du mal à passer."

Les badges de l'ADMD - Radio France
Les badges de l'ADMD © Radio France - Anne Pinczon du Sel

"Garder sa dignité, être maître de sa vie jusqu'au bout"

Ce n'est pas le cas pour Florence et Michel, qui ne se sont pas arrêtés par hasard : ils sont touchés de près par le sujet, et d'ailleurs ils ont déjà rédigé leurs directives anticipées. "C'est déjà fait moi", souligne d'emblée Florence. "Je lai remplie et je souhaite vraiment une aide pour ma fin de vie, ou un suicide assisté, comme on dit. Je trouve que c'est bien parce qu'on garde sa dignité jusqu'au bout, on est maître de sa vie jusqu'au bout."

Un sujet d'autant plus prégnant chez eux qu'ils ont un parent concerné par cette situation. Michel explique : "Il a la maladie d'Alzheimer, ne peut plus s'exprimer, bouger. Quand il était conscient, il nous disait toujours, 'aidez moi, donnez moi un bouillon de onze heures'. Et puis aujourd'hui on est complètement démunis, les médecins ne prennent pas de décision. Donc on est passés devant ce bus, on est en plein dedans, c'est pour ça qu'on s'est arrêtés."

L'association est sur les routes de France depuis le 30 juin et elle termine son tour demain à Metz.