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Santé – Sciences

Essai clinique "sauvage" sur des malades de Parkinson ou d'Alzheimer : "un vrai scandale" pour la ministre de la Santé

- Mis à jour le -
Par , , France Bleu, France Bleu Poitou, France Bleu Hérault

L'Agence du médicament (ANSM) a annoncé ce jeudi avoir interdit un essai clinique "sauvage" mené "illégalement" sur au moins 350 malades de Parkinson ou d'Alzheimer dans une abbaye près de Poitiers. Il visait à tester des molécules dont "la qualité n'est pas connue", selon l'ANSM.

L'essai avait lieu dans l'Abbaye Sainte-Croix, à Saint-Benoît près de Poitiers.
L'essai avait lieu dans l'Abbaye Sainte-Croix, à Saint-Benoît près de Poitiers. © AFP - GUILLAUME SOUVANT

"C'est absolument inadmissible, c'est un vrai scandale", a réagi ce vendredi la ministre de la Santé Agnès Buzyn après un essai clinique illégal rendu public par l'Agence du médicament (ANSM). Des molécules dont "les effets (...) ne sont pas connus" testées sur au moins 350 malades de Parkinson ou Alzheimer dans l'Abbaye Sainte-Croix, près de Poitiers. En marge d'un déplacement, la ministre de la Santé a confirmé que le procureur avait été saisi et estimé qu'il y aurait des "poursuites pénales".  

Jeudi soir, l'ANSM a annoncé avoir interdit un "essai clinique sauvage" d'une "ampleur rare". Cet essai "illégal" était mené par une structure baptisée Fonds Josefa, dont le vice-président est le controversé Pr Henri Joyeux, contesté par la communauté médicale notamment à cause de ses positions anti-vaccins. Joint au téléphone par l'AFP, le professeur Joyeux assure que "ça n'a rien à voir avec un essai clinique", en refusant d'en dire davantage.

1.000 euros par essai

Le pôle Santé du parquet de Paris a été saisi, a précisé à l'AFP Bernard Celli, directeur de l'inspection à l'ANSM. Selon lui, les patients "passaient une nuit" dans l'abbaye et "subissaient une prise de sang le matin".  C'est grâce à une inspection de contrôle menée début septembre dans le laboratoire où les prises de sang étaient envoyées pour analyse que l'Agence du médicament a découvert l'expérimentation. "On est aux confins du charlatanisme", estime-t-il, en jugeant que "la confiance de ces patients a été abusée". 

Nos confrères d'Europe 1 ont publié ce vendredi des e-mails envoyés à partir de décembre 2017 par le Fonds Josefa à des patients qu'il souhaitait recruter pour l'expérimentation. Ce fonds y expliquait à ces patients qu'ils étaient sollicités pour participer à un "essai clinique préliminaire". Le coût était évalué à "1.000 euros par sujet inclus" dans l'essai. 

Les participants invités à consulter rapidement leur médecin

Cette expérimentation consistait à appliquer aux patients des patchs contenant deux molécules, appelées valentonine et 6-méthoxy-harmalan. Selon l'ANSM, ces molécules sont proches de la mélatonine, hormone fréquemment utilisée pour mieux dormir mais déconseillée à certaines populations par l'agence sanitaire Anses en raison d'effets secondaires. 

Le fondateur du Fonds Josefa, le professeur Jean-Bernard Fourtillan, revendique sur son site internet la découverte de la valentonine, et vante ses capacités à "protéger notre organisme et assurer la régulation des vies psychique et végétative". "La qualité, les effets et la tolérance de ces substances ne sont pas connus" et "un risque pour la santé des participants ne peut être exclu", affirme à l'inverse l'ANSM.

L'Agence demande aux participants à ces essais "de ne plus utiliser ces patchs" et "de consulter rapidement (leur) médecin traitant pour l'informer de la situation, réaliser un bilan de santé et s'assurer que la prise en charge de (leur) maladie est adéquate".

"De la manipulation de patients en détresse", qui devaient arrêter leur traitement 

"Il y avait vraiment de la manipulation de patients en détresse", condamne ce vendredi sur France Inter le professeur Philippe Damier, président du Comité scientifique de France Parkinson. Le neurologue a entendu parler des travaux du professeur Joyeux pour la première fois il y a deux ans, il les a signalés sur le site de l'association France Parkinson. 

Son inquiétude a grimpé en avril dernier après avoir parlé avec une collègue neurologue : "Un de ses patients lui avait dit qu'on lui avait proposé de participer à un essai, et là on a eu la surprise, en interrogeant l'ANSM, de voir qu'il n'y avait aucun essai thérapeutique de déclaré", ce qui l'a conduit à lancé l'alerte. Selon Philippe Damier, les patients devaient en plus faire un don au fonds Josefa pour pouvoir participer à cet essai. Et ils devaient promettre de ne rien dire à leur neurologue habituel, et surtout arrêter leur traitement. Mais "l'arrêt brutal non contrôlé d'un traitement anti-parkinsonien peut entraîner des hyperthermies très graves", signale Philippe Damier.

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