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Un Héraultais sur trois renonce à se soigner faute d'argent

Par Salah Hamdaoui, France Bleu Hérault lundi 31 octobre 2016 à 11:31

1/3 des Héraultais renoncent à se soigner faute d'argent
1/3 des Héraultais renoncent à se soigner faute d'argent © Maxppp -

Dans l'Hérault, l'Assurance maladie fait un constat inquiétant : un Héraultais sur trois renonce à se soigner. Et c'est pour les soins dentaires que c'est le plus flagrant.

Dans l'Hérault, un assuré sur trois se prive de soins faute d'argent, selon une enquête menée auprès des assurés sociaux. C'est surtout vrai pour les actes dentaires, notamment la pose de couronnes. Le prix moyen d'une couronne est de 500 euros, la "Sécu" en rembourse une centaine.

L'Assurance maladie est partie de ce constant saisissant pour lancer, en mai dernier, une expérience visant à lutter contre le renoncement aux soins. La priorité est de mieux repérer les personnes qui renoncent à se soigner pour des raisons financières. Cela peut se faire directement au service accueil de la CPAM, par le biais des services sociaux ou encore des professionnels de santé.

Une fois repérés, les assurés sont informés sur leurs droits et accompagnés dans leur parcours de soins (trouver un praticien, prendre un rendez-vous, choisir une mutuelle adaptée). Cela peut aller jusqu'au coup de pouce financier.

Des personnes fragilisées

Le dispositif a véritablement changé la vie de Karine, une Montpelliéraine au chômage de 46 ans. À cause d'une maladie des gencives et parce qu'elle n'avait pas les moyens de se soigner, elle est restée sans dents pendant presque un an.

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Selon la CPAM de l'Hérault, qui aura traité 300 dossiers cette année, les personnes en situation de renoncement aux soins ont pour la plupart des parcours de vie chaotiques. Elles ont souvent dû faire face à un accident de la vie (séparation, maladie, rupture familiale, perte d’emploi) qui a remis en cause un équilibre financier souvent déjà fragile en amont. Quant à la situation professionnelle de ces personnes, elle est plutôt précaire.

En général ces personnes sont dans l'angle mort de la couverture sociale : trop de revenus pour avoir droit à la CMU-C (Couverture maladie universelle-complémentaire) et pas assez pour se payer une bonne mutuelle.

Les dentistes s'engagent contre le renoncement

Le Conseil de l'Ordre des chirurgiens-dentistes de l'Hérault (800 praticiens) s'implique lui aussi dans cette opération de lutte contre le renoncement aux soins en s'engageant à proposer des "tarifs raisonnables".

Mais si les gens renoncent à se faire soigner, ce n'est pas que la faute des dentistes tient à préciser le président du Conseil, Olivier Davron.

En 30 ans, le prix d'une couronne a été divisé par deux alors que la base de remboursement n'a pas bougé

Le dispositif mis en place dans l'Hérault est également expérimenté dans une vingtaine de départements français. Si les résultats sont concluants, il sera généralisé à toute la France. Les dossiers sont à retirer auprès de la CPAM ou à évaluer dans le cabinet du praticien.

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