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Santé – Sciences

Un labo de biologie d'Orléans étudie les insectes pollinisateurs en bord de Loire

jeudi 14 juin 2018 à 5:47 Par François Guéroult, France Bleu Orléans

C'est une étude inédite qu'a lancée un laboratoire scientifique de l'Université d'Orléans : mesurer l'impact de l'urbanisation sur la biodiversité des abeilles. Les résultats pourraient permettre de dégager des pistes pour l'action publique, afin de favoriser la biodiversité.

Dans le cadre de cette étude, des seaux ont été installés sur 11 sites, de St Ay à Bou, pour "piéger" les insectes près des bords de Loire
Dans le cadre de cette étude, des seaux ont été installés sur 11 sites, de St Ay à Bou, pour "piéger" les insectes près des bords de Loire © Radio France - Cyrille Ardaud

Orléans, France

Si vous vous promenez régulièrement sur les bords de Loire, vous les avez sans doute aperçus : des pieux avec des seaux de couleur bleu, blanc et jaune, enduites de peinture fluorescente, avec le message "expérience en cours, ne pas déranger" - il s'agit en fait de pièges à insectes relevé régulièrement par Romain Ledet, étudiant en biologie en 2ème année de master à l'Université d'Orléans : "La peinture UV mime la couleur des fleurs, ce type de piège attire particulièrement les insectes pollinisateurs. On a fait en sorte qu'il y ait un kilomètre entre chaque piège, toujours à la même distance de la Loire, et avec suffisamment de ressource florale disponible, même pour les sites plus urbains près du centre-ville d'Orléans."

8 000 insectes récoltés en un an

En tout 11 sites de Bou à St Ay ont été choisis comme lieux de récolte dans l'Orléanais, qui permettront déjà d'effectuer un travail de recensement indispensable explique Mathilde Baude, enseignante-chercheur en écologie au LBLGC qui pilote cette étude (laboratoire de Biologie des Ligneux et des Grandes Cultures) : "On a en fait une assez mauvaise connaissance de qui sont ces insectes pollinisateurs ; en France, on dit qu'il y a mille espèces d'abeilles, mais on connaît surtout l'abeille domestique, or les abeilles sauvages aussi jouent un rôle important dans la pollinisation. Avec ce projet, qui est une première en région Centre Val-de-Loire, on espère déjà construire une base de données solide."

Le premier objectif est de disposer d'une base de données fiable sur les espèces d'insectes pollinisateurs en bord de Loire - Radio France
Le premier objectif est de disposer d'une base de données fiable sur les espèces d'insectes pollinisateurs en bord de Loire © Radio France - François Guéroult

L'expérience a commencé il y a 1 an, avec déjà une première tendance. Plus de 8 000 insectes ont été récoltés, dont 200 abeilles sauvages, et ces premières données laissent apparaître que plus on s'approche du milieu urbain, et moins il y a d'abeilles, en quantité comme en diversité... Pas surprenant, direz-vous ? Pas forcément, rétorque Mathilde Baude : "Ce n'est pas si intuitif que ça, parce qu'en ville il y a beaucoup d'opérations "zéro pesticides" et finalement beaucoup de ressources florales, même s'il s'agit de plantes ornementales ou exotiques, donc c'est vraiment nécessaire de faire cette étude pour voir ce qu'il en est réellement." Pour une meilleure validation scientifique, des pièges à insecte ont d'ailleurs aussi été installés sur les bords de Loire près de Blois et de Tours.

Des politiques publiques pour favoriser la biodiversité ?

Avec cette étude, l'espoir des chercheurs n'est pas seulement d'améliorer les connaissances scientifiques, mais aussi de proposer des solutions pour encourager la biodiversité : "Si on observe un déclin de la diversité des abeilles en ville, on s'interrogera sur quels espèces on perd ; si par exemple ce sont des espèces qui nidifient dans le sol, ça peut amener une réflexion sur l'imperméabilisation des villes et des trottoirs. Cela peut aussi amener une réflexion sur les ressources : faut-il plus de fleurs, et lequelles ?", résume Mathilde Baude. Mais il faudra patienter, car cette étude nécessitera encore 2 à 3 ans - entre la récolte et l'analyse des données... Interview complète de Mathilde Baude à écouter ici :

"C'est important de conserver la biodiversité en tant que telle mais aussi pour tous les services qu'elle nous rend" - Mathilde Baude

Cette étude, financée par la Région Centre Val-de-Loire sous le nom "projet pollen", associe le LBLGC d'Orléans, l'IRBI de Tours (Institut de recherche sur la biologie de l'insecte), l'INRA d'Orléans (Institut national de la recherche agronomique), l'IRSTEA de Nogent-sur-Vernisson (Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture) et des géographes du Citeres de Tours (CItés, TERritoires, Environnement, Sociétés).