Santé – Sciences

Nouveau revers judiciaire pour les victimes de l’amiante

Par Emma Sarango, France Bleu Nord et France Bleu vendredi 15 septembre 2017 à 15:30

Manifestation des "veuves de l'amiante" en 2013 à Dunkerque, dans le Nord
Manifestation des "veuves de l'amiante" en 2013 à Dunkerque, dans le Nord © Maxppp - JP Brunet

La justice a annulé vendredi la mise en examen des principaux responsables nationaux présumés dans deux dossiers du scandale de l’amiante : celui de l’université parisienne de Jussieu et celui des chantiers navals de Dunkerque.

C’est un nouveau coup d’arrêt dans la longue bataille judiciaire des victimes de l’amiante. Comme il y a trois ans, la cour d’appel de Paris a annulé vendredi la mise en examen des responsables nationaux dans deux dossiers emblématiques du scandale sanitaire : celui du campus parisien de Jussieu et celui des chantiers navals Normed de Dunkerque.

Trois arguments développés par les magistrats

Ces neuf personnes, industriels, scientifiques ou haut fonctionnaires, avaient été mises en examen il y a six ans pour homicides et blessures involontaires. Mais la justice a estimé qu’ils n’avaient pas de réel pouvoir décisionnaire. De plus, les magistrats soulignent qu’à l’époque l’usage contrôlé de l’amiante était admis en Union Européenne. Enfin, l’état des avancées scientifiques ne permettaient pas de connaître les dangers de l’amiante.

« Cette décision confirme l’apathie des juges » regrette François Desriaux, vice-président de l'Andeva, l'association nationale des victimes de l'amiante, interrogé par l’AFP. « Au scandale sanitaire s’ajoute maintenant le scandale judiciaire » selon l’Andeva qui prévoit de se pourvoir en cassation. L'association craint désormais que la vingtaine de dossiers de l’amiante actuellement instruits à Paris n’aboutissent à des non-lieux.