Santé – Sciences

Un plan pour lutter contre les déserts médicaux en Ile-de-France

Par Faustine Calmel, France Bleu Paris vendredi 13 octobre 2017 à 6:07

Illustration - Le manque de médecins touche aussi l'Ile-de-France
Illustration - Le manque de médecins touche aussi l'Ile-de-France © Maxppp - François Desloc

La ministre de la Santé Agnès Buzyn présente ce vendredi son plan de lutte contre la désertification médicale. Un problème qui touche aussi la région parisienne, où le nombre de généralistes notamment est en baisse.

Ce n'est pas parce que nous habitons dans la région la plus urbaine et la plus riche de France, que nous sommes protégés. Selon un rapport du Conseil régional une commune francilienne sur deux n'a pas de médecin généraliste. Résultat : 430.000 personnes doivent se déplacer dans une autre ville pour consulter. Et ça ne va pas s'arranger puisque le nombre de généralistes a baissé de 6% depuis 2010 et près de la moitié des praticiens ont plus de 60 ans. La retraite approche, et avec elle la difficulté de trouver un successeur. En Ile-de-France nous manquons aussi de kinés, de sages-femmes et d'infirmiers. On en compte par exemple 40 pour 100 mille habitants dans les Hauts-de-Seine quand la moyenne nationale est à 160.

Loyers trop chers et insécurité

Alors pourquoi les jeunes médecins boudent-ils la région parisienne ? A cause des loyers trop chers et des charges élevées. Beaucoup avancent aussi l'envie de travailler en groupe qui les pousse à ne pas s'installer en cabinet libéral, seul dans une trop petite ville. Autre argument : l'insécurité. Les agressions sont nombreuses en Seine-Saint-Denis, dans le Val d'Oise et à Paris notamment. En 2014 - derniers chiffres disponibles - on a compté dans ces trois départements une plainte tous les quatre jours.

Des communes à la manoeuvre

Alors pour attirer les professionnels de santé, certaines villes se lancent dans de véritables opérations séduction. A Thomery, en Seine-et-Marne, alors qu'un des deux médecins généralistes partait à la retraite, la commune a acheté en 2016 des locaux pour les transformer en pôle de santé. "Nous aurions pu demander de l'aide à l'Agence régionale de santé, mais il aurait fallu monter un dossier, demander des subventions, et nous n'étions même pas sûrs d'entrer dans les critères" explique le maire, Bruno Michel, "alors quand ces locaux se sont libérés nous les avons achetés pour 635.000 euros. Un prêt que nous remboursons avec les loyers que nous versent les 16 professionnels qui occupent les lieux. C'set une opération qui ne pèse pas sur les contribuables de Thomery, et offre un service à tous les habitants, au-delà même de la ville". Et c'est exact puisque l'on croise dans la salle d'attente plusieurs patients venus de Fontainebleau, une ville quatre fois plus peuplée.

Reportage au Pôle Santé de Thomery en Seine-et-Marne

Le maire de Thomery, Bruno Michel, explique sa démarche