Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Après l'arrêté municipal du maire de Montpellier, une loi veut interdire la vente de "proto" aux mineurs

-
Par , France Bleu Hérault

Utilisé dans les bombes de chantilly, le protoxyde d'azote est détourné pour son effet euphorisant. Pour contrer ses conséquences néfastes, les députés ont adopté à l'unanimité l'interdiction de vendre du "proto" aux mineurs. Une mesure déjà expérimentée depuis juillet à Montpellier.

Un projet de loi veut interdire la vente des capsules de gaz hilarant aux mineurs
Un projet de loi veut interdire la vente des capsules de gaz hilarant aux mineurs © Maxppp - Sébastien Muylaert

C'est un gaz hilarant en vente libre qui pourrait bientôt être interdit aux mineurs. Le protoxyde d'azote se cache dans une petite capsule grise contenue dans les bombes de chantilly. Il est donc possible de se procurer ce gaz euphorisant en supermarchés. Inhalé, il produit des fous rires incontrôlés et des hallucinations, ce qui n'est pas sans conséquence sur la santé.

Jeudi 25 mars, les députés planchaient sur un projet de loi qui veut notamment interdire la vente des capsules de protoxyde d'azote aux mineurs. Le texte a été adopté à l'unanimité. Il doit à présent recueillir l'approbation du Sénat avant d'entrer en application. À terme, un commerçant pris en train de vendre ces capsules à un adolescent pourrait encourir jusqu'à 3.750 euros d'amende. 

À Montpellier, et dans plusieurs villes héraultaises, les maires n'ont pas attendu la loi pour agir contre ce fléau. En juillet dernier, le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, a pris un arrêté municipal interdisant la "vente ou la cession gratuite" de protoxyde d'azote aux mineurs. L'amende encourue est de 38 euros. 

Une vingtaine d'amendes dressées à Montpellier

En huit mois, la police municipale de Montpellier a dressé une "vingtaine d'amendes" affirme Sébastien Cote, l'adjoint à la tranquillité publique. L'élu dresse d'ailleurs un premier bilan positif : 

"L'arrêté a eu un vrai effet puisqu'il a sensibilisé tous les commerçants au fait de ne plus vendre ce produit (aux mineurs, ndlr). Je pense que c'est important de faire cette transition vers l'illégalité parce que beaucoup consommaient ce produit avant de prendre leur deux roues ou le volant. Et ça a occasionné sur Montpellier des accidents assez sérieux." 

Sébastien Cote : "L'arrêté a un vrai effet"
Sébastien Cote : "L'arrêté a un vrai effet" © Radio France - Valentin BERTRAND

Difficile de dire cependant si la consommation de "proto" a vraiment diminué. Si Sébastien Cote a l'impression de voir moins de capsules abandonnées par terre qu'auparavant. Ce gaz est toujours aussi prisé des collégiens et lycéens selon l'addictologue Hélène Donnadieu Rigole : 

"C'est une pratique qui se répand. Il y a des groupes de gros consommateurs de proto dans les collèges et les lycées. C'est devenu quasiment une mode de consommer."

Pour l'addictologue au CHU de Montpellier, l'explication de ce succès est simple : 

"Le protoxyde d'azote a un effet proche de l'alcool. C'est à dire que ça crée une sensation d'euphorie et de désinhibition très rapide et très courte. Et donc les jeunes pensent qu'il ne va rien se passer parce que ça dure 15 secondes."

Hélène Donnadieu Rigole : "C'est devenu quasiment une mode de consommer"
Hélène Donnadieu Rigole : "C'est devenu quasiment une mode de consommer" © Radio France - Valentin BERTRAND

Hélène Donnadieu Rigole : "Le proto produit des effets proche de l'alcool" mais de courte durée

Ce n'est pourtant "pas de la rigolade" prévient Hélène Donnadieu Rigole : 

"Ça peut devenir une vraie drogue. On constate depuis un à deux ans, une augmentation des passages aux urgences. Et même des hospitalisations suites à des complications neurologiques chez des usagers de proto qui en prennent de manière quotidienne et excessive."

Sur les six derniers mois, elle a vu défiler trois patients victimes des effets secondaires du protoxyde d'azote. Ce qui ne s'était jamais vu auparavant. Elle alerte donc : 

"Sur du long terme, ça peut générer de véritables paralysies. Ça peut également affecter des organes nobles comme le cœur et le cerveau. Tout ça nécessite une prise en charge médicale et une rééducation de longue durée."

Hélène Donnadieu Rigole : "Sur du long terme, ça peut générer de véritables paralysies"

Signe que le phénomène prend de l'ampleur, l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) a relevé une hausse notoire du nombre de signalements de consommateurs dans les services d'addictologie. À l'échelle nationale, ils étaient 47 sur les 24 mois de 2018 et 2019. Et au moins 150 entre janvier et septembre 2020. Parmi ces derniers, l'OFDT note 57 cas jugés graves, c'est-à-dire avec des complications psychiatriques.

Les jeunes se tournent vers internet

En parallèle du volet répressif, la ville de Montpellier veut aussi informer le jeune public sur les risques liés à la consommation de protoxyde d'azote. C'est ainsi que le Comité départemental d'éducation pour la santé (Codes 34) a été mandaté pour conduire des campagnes de sensibilisation dans les quartiers Croix d'Argent et Prés d'Arènes à Montpellier.

Les chargés de mission du Codes 34 tiendront aussi des stands d'information lors des futurs événements festifs, lieu par excellence de consommation. Iliès Kharbouch est l'un de ces hommes de terrain. Selon lui, l'arrêté municipal du maire de Montpellier a été bénéfique mais n'a pas empêché les mineurs de se procurer du protoxyde d'azote : 

"Le problème, c'est que les jeunes utilisent les réseaux sociaux, et particulièrement Snapchat, pour se faire livrer directement des capsules et des bonbonnes de proto."

Iliès Kharbouch : "Le problème c'est que les jeunes utilisent les réseaux sociaux pour se faire livrer du proto"
Iliès Kharbouch : "Le problème c'est que les jeunes utilisent les réseaux sociaux pour se faire livrer du proto" © Radio France - Valentin BERTRAND

Iliès Kharbouch : "Le problème c'est que les jeunes utilisent les réseaux sociaux pour se faire livrer du proto"

Pour parler aux jeunes, un spot de prévention sera prochainement publié sur les réseaux sociaux. Il a été réalisé par des élèves du collèges Les Escholiers, dans le quartier de la Mosson à Montpellier. Ce court-métrage est d'ailleurs en compétition dans le cadre du festival international du film de prévention qui se tiendra fin mai à La Rochelle.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess