Santé – Sciences

Un rapport révèle l'ampleur des touchers rectaux et vaginaux réalisés sans consentement

Par Thibaut Lehut, France Bleu mardi 27 octobre 2015 à 15:10 Mis à jour le mardi 27 octobre 2015 à 15:21

Le consentement préalable du patient n'est recueilli que dans 67% des cas.
Le consentement préalable du patient n'est recueilli que dans 67% des cas. © Maxppp

Un rapport remis à la ministre de la Santé ce mardi révèle qu'un tiers des touchers rectaux et vaginaux réalisés par des étudiants en médecine sont réalisés sans le consentement des patients. Des conclusions jugées "très préoccupantes" par Marisol Touraine.

L'enquête réalisée par la Conférence des doyens des facultés de médecine et remise entre les mains de Marisol Touraine ce mardi explique que le consentement préalable du patient n'est recueilli que dans 67% des cas, lorsque des étudiants du diplôme de formation générale en sciences médicales sont amenés à pratiquer des touchers rectaux ou vaginaux sur des personnes sous anesthésie générale. Pour les étudiants du diplôme de formation approfondie, le consentement préalable du patient est recueilli dans 80% des cas.

"Apprendre leur métier"

Slate.fr rappelle d'ailleurs la législation en vigueur sur la question. "Le consentement doit être donné de manière explicite, et ne peut être jugé comme déjà octroyé par le seul fait de se rendre dans un établissement où sont présents des étudiants", écrit le site dans un article sur ce thème.

Le rapport rendu à la ministre fait suite à la parution d'une tribune (lire le texte) cosignée par une cinquantaine de médecins, journalistes et féministes en février dernier. Le texte dénonçait des pratiques "faisant fi" du consentement des malades et demandait aux pouvoirs publics à se saisir du problème. Les signataires évoquaient déjà des examens intimes pratiqués sans consentement par des étudiants, sur des patients endormis. Ils assuraient également que "bon nombre de professionnels de la santé et d'internes" justifiaient ces pratiques, expliquant qu'ils devaient "apprendre leur métier", et qu'il était "préférable" que la patiente "ne se souvienne pas que plusieurs inconnus sont passés la 'voir'".

Vers une généralisation de l'apprentissage par simulation

"L'Etat sera d'une extrême fermeté face à ces pratiques inacceptables, qui portent atteinte à l'intégrité du corps humain et aux droits fondamentaux des patients", a réagi Marisol Touraine, qui rappelle également que ces actes sont illégaux. Une mission d'inspection a été lancée au sein des hôpitaux et autres établissements de santé. Une instruction a été envoyée aux directeurs de ces établissements, pour leur rappeler leurs obligations légales et demander une généralisation de l'apprentissage par simulation.

Selon le ministère, l'objectif est d'équiper tous les hôpitaux universitaires d'un centre de simulation en santé d'ici à 2017.