Santé – Sciences

Un rassemblement "pour la liberté vaccinale" ce week-end au Mans

Par Julie Le Duff, France Bleu Maine et France Bleu vendredi 13 octobre 2017 à 6:22 Mis à jour le vendredi 13 octobre 2017 à 8:45

Le projet de la ministre de la santé prévoit que, pour les bébés nés à partir du 1er janvier 2018, onze vaccins devront obligatoirement être effectué entre 0 et 18 mois.
Le projet de la ministre de la santé prévoit que, pour les bébés nés à partir du 1er janvier 2018, onze vaccins devront obligatoirement être effectué entre 0 et 18 mois. © Maxppp - PHOTOPQR/VOIX DU NORD/BRIDE EDOUARD

L’appel est lancé dans plusieurs villes de France, dont Le Mans, contre le passage de trois à onze vaccins obligatoires pour les enfants à partir du 1er janvier 2018. Les organisateurs se défendent d’être « anti-vaccins » et disent se mobiliser au nom de la liberté de choix.

C'est un sujet ultra-sensible dont les députés vont débattre à partir du 24 octobre : le nouveau calendrier vaccinal défendu par la ministre de la Santé prévoit de passer à 11 vaccins obligatoires (contre trois aujourd'hui) pour les bébés qui naîtront après le 1er janvier 2018. Dans le pays où la défiance envers les vaccins est la plus forte au monde, et alors que de plus en plus de citoyens mettent en doute la parole "officielle", les opposants à ce nouveau calendrier diffusent facilement leurs arguments à travers les réseaux sociaux, mais aussi dans la rue. Ce week-end, plusieurs rassemblements sont organisés en France. Au Mans, le collectif "en marche pour la liberté vaccinale" ira à la rencontre des passants ce samedi après-midi place Saint Nicolas.

Au nom de la liberté de choix

Au Mans, l'annonce du rassemblement s'est faite principalement via les réseaux sociaux ou par de l'affichage dans les magasins bio. Serge Mousset , le délégué régional de l'association ALIS ("Liberté, information-santé") en est l'un des organisateurs pour la Sarthe. "On nous appelle les anti-vaccins, comme on parle aussi parfois de lobby anti-vaccin alors que nous sommes loin d’avoir le poids des lobbies pharmaceutiques. On nous traite aussi de complotistes ou de conspirationnistes, mais nous ne sommes rien de tout cela. Nous sommes juste des citoyens lambda réunis en association au nom d'une cause : la liberté de choix".

Serge Mousset l’affirme : il y aurait de nombreuses études qui prouvent les dangers des vaccins, mais "elles dérangent" et sont donc cachées par des médias sous influence. Il cite par exemple la seule étude publiée par une revue de référence ayant jamais établi un lien entre vaccin et autisme, une étude réalisée en 1998 et dont l’auteur a depuis été convaincu de fraude. Ce qui ne fait que renforcer la conviction de Serge Mousset que les "pro-vaccins" ont la main sur l'information : "Oui, oui, je connais cette affaire. Mais les liens sont bien établis".

Qui appelle à manifester samedi au Mans "pour la liberté vaccinale" ?

Le rassemblement de samedi place Saint-Nicolas au Mans est placé sous l’égide du collectif « En marche pour la liberté vaccinale », qui regroupe plusieurs associations de santé alternative, promouvant l’accès à des thérapies autres que celles de la médecine dite « conventionnelle ». On y trouve par exemple la Ligue nationale pour la liberté des vaccinations, créée en 1954, mais aussi des mouvements tels que « Les chantiers du futur », férus de chamanisme.

Le collectif se réclame du soutien de la « Cour de justice des droits humains à Genève ». Malgré la proximité sémantique, cet organisme (dont nous n’avons trouvé aucune trace en dehors des appels pour la liberté vaccinale) n’entretient absolument aucun lien avec la Cour européenne des droits de l’homme ou la Cour de justice de l’Union européenne. L’ONG Human Rights, centre de ressources basé à Berne, en lien avec de très nombreuses associations et organismes étatiques de défense des droits humains en Suisse, nous a indiqué ne pas connaître cette structure.

Et notre invité ce vendredi sur France Bleu Maine était le docteur Nicolas Crochette, infectiologue à l'hôpital du Mans. Il revient sur l'importance de la vaccination.