Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Un sondage archéologique préventif en cours sur le chantier du Palais des congrès à Nîmes

-
Par , France Bleu Gard Lozère

Des fouilles archéologiques dites "préventives" sont en cours depuis le 1er août sur l'ancien parking de la CCI situé rue Jean Reboul à Nîmes. Un processus obligatoire avant toute nouvelle construction, qui permet de concilier sauvegarde des éventuels vestiges et aménagement du territoire.

Des fouilles préventives ont lieu sur l'ancien parking de la CCI rue Jean Reboul à Nîmes
Des fouilles préventives ont lieu sur l'ancien parking de la CCI rue Jean Reboul à Nîmes © Radio France - Natacha Kadur

La fin de l'été s'annonce et les vacanciers ne sont pas les seuls à remballer leurs affaires, puisque les archéologues nîmois, eux aussi, rentrent au laboratoire. Après avoir passé cinq mois sur un chantier de fouilles préventives qui a permis la découverte de tombes gauloises vieilles d'au moins 2.500 ans, les chercheurs de l'INRAP travaillent actuellement sur le site qui doit accueillir la construction du nouveau Palais des congrès de Nîmes à partir de 2022. 

Ils sont missionnés dans le cadre d'une opération d'archéologie dite préventive. Pour cette étape obligatoire avant tout démarrage de fouilles officielles, pas de fins outils ni de pinceaux délicats. C'est avec une grosse pelle mécanique que les archéologues creusent des tranchées dans le sol à différents endroits pour étudier les différentes couches de terre : "C'est d'abord une enquête policière : à partir de quelques indices, on essaie de reconstituer une histoire. Est ce qu'il y a du matériel, des petits tessons de céramiques, des traces de creusements, de murs ? On additionne tous les indices, on fait des photos , on documente ... et on rebouche !" , explique Jean-Yves Breuil, Directeur technique et scientifique de l'INRAP pour l’inter-région Midi-Méditerranée.

Concilier sauvegarde du patrimoine et aménagement du territoire

L'INRAP est le seul établissement public habilité à réaliser ces diagnostics, depuis sa création dans le cadre de la loi du 17 janvier 2001 sur l'archéologie préventive. Un procédé qui permet de prévenir la destruction de vestiges de valeur sans pour autant paralyser le besoin en construction. Ce n'est qu'après cette phase de diagnostic préalable que l'aménageur du terrain décidera, en lien avec les services de l'État, si des fouilles a proprement parler auront lieu sur ce site. Cette seconde phase est alors soumise à un appel d'offres auquel toutes les structures de recherche archéologique, qu'elles soient publiques ou privées, peuvent répondre. 

Cette démarche préventive vise à conserver une mémoire des sites et offrir des opportunités d'études à la science : 

C'est comme un livre que nous sommes les premiers à lire : on déchire les pages et il faut qu'on les lise. On est à la fois les premiers témoins lorsque l'on découvre et les derniers lorsque l'on recouvre. Jean-Yves Breuil, INRAP

Un compromis qui "ne fige pas non plus un territoire à la manière d'une musée, en interdisant tout. L'esprit c'est de continuer à aménager tout en sauvegardant, au moins par l'étude, l'histoire", explicite l'archéologue. 

Une discipline fondamentale pour la connaissance du genre humain

En nous renseignant sur les peuples et leurs modes de vie passés, l'influence de l'archéologie dépasse le seul champ d'application scientifique pour nous permettre de mieux penser le monde d'aujourd'hui

"Ces recherches nous permettent d'écrire l'histoire d'un peuple. Plus cette histoire est riche et complexe, plus on aborde les questions futures avec de la ressource, explique Jean-Yves Breuil, de l'INRAP. Si on a une histoire caricaturale, on aborde les questions d'aujourd'hui de manière caricaturale. Sur des thèmes comme celui des migrations,  l'histoire nous apprend que des phénomènes migratoires , il y en a eu plein. Je le vois dans certains pays où l'histoire est volontairement caricaturée pour des raisons politiques, alors forcément les questions actuelles sont abordées de la même manière : c'est noir ou blanc. Alors que l'histoire nous montre que c'est plus fin et plus complexe."

Pour Jean-Yves Breuil, l’intérêt scientifique de la discipline doit pouvoir servir une vocation humaniste

"Aborder un peuple par son histoire, qu'on le fasse en étudiant la garrigue nîmoise ou à l’étranger, apporte une connaissance des gens qui étaient là il y a quelques dizaines d'années ou quelques siècles . Fouiller un site, c'est une formidable entrée en matière vers l'autre."

Des fouilles archéologiques officielles cette fois devraient démarrer le 7 septembre prochain derrière Carré d'Art à Nîmes. En plein cœur de la ville romaine, les pré-fouilles ont mis en évidence des traces de "domus", ces grandes maisons urbaines de l'époque, ainsi que des traces de peinture et des restes de murets. Elles devraient permettre de mettre à jour "des vestiges assez importants, plutôt beaux à présenter", annonce Jean-Yves Breuil. 

Choix de la station

À venir dansDanssecondess