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Santé – Sciences

Un syndicat enseignant du Finistère encourage une légalisation contrôlée du cannabis

mardi 24 juillet 2018 à 5:46 Par Suzanne Shojaei, France Bleu Breizh Izel et France Bleu

Le syndicat FSU du Finistère vient de voter une motion pour demander la légalisation contrôlée du cannabis. Selon le syndicat enseignant, la légalisation permettrait de mieux lutter contre l'usage de cette substance chez les jeunes.

La Bretagne fait toujours partie des régions où les jeunes consomment le plus de cannabis.
La Bretagne fait toujours partie des régions où les jeunes consomment le plus de cannabis. © Maxppp - Aurelien Morissard

Finistère, France

La consommation de cannabis est toujours importante en Bretagne. Selon une étude de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies publiée en début d'année, plus de la moitié des lycéens bretons en ont déjà fumé pour essayer. La prévention est difficile, surtout dans les établissements scolaires. Youn Le Roy, du syndicat FSU, est professeur de mathématiques au lycée Dupuy de Lôme à Brest. Selon lui, les infirmiers des collèges et des lycées ont beaucoup de mal à parler de cannabis avec les élèves. "Ils marchent sur des oeufs, ils doivent tenir compte de la loi même s'ils sont face à des cas concrets et que, parfois, ils transgressent la loi pour parler de drogues avec les adolescents."

"La prohibition rend la prévention très difficile chez les jeunes" - Youn Le Roy, du syndicat FSU

D'après le professeur, "parler de cannabis dans les lycées expose à des sanctions dans la mesure où le produit est interdit. La prohibition rend la prévention très difficile." Mais certaines associations ne sont pas d'accord avec ce discours. Beaucoup organisent des journées de sensibilisation dans les établissements scolaires, comme l'Association de Prévention et de Lutte contre les Toxicomanies (APLT) Bretagne. "On en parle déjà dans les collèges et les lycées !, s'exclame Josette Le Ster, la présidente. La légalisation aboutirait à des catastrophes. Quand il n'y a plus d'interdits, c'est la dérive. Et les gamins aiment les interdits, donc ils iront chercher d'autres interdits comme la cocaïne ou l'héroïne."

C'est aussi l'avis de certains lycéens, rencontrés à Quimper. Assis sur l'esplanade François Mitterrand, les jeunes se roulent un joint. "Si le cannabis est légalisé, les grands de la cité vont vendre de la drogue dure. _Tout le monde va passer à la cocaïne !_" Un ami l'interrompt : "Mais en même temps, on pourrait fumer tranquillement, et des coffee shops pourraient ouvrir à Quimper !" Pour rappel, l'éventuelle légalisation du cannabis ne concernerait que les consommateurs majeurs.

"Si le cannabis est légal, les grands de la cité vont vendre des drogues dures" - un lycéen breton

D'autres s'intéressent également à une éventuelle légalisation. La semaine dernière, dans un entretien au Parisien, le président de la Confédération des buralistes s'est exprimé en faveur d'une commercialisation du cannabis par les bureaux de tabac. En cas de légalisation, la Confédération demanderait même l'exclusivité, notamment pour pallier la baisse des ventes de tabac. À Quimper, les buralistes sont partagés. "On vend déjà des feuilles et des balances, tout ce qui touche au cannabis. La logique voudrait que le marché du cannabis, s'il est rendu légal, ne nous échappe pas." Mais dans un autre bureau de tabac : "Déjà, on a des mesures de sécurité importantes. Mais si, en plus, il faut installer des coffres pour stocker du cannabis, c'est non pour moi."

Mi-juillet, la Ministre de la Santé Agnès Buzyn a indiqué qu'elle réfléchissait à autoriser les cigarettes de cannabis à usage thérapeutique. Mais pour cela, les cigarettes devraient apporter "un plus" par rapport aux médicaments à base de cannabis déjà autorisés. À Brest, la semaine dernière, une boutique de vente de CBD a ouvert. Le CBD est le cannabis légal, avec moins de 0,2% de substances psychotropes dans les produits (infusions, baumes, huiles, compléments alimentaires, etc). Dès l'ouverture, la boutique a reçu la visite de policiers pour vérifier que tout est bien réglementaire.