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Santé – Sciences

Un traitement testé à Limoges donne de l'espoir pour les enfants autistes

mardi 28 mars 2017 à 10:10 Par Fabienne Joigneault, France Bleu Limousin et France Bleu

Un médicament utilisé jusqu'ici comme diurétique est testé, notamment à Limoges, pour améliorer la réceptivité des jeunes autistes. Les premiers résultats sont concluants, selon le Dr Lemonnier, qui a lancé l'expérimentation. Il était l'invité de France Bleu Limousin à 8h20.

Le Dr Éric Lemonnier, psychiatre et directeur du centre expert autisme de Limoges et  Yehezkel Ben-Ari, chercheur en neurobiologie à Marseille.
Le Dr Éric Lemonnier, psychiatre et directeur du centre expert autisme de Limoges et Yehezkel Ben-Ari, chercheur en neurobiologie à Marseille. © Maxppp - Daniel FOURAY

Limoges, France

C'est un espoir pour améliorer la vie des jeunes autistes : un médicament diurétique pourrait les rendre plus réceptifs. Il est testé notamment à Limoges, à l'initiative du Dr Eric Lemonnier, responsable du Centre Expert Autisme. Il était l'invité de France Bleu Limousin à 8h20.

Comment fonctionne ce traitement ?

Le principe, c'est de réduire le taux de chlore dans certains neurones. On s'est aperçu que ce taux restait plus élevé, chez les autistes. Et on a la chance d'avoir un traitement qui existe déjà et qui fonctionne sur la cible biologique qu'on cherche à atteindre. Les essais cliniques montrent qu'on a une amélioration. Il semblerait qu'on rende plus facile l'apprentissage de la sociabilisation, le traitement des informations contextuelles. Les parents nous disent "il est plus présent, il est plus facile de faire des choses nouvelles.

Est-ce que ça représente un espoir ?

Oui, évidemment. Mais est-ce que c'est l'ensemble de l'autisme que l'on traite ? Non, certainement pas. Ce traitement n'a de sens que s'il s'accompagne des mesures socio-éducatives nécessaires. Il facilite les choses.

Combien d'enfants l'ont testé ? Est-ce que ça marche pour tous ?

Le 1er essai a porté sur 54 enfants, à Brest. Le deuxième sur 88 enfants, sur 6 centres en France, et il y en a une quinzaine qui ont participé à Limoges, des enfants de 2 à 18 ans. On a montré que l'efficacité était présente chez 75% des enfants, à la fois chez des autistes de haut-niveau ou Asperger, et à la fois chez des autistes qui ont un retard mental et des difficultés beaucoup plus importantes. On n'est pas en mesure encore de dire s'il y a des causes particulières qui expliquent l'efficacité chez certains et pas d'autres.

L'objectif, c'est la commercialisation, mais il faut encore un test à grande échelle...

L'agence européenne du médicament nous demande effectivement un test à l'échelle européenne avec 350 enfants. Si les résultats sont aussi concluants que les premiers tests, on peut envisager une commercialisation à partir de 2022. Un partenariat avec le laboratoire Servier a été noué, car les coûts sont tellement importants : de l'ordre de 20 millions d'euros.