Santé – Sciences

Une Héraultaise témoigne dix ans après une greffe du foie

Par Romain Berchet, France Bleu Hérault dimanche 16 octobre 2016 à 19:39

Gilda s'estime "chanceuse" dix ans après sa greffe du foie
Gilda s'estime "chanceuse" dix ans après sa greffe du foie © Radio France - Romain Berchet

Gilda a contracté une forme sévère d'hépatite B en décembre 2005. Cette Héraultaise a dû subir une greffe du foie en moins de 48 heures pour continuer à vivre. Elle témoigne à l'occasion de la journée mondiale du don d'organes et de la greffe ce lundi.

En décembre 2005, le médecin de Gilda lui diagnostique à 58 ans une hépatite B fulminante au cours d'une simple prise de sang. C'est-à-dire une forme d'hépatite sévère et très rare.

Un coup de massue pour cette ancienne employée de banque qui profitait de sa pré-retraite dans sa maison à Pignan (Hérault). Près de dix ans après l'opération, elle décide de parler de sa greffe du foie à l'occasion de la journée mondiale du don d'organes et de la greffe ce lundi.

Lorsque son médecin traitant lui diagnostique une hépatite B fulminante, Gilda passe alors un scanner du foie. Les résultats viendront confirmer l'urgence d'une hospitalisation.

"Mon foie se détruisait à une vitesse gigantesque. Le seule solution pour continuer de vivre était la greffe d'un nouveau foie."

Lors de son arrivée à la clinique Saint-Jean de Montpellier, Gilda tombe dans le coma. Les médecins décident alors de remplacer le foie de Gilda par un artificiel. "Moi je n'ai rien vu. Mais mon mari m'a expliqué que ce foie ressemblait à une machine", détaille Gilda.

Course contre la montre

Les médecins vont alors expliquer la situation au mari de Gilda : "S'il n'y a pas de donneur compatible dans les 48 heures, nous ne pourrons plus rien faire pour votre femme. Si dans 48 heures nous n'avons pas trouvé de donneur, la machine s'arrêtera et votre femme décédera."

Le dossier de Gilda devient une priorité nationale et au bout de quelques heures, un donneur compatible est trouvé. L'opération se passe bien et moins de 48 heures après son entrée à l'hôpital, Gilda avait un nouveau foie.

"Merci au donneur. Tous les matins au réveil je pense à lui."

Une vie presque normale

Près de dix après sa greffe, Gilda vit comme tout le monde ou presque. A part la cicatrice, "ma vie reste la même", lance-t-elle. Âgée de 68 ans, elle reste astreinte à un lourd suivi médical ce qui pèse sur son état physique : "C'est par phase. J'ai toujours des coups de fatigue", souligne l'ancienne employée de banque.

"J'ai commencé un nouveau protocole depuis quelques mois. Mais j'ai souvent des coups de fatigue."

L'histoire de Gilda fait la fierté de l'association AFFDO (association française des familles pour le don d'organes), fondée à Montpellier. "C'est rarissime d'avoir une telle longévité du greffon", précise Gérard Garcia, le président de l'AFFDO.

La loi change

En janvier 2017, la nouvelle loi de santé devrait renforcer le principe de consentement présumé au don d'organe, datant de 1976. La future loi prévoit qu'à moins d'être inscrit sur le registre national de refus de don d'organe, la famille ne peut pas s'opposer officiellement à un prélèvement.

Reste que dans la pratique, l'avis de la famille est toujours prépondérant. D'où l'intérêt d'en parler avec ses proches et de leur faire connaître sa position. Le site dondorgane.fr permet notamment d'exprimer son choix.

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