Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Santé – Sciences

Une journée sport-santé avec des enfants à Saint-Apollinaire, pour les 30 ans de la première greffe du cœur à Dijon

jeudi 16 novembre 2017 à 20:40 - Mis à jour le jeudi 16 novembre 2017 à 20:42 Par Jacky Page, France Bleu Bourgogne

Il y a 30 ans, on greffait pour la première fois un cœur à Dijon. Un anniversaire célébré par le CHU en cette fin d'année. Ce jeudi 16 novembre, c'était en partenariat avec l'école Saint-Dominique, qui organisait une journée Sport-Santé avec les enfants, à Saint-Apollinaire.

Philippe Camus vit depuis 20 ans avec le cœur d'un donneur. Désormais, il peut faire du sport.
Philippe Camus vit depuis 20 ans avec le cœur d'un donneur. Désormais, il peut faire du sport. © Radio France - Jacky Page

Saint-Apollinaire, France

Sur le terrain du complexe sportif de Saint Apollinaire, des enfants courent. Ils doivent en faire trois fois le tour. Catherine Laurent, directrice de l'école primaire Saint Dominique, paie de sa personne en courant avec ses élèves. Il lui faut montrer l'exemple pour le message qu'elle veut faire passer : « On fait passer le message que pour avoir un cœur en bonne santé, il faut courir, bien manger, éviter les écrans, il faut aussi savoir secourir, car on peut trouver à côté de soi une personne qui a un souci au cœur, donc les enfants sont aussi initiés aux premiers secours, avec défibrillateur etc… »

Les enfants sont heureux de se défouler. Ziad, 9 ans, en a bien compris le principe, même si une bonne hygiène de vie peut avoir ses inconvénients « Il faut faire attention à ce qu’on mange, pas trop de sucré ou de salé. Mais parfois, on a quand même envie de manger un peu de sucré et de salé ! »

"La greffe, ça marche"

Pour accompagner les enfants dans leurs activités, trois personnes greffées du cœur sont venues. Elles ne sont pas là pour faire de la figuration et courent aux côtés des élèves. Philippe Camus a 47 ans. Ça fait 20 ans qu'il vit avec le cœur d'un donneur, car le sien souffrait depuis sa naissance d’une malformation, une communication entre les ventricules. Après plusieurs opérations, à l’âge de 27 ans, il a subi une transplantation, et sa vie a changé : « avant je n’avais pas de moyens physiques, et après la greffe j’ai pu faire des sports, comme du ski de descente ». Il participe à des compétitions internationales et a ramené des médailles. Dernièrement, il s’est même initié à la voile. Philippe Camus préside l’association Cardio-Greffes Bourgogne-Franche-Comté, et témoigne de son expérience pour montrer que « la greffe, ça marche ».

Se faire à l'idée de vivre avec le cœur d'un autre

Il dit penser souvent à celui auquel il doit la vie. C'est aussi le cas de Virginie Dury, 36 ans. Atteinte d'un cancer dans son enfance, elle s'en est sortie après une lourde chimiothérapie qui malheureusement lui a endommagé le cœur. Il y a deux ans, elle a été greffée et a dû se faire à l'idée de vivre avec le cœur d'un autre. « C’était difficile au début, j’avais très peur d’avoir le cœur de quelqu’un d’autre, et puis ça s’est construit progressivement, par un travail psy, aussi. Jusqu’à ce que je réalise que cet organe me sauvait la vie. Je ressens une profonde gratitude envers ce donneur dont je ne sais rien ».

Au CHU de Dijon, chaque année une dizaine de personnes bénéficient d'une greffe cardiaque. Les listes d'attente sont longues. Si ces vies sont en suspens, c'est parce que d'autres sont sauvées. Moins il y a d'accidents graves de la route, moins on trouve de donneurs potentiels, fait remarquer le professeur Roger Brenot, chirurgien cardio-vasculaire qui a participé à la première greffe à Dijon le 25 novembre 1987. Depuis, des centaines d’autres ont suivi, mais il y a toujours un instant dont il ne se lasse pas. Celui où le cœur qui vient d’être greffé se remet à battre : « c’est un moment magique ».