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Santé – Sciences

Une pneumologue strasbourgeoise milite pour un dépistage organisé du cancer du poumon

mardi 11 décembre 2018 à 17:49 - Mis à jour le lundi 17 décembre 2018 à 17:28 Par Corinne Fugler, France Bleu Alsace et France Bleu Elsass

C'est la première cause de mortalité dans le monde : le cancer du poumon. Il tue 31.000 personnes chaque année en France. Un chiffre qui pourrait être bien plus faible grâce au dépistage organisé. Ce que préconise une pneumologue strasbourgeoise.

Un dépistage par scanner permettrait de sauver la vie de nombreuses fumeuses
Un dépistage par scanner permettrait de sauver la vie de nombreuses fumeuses © Radio France - Nathanael Charbonnier

Strasbourg, France

Le cancer du poumon fait 31.000 morts chaque année en France. Le dépistage, bien encadré, des populations à risque, permettrait de réduire ces décès de 40 à 60% chez les femmes et de 25% chez les hommes. Pour le moment, les autorités de santé soutiennent essentiellement la lutte contre le tabagisme

Pour les experts de l'IFCT, Intergroupe francophone de cancérologie thoracique, du GOLF, qui rassemble des oncologues, et de la SIT, la Société d'imagerie thoracique, il faut proposer un calendrier de dépistage par scanner thoracique aux fumeurs et anciens fumeurs âgés de 50 à 74 ans. En effet, la radio du thorax ne suffit pas. Un scanner thoracique peu irradiant permet de détecter le cancer à un stade précoce. 

Cette mesure permettrait de sauver 7.500 vies par an en France, assurent ces experts.

Améliorer les chances de survie

Ils s'appuient sur une étude européenne réalisée par des chercheurs belges et néerlandais, l'étude NELSON, qui démontre l'efficacité du dépistage par scanner thoracique. Les chercheurs se sont intéressés à une population de 15.800 fumeurs et ex-fumeurs, donc une population à risque élevé de développer un cancer du poumon.  Ils ont constaté une baisse très significative de la mortalité, particulièrement chez les femmes touchées par cette pathologie.

Les participants à cette étude ont été répartis de manière aléatoire en deux groupes. L'un de ces groupes a subi des scanners thoraciques à intervalles réguliers pendant dix ans.  Les chercheurs ont ensuite comparé les taux de survie.  Chez les hommes qui avaient passé des scanners réguliers, ce taux de survie était de 26% plus élevé.

Repenser le dépistage du cancer du poumon

A Strasbourg, le Pr Elisabeth Quoix, qui suit au Nouvel Hôpital Civil, le NHC, 300 à 350 patients touchés par un cancer du poumon chaque année, suggère de prélever dix centimes sur chaque paquet de cigarettes vendu pour financer cette campagne de dépistage très ciblé et l'acquisition de nouveaux scanners. Le Pr Quoix préconise le dépistage pour les personnes qui fument ou ont fumé durant plus de 30 ans au moins dix cigarettes par jour, âgées de plus de 50 ans. Elle défend le dépistage organisé, c'est à dire encadré et pratiqué dans des centres spécialisés, avec une double lecture des résultats, comme cela se fait pour le dépistage du cancer du sein.

Ce dépistage organisé existe également déjà en France pour la prévention des cancers du colon et du col de l'utérus.

Le scanner permet un diagnostic précoce, assure le Pr Quoix

Le scanner permet une surveillance fine, explique le Pr Quoix