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Santé – Sciences

Une prise soutenue d'ibuprofène peut nuire à la fertilité masculine, selon une étude française

mardi 9 janvier 2018 à 8:12 Par Marina Cabiten, France Bleu

Des prises très régulières d'ibuprofène, un médicament répandu contre la douleur ou la fièvre, pourraient être nocives pour la fertilité masculine, avance une étude publiée lundi.

L'ibuprofène pris à haute dose et sur le long terme nuirait à la fertilité masculine, selon une étude franco-danoise.
L'ibuprofène pris à haute dose et sur le long terme nuirait à la fertilité masculine, selon une étude franco-danoise. © Maxppp -

Des prises très régulières d'ibuprofène, un médicament répandu contre la douleur ou la fièvre, pourraient être nocives pour la fertilité masculine, avance une étude menée auprès de sportifs et in vitro, publiée lundi.  "Attention à la prise soutenue d'ibuprofène chez l'homme", concluent des chercheurs français de l'Inserm et danois, qui ont examiné 31 sportifs âgés de 18 à 35 ans.  

Perturbateurs endocriniens

Près de la moitié (14) des hommes suivis dans l'étude ont pris ce médicament quotidiennement, et les autres (17) un placebo.  "La prise prolongée à des doses importantes d'ibuprofène (1200 mg/jour pendant six semaines) exerce chez les jeunes hommes des effets perturbateurs endocriniens sévères conduisant à un état appelé 'hypogonadisme compensé'", ont affirmé les chercheurs dans un communiqué de l'Inserm.  L'hypogonadisme compensé est un dérèglement dans le fonctionnement des testicules : un déficit en testostérone est contrebalancé par la suractivité d'autres hormones venues de l'hypophyse située à l'intérieur du crâne.  

Des conclusions contredites par d'autres chercheurs

"Le but n'est pas d'alarmer la population. Il est de dire que des hommes jeunes, qui prennent beaucoup d'ibuprofène sur de longues périodes, méritent de savoir que cela provoque des déséquilibres hormonaux", a expliqué à l'AFP Bernard Jégou l'un des chercheurs.  "Les bénéfices, par exemple pour un marathonien qui va en prendre avant et après l'épreuve, ne sont pas prouvés sur la performance ni sur la résistance à la douleur. En revanche, les risques pour sa santé sont avérés", a-t-il ajouté.  

Des manipulations in vitro, sur des testicules de sujets décédés qui étaient âgés en moyenne de 44 ans, ont par ailleurs confirmé l'effet nocif de l'ibuprofène.  Mais un professeur britannique, Allan Pacey, a estimé que si l'étude avait des mérites, le lien avec une potentielle baisse de la fertilité restait "actuellement de l'ordre de la spéculation"