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Santé – Sciences

Une vingtaine de personnes rassemblées ce mardi devant l'usine Sanofi de Mourenx, dans les Pyrénées-Atlantiques

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Par , France Bleu Béarn, France Bleu Gascogne

Une vingtaine de personnes se sont rassemblées mardi 16 octobre devant l'usine Sanofi de Mourenx (Pyrénées-Atlantiques). Le site a été fermé cet été à cause de rejets toxiques largement supérieurs aux normes. Le député La France insoumise François Ruffin, la CGT et des associations étaient présents.

Des membres de l'Apesac étaient présents devant l'usine Sanofi de Mourenx, mardi 16 octobre.
Des membres de l'Apesac étaient présents devant l'usine Sanofi de Mourenx, mardi 16 octobre. © Radio France - Clémentine Vergnaud

Mourenx, France

Ils étaient une vingtaine, mardi 16 octobre à 12h, à se rassembler devant l'usine Sanofi de Mourenx (Pyrénées-Atlantiques). Le député La France insoumise de la Somme François Ruffin, des représentants de la CGT, une association de malades de la Dépakine et une association de défense de l'environnement étaient présents. Leur objectif : alerter sur les rejets toxiques de l'entreprise pharmaceutique. Début juillet, l'usine qui fabrique la Dépakine, un anti-épileptique accusé d'être à l'origine de troubles du développement nerveux, avait fermé après que l'association France nature environnement avait porté plainte. L'entreprise rejetait des doses de bromopropane 190 000 fois plus élevées que la norme. Le site a repris son activité normale le 3 septembre. S'il présente des rejets conformes pour le bromopropane, ses émissions de valproate restent pour l'instant supérieures aux taux fixés par un arrêté préfectoral du 31 août. De quoi inquiéter syndicats et associations.

Je conseille à tous les riverains de demander un taux de dépakinémie

"Je conseille à tous les riverains, hommes ou femmes, de demander un taux de dépakinémie, c'est-à-dire de mesurer la Dépakine dans le sang pour voir s'ils en ont dans l'organisme", appelle Marine Martin, présidente de l'Association d'aide aux parents d'enfants souffrant du syndrome de l'anti-convulsivant (Apesac). Elle estime que ce type d'initiative "aura un impact" sur les pouvoirs publics et le groupe Sanofi. Elle dit n'avoir aucun doute concernant le caractère positif de ces analyses. "Ce sera toujours un élément de preuve, s'ils ont des soucis de santé, pour dire qu'ils ont été intoxiqués par inhalation." La présidente de l'Apesac affirme avoir déjà reçu des témoignages de femmes ayant fait doser leur dépakinémie. "Elles ont de la dépakine dans le sang alors qu'elles n'en ont jamais consommé. C'est quand même étrange !" Elle assure que ces personnes souhaitent rester anonymes. "Elles ont peur pour leur boulot, pour les conséquences que ça pourrait avoir. C'est compliqué pour ces gens de s'exprimer."

Tous demandent une étude épidémiologique

Syndicats et associations demandent une étude épidémiologique pour vérifier si les salariés et les riverains sont contaminés par la Dépakine. Bien que les services de l'Etat en mènent déjà une à l'échelle du bassin de Lacq, il faudrait selon eux en mener une exclusivement cantonnée au site du laboratoire pharmaceutique.  "On demande à ce qu'il y ait des choses qui soient faites pour vérifier s'il y a eu ou pas intoxication. Un laboratoire pharmaceutique responsable devrait se poser cette question et amener des éléments de réponse concrets", estime Jean-Louis Peyren, coordinateur adjoint de la CGT Sanofi.  

Cependant, l'Etat doit aussi contrôler les rejets de l'entreprise, selon eux. Problème : il n'y a pas assez de bras pour ça au sein des services de l'Etat. La direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal) manque de moyens humains : "C'est lamentable parce qu'on sait que les inspections sont faites une fois dans l'année mais elles ne peuvent pas être faites en totalité parce que c'est trop complexe", déplore Cathy Soublès, vice-présidente de Sepanso 64, une association de défense de l'environnement. 

Le député La France insoumise de la Somme François Ruffin, lui, pointe du doigt l'Etat. Il estime que l'Elysée s'est montré trop complaisant avec Sanofi. "Les dirigeants de Sanofi devraient faire dans leur froc, se demander quand ils seront poursuivis parce que les riverains et les salariés ont avalé de la Dépakine pendant des années. Il y a une complicité du sommet de l'Etat avec le laboratoire pharmaceutique." Contacté, Sanofi n'a pas souhaité faire de commentaires. Le groupe industriel a jusqu'à la mi-novembre pour présenter des rejets en conformité avec l'arrêté préfectoral pris fin août.

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