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Santé - Sciences

"Urgentime", l'appel vidéo simplifié qui peut sauver des vies

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Par , France Bleu Paris, France Bleu

Témoin d'un accident, vous avez du mal à décrire l'état de la victime aux pompiers ? Avec "Urgentime", votre smartphone s'en chargera bientôt pour vous. Objectif de cette innovation : sauver des vies.

"Urgentime", l'appli qui vous permet d'être les yeux des secouristes.
"Urgentime", l'appli qui vous permet d'être les yeux des secouristes. - DR

Comme souvent avec les bonnes idées, tout part d'une expérience de vie. Mauvaise en l'occurrence : un accident de la route. Mais l'histoire se termine bien. Voire très bien puisque "Urgentime" s'apprête visiblement à s'inviter dans nos vies quotidiennes.

"Urgentime" c'est une innovation imaginée par Anthony Tabuyo et qui va révolutionner les appels d'urgence aux pompiers ou au SAMU. Tout en restant en ligne avec le 18 ou le 15, un témoin d'accident pourra désormais accepter que le régulateur prenne la main sur la caméra de son smartphone pour voir de lui-même les lieux, la victime, les gestes de premiers secours, etc.

J'ai frôlé la paralysie parce que le conducteur qui m'a renversé n'a pas su décrire mon état

Une simple idée qui aurait pu éviter bien des sueurs froides à ce jeune niçois d'origine. Il y a sept ans, le motard se fait renverser par une voiture. "Quand les pompiers sont arrivés, ils ont réalisé mon état. Ils n'avaient pas compris au téléphone que la situation était si grave", se souvient Anthony Tabuyo. Il aurait fallu une équipe médicalisée en réalité. Pas un équipage basique de transport. Le motard frôle la paralysie pendant tout le trajet vers l'hôpital alors qu'une simple photo aurait permis aux pompiers d'arriver avec la bonne équipe directement. "L'idée avec "Urgentime" c'est de leur apporter ce supplément d'information qu'ils n'ont pas aujourd'hui." Il lui faudra cinq bonnes années pour recruter des développeurs, trouver les bonnes portes auxquelles frapper, les bonnes personnes à convaincre.

Au centre, Anthony Tabuyo et son équipe. A gauche : Jovien Chappex et Benoit Datcharry, les développeurs. A droite, Romain Tabuyo, l'office manager. - Radio France
Au centre, Anthony Tabuyo et son équipe. A gauche : Jovien Chappex et Benoit Datcharry, les développeurs. A droite, Romain Tabuyo, l'office manager. © Radio France - Faustine Mauerhan

Mais alors concrètement ? Parce que les applications d'appels vidéo existent déjà. Facetime, Skype, Messenger. "C'est ce qu'on voulait faire au début", reconnait l'entrepreneur. Mais cela aurait été trop simple. Deux raisons. "D'abord on s'est rendu compte que demander à chacun de télécharger une application sur des smartphones toujours pleins et de l'utiliser le jour J, dans le stress d'un accident, allait être compliqué." Mais surtout, cela n'aurait pas intéressé les pompiers. "Cela aurait posé un problème de sécurité", explique Anthony Tabuyo. "On a tous fait des visioconférences avec une mauvaise connexion internet, l'image se fige et on ne s'entend plus. Ce qui est pénible mais pas grave pour une réunion, peut coûter la vie d'une victime dans un accident de la route. On s'est donc lancé un défi avec l'équipe : est-ce qu'on peut imaginer un appel vidéo sans application mobile ? Réponse technologiquement : non. Mais on a trouvé un moyen."

Anthony Tabuyo : "Aujourd'hui, on peut déclencher la vidéo en 10 secondes, sans téléchargement, sans inscription."

Ce moyen, c'est un sms envoyé par le médecin ou le pompier à l'autre bout du téléphone. Il suffit alors de suivre un lien et d'accepter l'utilisation de la caméra. "Aujourd'hui on arrive à démarrer la vidéo en moins de 10 secondes sur n'importe quel smartphone sans aucun prérequis, pas de téléchargement, pas d'inscription, c'est gratuit et disponible sur tous les smartphones de France", se réjouit le trentenaire. 

Mais une fois le challenge technologique relevé, restait encore à équiper les SDIS (service départemental d'incendie et de secours) et les SAMU de France. Pour cela, Anthony Tabuyo a pu compter sur une fée des horloges. Perfect timing en effet, la ministre de la Santé vient de décider de subventionner les appels vidéo dans les SAMU à hauteur de 15 millions d'euros entre 2020 et 2022. "On a une autoroute devant nous, il reste plus qu'à se faire connaître", reconnaît-il. Et les choses avancent. Le SAMU de Nantes, notamment, va tester "Urgentime" dans les prochaines semaines. Celui des Yvelines devrait suivre rapidement.

Des entreprises privées déjà convaincues

Et pour convaincre, Anthony Tabuyo a dans sa poche un autre argument de poids : l'argent. Car cette bonne idée ne coûte pas cher, au contraire, elle pourrait permettre des économies. "Une intervention de pompiers coûte très cher", rappelle l'entrepreneur. "Pas aux victimes, c'est la sécurité sociale qui prend tout en charge. Mais ça coûte 1.000 euros. Il y a quatre millions d'interventions chaque année, dans ces quatre millions d'interventions, beaucoup ne sont pas justifiées, mais personne ne peut le savoir avant de se déplacer. Par défaut, évidemment que les pompiers se déplacent. Au cas où. Mais si la vidéo peut aussi aider à mieux diagnostiquer le niveau d'urgence, éviter de faire déplacer tout un camion, des équipes pour une brûlure au doigt, ça fera économiser beaucoup d'argent."

Un argument qui a d'ores et déjà convaincu plusieurs entreprises privées. "Notre technologie intéresse beaucoup les services après-vente notamment. Imaginez votre machine à café tombe en panne, vous appelez votre service client, au lieu de vous envoyer un réparateur, la marque peut vous dépanner à distance avec la vidéo." 

"Ce n'était pas l'ambition de base, reconnaît Anthony Tabuyo, mais ces contrats avec des sociétés privées nous permettent aussi de baisser nos prix pour les SDIS et les SAMU." Le marché de la police intéresse aussi fortement l'entrepreneur. 

Urgentime, l'appli qui va sauver des vies.

"Urgentime" partenaire de Paris 2024

Une première collaboration avec les forces de l'ordre verra d'ailleurs peut-être le jour pour les Jeux Olympiques à Paris en 2024. Car "Urgentime" a gagné un prix "Smart Paris 2024" en 2016 et a intégré le comité d'organisation des JO. "Pendant les jeux olympiques, il y aura des dizaines de millions de visiteurs dans Paris. Il y aura forcément des accidents. Avec les étrangers, dans le stress d'un accident, la communication risque d'être compliquée. Le comité organisateur des JO est donc intéressé par la vidéo pour faciliter les échanges, localiser les incidents etc."

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