Santé – Sciences

Vaccin contre la grippe : les aquitains mauvais élèves de la classe

Par Pierre-Marie Gros, France Bleu Gironde lundi 12 octobre 2015 à 14:18

Campagne de vaccination - illustration -
Campagne de vaccination - illustration - © Maxppp

A l'heure le vaccin contre la grippe arrive dans leurs officines, les pharmaciens d'Aquitaine lancent une campagne pour inciter les patients à "se faire piquer".Histoire de prouver aux habitants de la région plus réticents que d'autres, que le vaccin les protège de maladies parfois mortelles.

La campagne de vaccination contre la grippe vient de débuter .  Pour toutes  les personnes à risques, notamment les plus de 65 ans et les patients qui souffrent de maladies respiratoires c'est gratuit , et le vaccin est d'ores et déjà disponible dans les pharmacies.

Sauf que l'Aquitaine souffre de façon générale d'un déficit de vaccination. Les chiffres chez nous sont en dessous de la moyenne nationale : moins d'une personne concernée sur deux s'est fait vacciner contre la grippe dans notre région l'an dernier, alors que la moyenne nationale est de 65%). Un déficit également constaté pour la vaccination contre l'hépatite B. 

D'où la campagne d'information lancée par les pharmaciens d'Aquitaine pour inciter leurs patients à se faire "piquer". Les doutes autour des ces vaccins ont gagné du terrain. Or, ils ne concernent pas que les nouveaux-nés , et les maladies dont ils protègent n'ont pas toutes disparu.

Il faut , sans culpabiliser les gens, leur dire que la vaccination ne peut marcher que si c'est collectif. C'est surtout à l'adolescence et à l'âge adulte, pour les rappels, qu'on constate ce déficit de vaccination.

—Bernard Capdeville, président de l'Union Régionale des Pharmaciens d'Aquitaine .

"On a assisté à une recrudescence de tuberculose en région parisienne"

Certains ne veulent pas en effet entendre parler du vaccin contre la grippe.

Le jour où mon papa s'est fait vacciner pour la première fois, il a eu une grippe terrible. Moi, je me soigne par l'homéopathie, et je ne suis pas malade de tout l'hiver !

—Anne-Marie, septuagénaire bordelaise

Une vaccination - illustration -  - Maxppp
Une vaccination - illustration - © Maxppp

Face à ces réticences, les professionnels de santé doivent de plus en plus convaincre leurs patients

"Les gens ne doutent pas de l'intérêt des vaccins de la petite enfance. En revanche, pour la grippe,  ils disent à quoi bon ? On peut en mourir, ou avoir des complications très graves.

—Le docteur Nicolas Brugère, médecin à Bordeaux, et adjoint au maire en charge de la santé des seniors.  

"A nous de lever les doutes qui existent"

D'autres voient très bien revanche l'intérêt de se faire vacciner contre la grippe.

Celà fait 3 ans, et jusque là , je n'ai jamais été malade, et je vais recommencer cette année. Je n'ai aucune réticence, je fais confiance à la médecine. Mais sur les autres vaccins, je ne suis pas à jour, par négligence.   Je pense que je ne suis pas concernée, sans doute à tort"

—Anne-Marie, 68 ans

"On a plus intérêt à se faire vacciner qu'à ne pas le faire"

La grippe a fait l'an dernier 13 mille morts en France