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"On est dans la bonne voie", le responsable virologie au CHU Toulouse fait le point sur la vaccination

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Par , , France Bleu Occitanie

Alors qu'un nouveau vaccin pourrait bientôt arriver en France, le chef du service virologie au CHU Toulouse fait le point sur la vaccination. Il estime que l'on a atteint un "rythme de croisière".

Le professeur Jacques Izopet, virologue au CHU de Toulouse
Le professeur Jacques Izopet, virologue au CHU de Toulouse © Radio France - France Bleu / France 3

Il devrait bientôt y avoir un quatrième vaccin contre le Covid en France. La Haute Autorité de Santé examine en ce moment le dossier de l'Américain Johnson et Johnson. Un vaccin pointé du doigt, car possiblement lié à des cas thromboses, mais le bénéfice - risque reste en sa faveur selon les autorités de santé européennes. Ce nouveau vaccin devrait permettre de déployer encore plus largement la stratégie vaccinale française. Le chef du service virologie au CHU de Toulouse, le professeur Jacques Izopet, fait le point sur l'actualité de la vaccination ce mercredi 21 avril sur France Bleu Occitanie.

Un Français sur quatre a reçu au moins une dose de vaccin contre le Covid-19. Emmanuel Macron a dit hier soir "On est sur la bonne voie". Vous êtes optimiste, vous aussi ?

Oui, oui, je suis optimiste et en effet, je pense qu'on est dans la bonne voie. De plus en plus de personnes ont l'opportunité de se faire vacciner. Les problèmes de livraison des vaccins maintenant semblent s'estomper. Je pense que le régime de croisière est suffisamment élevé et adapté à la situation.  

Hier, l'Agence européenne du médicament a validé le vaccin. Johnson Johnson, on attend la décision pour la France. Ça serait bientôt peut être un quatrième vaccin. Ça va changer quoi alors ? 

Effectivement, comme je le disais, un nombre plus important d'accès à la vaccination  sera assuré par l'arrivée de ce nouveau vaccin (...) Les experts de l'Agence européenne des médicaments ont montré un lien possible entre la survenue de thrombose veineuse, de localisation atypique, en particulier cérébrale, et l'administration du vaccin. Mais c'est un événement très rare et le bénéfice risque peut donc être tout à fait favorable à l'utilisation du vaccin. 

Pour y voir plus clair, rappelez-nous quels sont les vaccins qu'on utilise aujourd'hui en France et dans quelles proportions ?

On distingue deux grandes catégories de vaccins disponibles en France : les vaccins ARN messagers, dont le vaccin de Pfizer et le vaccin Moderna, et la deuxième catégorie de vaccins, celle des vaccins adénovirus. Ces vaccins adénovirus, ce sont les vaccins AstraZeneca et Johnson et Johnson. On a beaucoup parlé effectivement d'AstraZeneca, qui a été décrié.

Il y a des gens qui n'en veulent pas, qui ne veulent plus en entendre parler, et qui ont peur de se faire vacciner avec ce vaccin. Mais on ressent aussi peut-être l'effet inverse. Quand on parle des ARN messagers de Pfizer, c'est une technologie un peu nouvelle, qui peut faire peur. Il y a des gens qui veulent du AstraZeneca, aussi parce que c'est le médecin généraliste qui va leur administrer. 

Cela dit, je pense qu'il y avait effectivement une certaine incertitude au départ, mais le recul à la fois donné par les essais cliniques et surtout par l'utilisation pratique courante d'un autre pays, mais également au niveau international, font que les vaccins messagers sont eux considérés comme efficaces et sûrs.

Donc, il n'y a pas de difficultés particulières, au contraire. Je pense que cette technologie sera particulièrement adaptée pour modifier ces vaccins. Si cela était nécessaire, si le virus évoluait, par exemple. Donc, c'est une technologie qui est tout à fait intéressante. Je pense que c''est une technologie d'avenir. D'autres maladies infectieuses pourront en bénéficier. 

On parle de ces vaccins qui arrivent, avec peut être un quatrième fournisseur en France avec Johnson et Johnson. Où en sont les autres laboratoires ?  Est ce que Sanofi, par exemple, va arriver après la bataille ?

Non. Sanofi n'arrivera pas après la bataille et d'autres types de vaccins sont toujours en développement. Il faut savoir qu'une centaine de vaccins sont à des stades très avancés et le vaccin de Sanofi sera très probablement un élément supplémentaire pour lutter contre le Covid.

Le PDG de Pfizer a dit il y a quelques jours : il faudra certainement une troisième dose, peut-être même un vaccin chaque année. C'est ça fondé sur des arguments scientifiques ? Ou c'est juste un patron qui y voit un moyen de se faire un peu plus d'argent avec une troisième dose ?

Non. Je pense que comme pour d'autres vaccins, pour avoir une efficacité prolongée, des administrations supplémentaires seront peut-être nécessaires. Pour l'instant, on ne le sait pas exactement. Ce qu'on sait, c'est que pour certaines personnes, en particulier les personnes immuno-déprimées qui répondent moins bien aux vaccins disponibles, une troisième dose sera proposée et je pense que c'est une bonne chose. 

Mais ça pourrait comme pour la grippe ? Avec l'habitude de se faire vacinner chaque année ?

Si cela est nécessaire. Oui, on sait quand même que même s'il y a ce risque d'émergence de nouveaux variants, le virus évolue moins que celui de la grippe. Donc, la fréquence d'administration, pour l'instant, n'est pas déterminée. Mais si cela était nécessaire, et donc avec les technologies dont on dispose, effectivement, de nouvelles administrations seront effectuées.

Un point rapide sur la situation dans la région. Il y a un conseil des défense sanitaire aujourd'hui à l'Elysée. On réfléchit pour la suite. Ou en termes d'occupation de lits de réanimation, au CHU de Toulouse, ça va mieux ou pas ?

Alors ça va mieux. Pour l'instant, c'est le CHU de Toulouse. Il y a 152 patients qui sont hospitalisés. Il y a encore une tension en réanimation dans les services de soins critiques, mais les choses sont stabilisées à un niveau élevé. Mais ça va mieux.

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