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Vaccination contre le Covid-19 : la France prend-elle trop de précautions ?

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

Alors que l'on dénombre moins de 100 résidents d'Ehpad vaccinés depuis dimanche dans notre pays, l'Allemagne compte déjà plus de 18.000 doses distribuées. La France prend-elle trop de précautions dans le déploiement de la campagne de vaccination ?

Les premières vaccinations ont débuté dimanche, ici dans un Ehpad de Dijon
Les premières vaccinations ont débuté dimanche, ici dans un Ehpad de Dijon © Maxppp - Philippe Bruchot

"Je ne confonds pas vitesse et précipitation", a expliqué le ministre de la santé Olivier Véran mardi soir sur France 2 pour justifier le retard à l'allumage de la vaccination en France. Depuis dimanche, moins de 100 personnes ont reçu le vaccin, quand l'Allemagne en compte plus de 18.000, le Royaume-Uni plus de 800.000 et les États-Unis plus de deux millions. Une stratégie critiquée notamment par des personnalités politiques de droite, du centre et de gauche. France Bleu fait le point.

Le temps de la pédagogie

Si la France semble prendre son temps, c'est aussi par souci de pédagogie, pour ne pas alimenter la méfiance déjà bien ancrée contre le vaccin. D'après un récent sondage de l'institut BVA pour le Journal du Dimanche, moins de la moitié de la population compte se faire vacciner, l'un des quatre plus bas niveau sur 32 pays testés. 

"Je pense qu'il est légitime que les gens se posent des questions à partir du moment où ce vaccin ou ces vaccins sont tous neufs, ils viennent à peine d'être testés. Mais ils l'ont été de façon extrêmement rigoureuse sur des dizaines de milliers de volontaires de par le monde", a commenté ce mercredi sur franceinfo le professeur Alain Fischer, pédiatre et immunologiste, coordinateur de la stratégie vaccinale en France.

"Je comprends très bien l'impatience", a-t-il ajouté, répondant aux critiques. "Nous sommes tous impatients de pouvoir être vaccinés, mais (...) il faut raison garder et organiser les choses convenablement, que tout se passe en sécurité en respectant aussi les règles d'éthique". La France est le seul pays à réaliser une consultation préalable avec le patient. Des échanges pour évoquer ses potentielles réactions allergiques ou pour l'informer des éventuels effets secondaires du vaccin. La famille ou les tuteurs peuvent également être consultés avant la piqûre. 

Un défi logistique 

Les injections au compte-goutte s'expliquent aussi par la question de la logistique. Les 300 millions de doses commandées par l'Union Européenne à Pfizer-BioNTech doivent être partagées entre les 27 États, et l'acheminement dépend en grande partie du rythme de production du laboratoire. 

"Le vaccin est difficile à transporter, difficile à conserver", souligne le professeur Alain Fischer. L'acheminer dans les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes, "ça prend du temps, c'est compliqué" a-t-il insisté avant de promettre une augmentation "croissante" de la vaccination : "Il y a un plan qui a été mis en place et qui va permettre de façon croissante, tout le long du mois de janvier, de vacciner ces personnes. Le plan est de faire que d'ici février, près d'un million de personnes qui sont dans différents types de résidences puissent être vaccinées. Il faut faire les choses correctement."

"On pourra débuter en février la vaccination d'autres personnes qui en ont besoin : les personnes âgées qui résident chez elles, les personnes malades, les professionnels de santé âgés de plus de 50 ans par exemple", a-t-il poursuivi. 500.000 doses sont arrivées en France cette semaine et "encore 500.000 doses arriveront la semaine prochaine", explique Alain Fischer. "Des livraisons supplémentaires viendront ensuite en février-mars".

Vaccin de Pfizer-Biontech : la logistique mise en place en France
Vaccin de Pfizer-Biontech : la logistique mise en place en France © Visactu

La stratégie vaccinale "force à aller plus lentement"

La stratégie vaccinale fixée par le gouvernement peut aussi expliquer cet écart. Pour le moment et jusqu'à fin février, la France ne vaccine les résidents qu'en Ehpad quand l'Allemagne a déjà mis sur pied plusieurs vaccinodromes, des grands centres de vaccination capables d'accueillir seniors et soignants à un rythme beaucoup plus soutenu. 

"Nous vaccinons au premier chef les personnes âgées qui résident dans des établissements en longue durée, parce que ce sont les personnes de loin les plus fragiles, les plus vulnérables et aussi les plus exposées, si on pense aux différents "clusters" observés tout au long de l'année, rappelle Alain Fischer. Cette stratégie a une conséquence, elle force à aller plus lentement, car il faut savoir qu'il y a environ 14.000 établissements de ce type en France et que le vaccin est difficile à transporter, difficile à conserver."

Pas question pour autant de changer de direction. "Nous avons fait le choix de vacciner les personnes âgées en Ehpad et non pas de les faire se déplacer. Et donc ça prend un peu plus de temps au démarrage, ce délai je l'assume. Ce qui compte c'est qu'à la fin du mois de janvier nous aurons rattrapé le décalage", a expliqué sur France 2 Olivier Veran. 

Vaccin anti-Covid en France : ce qu'il faut savoir
Vaccin anti-Covid en France : ce qu'il faut savoir © Visactu
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