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Dossier : Coronavirus Covid-19

Vaccins : "Les gens sont demandeurs et la problématique des effets secondaires est passée"

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Par , , France Bleu Isère

Depuis ce jeudi 25 février, les médecins généralistes ont accès au vaccin Astra-Zeneca contre le Coronavirus, mais pas pour tous les patients. Gilles Perrin, médecin et membre du syndicat de généralistes MG France était l'invité de France Bleu Isère ce vendredi.

Vacciné par son médecin de famille, Loïc, 63 ans, reviendra ici-même dans six semaines pour recevoir sa deuxième injection
Vacciné par son médecin de famille, Loïc, 63 ans, reviendra ici-même dans six semaines pour recevoir sa deuxième injection © Radio France - François Desplans

Vous le réclamiez ardemment, maintenant les médecins généralistes peuvent vacciner. Comment ça se passe, vos patients ont pris rendez-vous?

Oui ça fait deux mois qu'on est prêt à vacciner nos patients. Il y a 15 jours environ en pleines vacances on a dû s'inscrire dans nos pharmacies, près du cabinet, pour commander des vaccins. Et jusqu'à hier (jeudi, ndlr) je ne savais pas si j'allais avoir les doses commandées ou pas, donc ça a été un peu compliqué. Mais hier j'ai eu un flacon de vaccin ; donc j'avais une liste d'attente de patients prioritaires en accord avec la réglementation. Et ce matin je commence.

Gilles Perrin, médecin et membre du syndicat MG France en Isère

Vous qui "hiérarchisez" les patients?

On a une expression qui est "prioriser". Prioriser selon la réglementation en cours, les recommandations. Nous n'avons que le vaccin Astra-Zeneca dans les cabinets en raison des conditions de conservation du Pfizer. (Avec le vaccin Astra-Zeneca) on ne peut vacciner qu'en dessous de 65 ans donc déjà j'ai priorisé les patients qui ont moins de 65 ans et qui ont des facteurs de risque ou des comorbidités. Avec  cette liste j'ai réservé des créneaux horaires pour les patients en leur disant : "attention vendredi je vais avoir des vaccins probablement. Tenez vous prêt, il faut que vous soyez là tout de suite parce que le vaccin de se garde pas très longtemps".

Ce vaccin Astra-Zeneca a été critiqué et hier le Monsieur vaccin du gouvernement a plutôt été rassurant là-dessus. Faites-vous confiance à ce vaccin ?

Il faut savoir ce que c'est qu'un vaccin. Un vaccin c'est une réaction immunitaire provoquée chez les gens et donc forcément il y a des réactions qui sont souvent minimes, mais c'est le principe d'un vaccin : on provoque une réaction chez les gens. Maintenant le débat a complètement changé chez les patients. Avant effectivement c'était "Est-ce que vous croyez que les vaccins c'est dangereux?" Maintenant c'est : "Je veux le vaccin ! Quand est-ce que je peux l'avoir ? Aidez-moi à avoir un vaccin !" Les gens sont demandeur et la problématique des effets secondaires est vraiment passé. Les mouches ont changé d'âne. Etre vacciné, avoir une immunité réelle avec le vaccin, c'est la seule chose qui marche .

On est donc passée d'une méfiance envers le vaccin à une attente : du coup on se bouscule à votre porte? 

J'ai dû prioriser. Dans mon logiciel j'ai pu faire une requête : j'ai pris ceux qui avaient le plus de facteurs de risque, de comorbidité. C'est un choix éthique. Du coup tous les patients qui ont 62 ans et qui ont une petite hypertension d'un seul coup ils ont une grosse hypertension! Ils me disent : "Docteur je suis hypertendu". Ce sont les patients insuffisants rénaux, des patients qui ont des cancers, des gros traitements, des poly-comorbidité que je priorise. Et j'ai d'autres patients qui n'arrivent pas à avoir le vaccin Pfizer. Par exemple j'ai un patient trisomique qui est vraiment prioritaire parce qu'il est vraiment à risque : hé bien sa maman qui n'a pas internet a essayé d'appeler au téléphone tous les centres de rendez-vous. Elle tourne en rond depuis 15 jours! Des gens m'appellent à l'aide depuis depuis presque deux mois .

Plus de 2.650.000 Français ont déjà reçu une première dose. Le gouvernement parle d'ouvrir la vaccination à tous les plus de 65 ans à partir de début avril ; objectif mi-mai pour les plus de 50 ans. Est-ce que ça va assez vite selon vous ?

C'est un problème cette rareté des vaccins. Il faut bien comprendre qu'il y a un an on nous aurait dit "on commencera à vacciner dans un an", on aurait été très contents. On est dans une rareté mondiale et forcément il faut y aller par échelon : on a fait d'abord les plus anciens, et puis après les un peu moins anciens. Le gros problème ce sont les 65-75 ans parce qu'ils sont trop vieux pour le vaccin Astra-Zeneca (puisque pour le moment on ne peut l'administrer qu'en dessous de 65 ans) et trop jeunes pour le Pfizer. Car en ce qui concerne le vaccin Pfizer on a priorisé les plus anciens et qu'en plus on a des problèmes de sécurisation des secondes doses. On garde une deuxième dose pour ceux qui ont déjà eu une première dose. Du coup il y a toute une catégorie de patients un peu âgés, qui ont quand même quelques comorbidités, et qui attendent... c'est le "trou" des 65-75 ans. Et moi je passe mon temps à leur dire : "Soyez patient. Respectez les gestes barrière et ça va venir, ça va venir..."

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