Santé – Sciences

A Valenciennes, les malades d'Alzheimer prennent le train, pour ne pas fuguer

Par Cécile Bidault, France Bleu Nord mercredi 21 septembre 2016 à 6:00

La vraie-fausse gare, dans l'unité Alzheimer de la maison de retraite
La vraie-fausse gare, dans l'unité Alzheimer de la maison de retraite © Radio France - Cécile Bidault

La maison de retraite Notre Dame de la Treille, à Valenciennes, va expérimenter, pour la première fois en France, la thérapie du voyage. Les patients atteints de la maladie d'Alzheimer, qui ont souvent besoin de bouger -au risque de fuguer- pourront s'installer à bord d'un train virtuel.

Cela s'appelle la thérapie du voyage. Imaginée par un médecin italien, elle est utilisée en Italie et en Suisse. Pour la première fois en France, le système vient d'être installé à Valenciennes. L'EHPAD Notre Dame de la Treille expérimentera, à partir de début octobre, une gare virtuelle. Une pièce de l'établissement est transformée en véritable décor de film : panneau d'affichage, horloge, banc pour patienter, guichet, tout rappelle l'univers de la gare.

La gare virtuelle - Radio France
La gare virtuelle © Radio France - Cécile Bidault

Avec un soignant, le patient prendra place dans le wagon, sur l'un des quatre vrais sièges de train. Sur un écran défilent des images du paysage : campagne, ville, mer, le décor change en fonction des saisons. C'est un voyage immobile, "qui apaise le malade" selon Emmanuelle Tiry, la directrice de la maison de retraite. "C'est un moment privilégié d'écoute, qui réduit les troubles de l'anxiété, l'agressivité, et la déambulation".

Emmanuelle Tiry, directrice de l'EHPAD Notre Dame de la Treille

Jusqu'à 10 km de marche par jour

Car l'une des caractéristiques de la maladie d'Alzheimer, c'est que les personnes qui en sont atteints ne tiennent pas en place. C'est ce qu'on appelle la déambulation. Ils peuvent marcher jusqu'à 10 km par jour, jusqu'à épuisement. Cette thérapie du voyage "lui permet de partir" explique Laura Drissi, infirmière coordinatrice - partir virtuellement-, et de réduire ces déambulations.

Le wagon virtuel - Radio France
Le wagon virtuel © Radio France - Cécile Bidault

Une fugue organisée

L'une des conséquences de ce besoin de marcher, chez les malades d'Alzheimer, c'est le risque de fugue. Même si la maison de retraite valenciennoise, toute neuve, est sécurisée, le personnel doit être vigilant. Avec ce vrai-faux train, "on organise la fugue", analyse Emmanuelle Tiry, "c'est une manière de réduire le risque". L'objectif, c'est aussi de diminuer la consommation de médicaments, notamment d'anxiolytiques, en calmant le patient.

Reportage à la maison de retraite