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Santé - Sciences

Vétérinaire en milieu rural, une espèce en voie de disparition

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Par , France Bleu Gard Lozère

Après les déserts médicaux, la ruralité est confrontée aux déserts vétérinaires. Sur les 18 500 vétérinaires que compte la France, seuls 4 000 exercent encore en zone rurale. Pourtant, c’est à la campagne que se trouve la majorité des animaux.

Un chien gravement blessé après un accident de chasse en Lozère
Un chien gravement blessé après un accident de chasse en Lozère © Radio France - SAID MAKHLOUFI

Lozère, France

Alors que le film "Les vétos" vient de sortir en salles pour dénoncer le manque de vétérinaires à la campagne, TDC le magazine de la rédaction de France Bleu Gard Lozère vous propose de découvrir le quotidien de vétérinaires en Lozère. Saïd Makhloufi a suivi une jeune vétérinaire qui débute dans le métier et d'un autre, proche de la retraite.

Dans le nord du département, Adeline possède une écurie et quelques beaux spécimens, l’un d’eux Ramsès ne va pas très bien. Antoine Séguin, vétérinaire depuis 35 ans, intervient : "c’est un cheval qui a déclenché une sorte d’eczéma, je vais faire une biopsie pour savoir exactement de quoi, il s’agit".

Après avoir administré un tranquillisant au cheval, Antoine effectue le prélèvement. Face à lui Adeline qu‘il connaît depuis 18 ans. "Je vois plus Antoine que mon médecin traitant, il vient pour les vaccins, les petits et les gros bobos, les chiens, les chats. Je sais qu’il va bientôt prendre sa retraite, c’est une grande perte"

Le reportage de Said Makhloufi

Après avoir administré un tranquillisant au cheval, Antoine effectue le prélèvement - Radio France
Après avoir administré un tranquillisant au cheval, Antoine effectue le prélèvement © Radio France - SAID MAKHLOUFI
 Antoine Séguin, vétérinaire de campagne  - Radio France
Antoine Séguin, vétérinaire de campagne © Radio France - SAID MAKHLOUFI

Le travail ici est terminé, mais la journée d’Antoine pas encore. Le vétérinaire de 62 ans a encore des visites à faire. Chaque semaine au volant de son 4x4 Duster, il parcourt des centaines de kilomètres. Été comme hiver, de jour comme de nuit, Antoine sillonne la campagne pour soigner les animaux. 

Cette nuit, j’ai été réveillé à 3 h du matin pour une urgence, une vache avec un sérieux problème obstétrique. Le problème du vétérinaire en milieu rural, c’est le milieu rural. Il faut être attiré par la campagne. Moi, j’ai grandi à Paris, mais j’ai toujours rêvé de la campagne et j’ai fait ce métier pour travailler en zone rurale. C’est un métier qui a des contraintes et c’est pour ça que c’est difficile, il n’y a pas d’horaires, on est tout le temps sollicité, mais j’ai la reconnaissance des éleveurs, ils savent qu’il y a une crise dans notre profession surtout à la campagne et ça les inquiète beaucoup".

Antoine fait beaucoup de route. Il assure également les urgences qui peuvent l'amener à devoir intervenir en pleine nuit... - Radio France
Antoine fait beaucoup de route. Il assure également les urgences qui peuvent l'amener à devoir intervenir en pleine nuit... © Radio France - SAID MAKHLOUFI

C’est peut-être la dernière année de vétérinaire d’Antoine, la retraite approche. Le département comme la grande majorité des zones rurales manquent de vétérinaires. Les jeunes préfèrent s’installer en ville, c’est moins contraignant. Heureusement certains font le choix de la campagne. Dans son cabinet, Florine Parsis doit gérer une urgence, une grosse urgence. Un chien gravement blessé après un accident de chasse. "Je vais lui poser un cathéter après, on ira au bloc opératoire". Florine s’adresse au propriétaire du chien : "Je vais le garder ici cette nuit, on vous contactera demain". La chienne a passé la nuit sous surveillance, à l’heure qu’il est, son état est critique. 

Florine Parsis fait le choix de la campagne pour exercer sa passion.  - Radio France
Florine Parsis fait le choix de la campagne pour exercer sa passion. © Radio France - SAID MAKHLOUFI

Le lendemain, je retrouve Florine les pieds dans le fumier sur l’exploitation de Christine, agricultrice depuis 40 ans. Durant 2 heures sous les yeux de Christine, la vétérinaire va enchaîner les prises de sang, un travail fastidieux qui doit être fait. 

Ça fait partie du boulot, on est là au cul des vaches pour les prises de sang, les bêtes s’agitent, on doit se lever pour les vêlages, les urgences, ce n’est pas facile, mais c’est mon travail et je l’adore. Moi, j’ai fait le choix de venir ici en Lozère pour exercer mon métier. Dans ma promo sur 140 élèves, 25 seulement ont choisi les zones rurales donc c’est vrai qu’on a du mal à recruter ici.

"ce n’est pas facile, mais c’est mon travail et je l’adore" - Radio France
"ce n’est pas facile, mais c’est mon travail et je l’adore" © Radio France - SAID MAKHLOUFI

Florine a toute une carrière qui l’attend pour le plus grand bonheur des éleveurs de son secteur. Antoine lui, sera bientôt à la retraite, il consacrait toute sa vie professionnelle à la ruralité, à son métier de véto de campagne. Antoine laisse sa place, mais ignore qui va la reprendre. Après les déserts médicaux, la ruralité est désormais confrontée aux déserts vétérinaires. Seulement un vétérinaire sur quatre exerce en milieu rural, pourtant, c’est à la campagne que se trouvent les agriculteurs, les élevages, les animaux.

Déserts vétérinaires en zone rurale. Pour combler le manque de vétérinaires, une nouvelle voie d'études post-bac

Le gouvernement a annoncé vendredi l'ouverture à la rentrée 2021 d'une nouvelle voie d'accès post-bac pour les études de vétérinaire, qui, quoique limitée, pourrait aider à combler des déserts vétérinaires. En 2021, les élèves de classe terminale qui souhaitent devenir vétérinaires pourront s'inscrire via Parcoursup dans les écoles nationales vétérinaires (ENV) : 160 places seront disponibles pour cette première année après examen de leur dossier scolaire et après entretiens, ont indiqué vendredi les ministres de l'enseignement supérieur et de l'agriculture. Ces 160 étudiants suivront une année de cycle préparatoire intégré d'un an, dispensé dans les écoles vétérinaires. Quelque 480 étudiants continueront à être recrutés dans les Ecoles nationales vétérinaires par les trois voies d'entrée existantes : le concours A accessible après deux ans de classes préparatoire, le concours B, accessible après 120 crédits ECTS acquis lors d'une licence, et le concours C, accessible après un BTS/DUT/BTSA ou une licence professionnelle.

Le mode supplémentaire de recrutement post-bac « _permettra non seulement d'_augmenter le nombre de vétérinaires formés pour la pratique rurale, mais offrira aux élèves de terminale ayant de bons résultats scolaires mais pour lesquels la classe préparatoire pourrait être perçue comme un obstacle, la possibilité de postuler directement dans une des quatre écoles nationales vétérinaires» indiquent les deux ministères. Cette réforme s'inscrit « dans la volonté du gouvernement de favoriser l'ouverture sociale et diversifier le recrutement des grandes écoles », ajoute le texte.  

Très peu de vétérinaires dans les zones "rudes"

Comme dans la santé humaine, des déserts médicaux se créent aussi en santé animale, surtout dans les zones rurales où l'élevage diminue , a déploré cet été l'Ordre national des vétérinaires.

Avec 18 548 vétérinaires inscrits à l'Ordre, le nombre total de praticiens a augmenté de 1,1 % en 2018 par rapport à 2017, et de 4 % par rapport à 2014. Mais le dernier atlas démographique de la population vétérinaire, paru cet été, a mis en lumière le recul, voire l'absence de vétérinaires dans des zones rudes comme les contreforts sud du Massif Central, certaines régions des Alpes ou des Pyrénées qui sont pourtant des zones d'élevage, mais aussi autour de Troyes, Reims, Limoges, dans la Manche ou le Jura.

A la rentrée, la conférence des directeurs des établissements d'enseignement supérieur agronomique et vétérinaire avait annoncé une augmentation de 20 % du nombre de places supplémentaires d'ici à 2024 dans les écoles vétérinaires et d'agronomie, avec un effort particulier pour les recrutements « post-bac » et « apprentissage » afin de permettre « à plus de jeunes, issus de tous les territoires, avec des parcours scolaires diversifiés de devenir vétérinaires ou ingénieur agronomes/agroalimentaire »

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