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Santé – Sciences

VIDÉO - J'y crois pas ! Utiliser nos émotions pour nous faire consommer à coup sûr

vendredi 29 juin 2018 à 18:14 Par Valérie Barbe, France Bleu

Savoir ce qui passe dans nos têtes de consommateurs : c’est la promesse du neuromarketing. Cette technique commerciale entend, grâce à la science, percer les secrets de notre inconscient. Et ainsi ajuster les produits au plus près de nos envies. Une recette miracle ? Pas si sûr…

Un groupe de professionnels a inventé la «neurocata», une méthode qui unit les neurosciences au monde de la gastronomie. Exemple en Espagne.
Un groupe de professionnels a inventé la «neurocata», une méthode qui unit les neurosciences au monde de la gastronomie. Exemple en Espagne. © Maxppp - Nacho Gallego

C'est la prétention du neuromarketing. Un nom qui à lui seul résume bien son ambition. Sonder notre inconscient pour savoir en temps réel ce qu'on ressent. Car plus on est dans l'émotion, plus la promo d'un produit, marche. Que ce soit de la lessive, une émission ou un candidat à la présidentielle. Et pour saisir ces instants stratégiques, le neuromarketing s'appuie et sur les 6 grandes émotions universelles : la joie, la peur, la colère, etc... Et sur les outils du 21 ème siècle. Des web cam traquent les micro expressions des spectateurs. Des logiciels suivent les mouvements des yeux. Et des bracelets connectés enregistrent les battements du coeur et les poussées de sueur. Ensuite, l'ensemble passe à la centrifugeuse spécial « analyse des données ». Et hop, c'est censé montrer ce qui nous fait vraiment vibrer. Et c’est avec ça que les manitous du marketing ajustent leurs produits. Comme la bande annonce du film l'Empereur modifiée pour montrer plutôt bébé et maman manchot que les ados rigolos de la banquise. Ou comme la SNCF qui en a carrément changé sa façon de nous causer. Un test sur des voyageurs AVEC bracelet connectés l'a convaincu de supprimer quasi toutes ses annonces sonores. Ca nous stressait trop, verdict des machines. Donc, une analyse strictement scientifique ? Pas si sûr. D'après les experts, nos émotions sont moulinées avec une version extra light du matos médical. En plus, l'analyse de ces résultats n'est pas très, très subtile. Abuser des Kleenex devant une série ne signifie pas forcément qu’on se dit "Oh que c'est nul". Sinon quid des comédies romantiques. Mais ce qui agace le plus les psy, c'est le postulat de base du neuromarketing : 90% de nos décisions seraient soufflées par notre inconscient. Une stat' 100% fantaisiste. En plus, encore récemment, les boss du secteur soutenaient exactement l'inverse. Que nos décisions n'étaient QUE raison. Preuve, s'il en est besoin, de la légère complexité de notre cervelet. 

Et donc, pour l'instant de l'impossibilité manifeste de réduire nos émotions à des équations.