Santé – Sciences

VIDÉO | Journée mondiale Alzheimer : "J'ai perdu beaucoup de souvenirs, mais j'ai des espoirs"

Par Marina Cabiten et Benjamin Jacquot, France Bleu mercredi 21 septembre 2016 à 3:40

François Bansard, malade d'Alzheimer de 83 ans, s'est confié à France Bleu
François Bansard, malade d'Alzheimer de 83 ans, s'est confié à France Bleu © Radio France - Benjamin Jacquot

La 23e Journée mondiale Alzheimer se déroule ce mercredi. En France aujourd'hui, trois millions de personnes (malades et proches) sont directement concernées selon France Alzheimer. France Bleu a rencontré des malades qui se battent contre l'affaiblissement de leurs facultés cognitives.

Perte de la mémoire, de la faculté à raisonner : 900.000 Français vivent en se sachant touchés par Alzheimer, mais ils sont en réalité beaucoup plus nombreux à affronter cette maladie puisqu'un malade sur deux ne serait pas diagnostiqué. Ce mercredi, à l'occasion de la 23e Journée mondiale d'Alzheimer, deux d'entres eux témoignent pour France Bleu. Jeanine, 88 ans, et François, 83 ans, ont décidé qu'Alzheimer ne les empêcherait pas de vivre.

Oublier, mais espérer

Ancien proviseur, écrivain, et aujourd'hui galeriste à Paris, François Bansard est même inscrit cette année à une école de massage. "En avant !" dit-il toujours, lui qui a ouvertement déclaré la guerre à Alzheimer. "J'ai beaucoup oublié", concède-t-il, mais la perte de souvenirs ne l'empêche pas de se projeter dans l'avenir.

Se sentir diminué

Le plus dur dans la maladie d'Alzheimer ? Pour François Bansard, c'est de ne plus pouvoir faire tout ce qu'il aime. Lire, aller au cinéma, mais aussi être lui-même en société. Car cet homme lettré et affable a, dit-il, "perdu la parole publique" à cause de sa maladie.

Une maladie tabou

Elle vit désormais seule dans l'appartement familial de Vanves, même si son fils s'est installé tout près. Jeanine a 88 ans et a été diagnostiquée il y a quatre ans. Alzheimer "ne change rien" à sa vie, selon elle. Elle continue à aller au marché, ou chez le coiffeur. Mais doit tout noter dans un carnet quand ce n'est pas son fils Guy qui s'en charge. Jeanine aime aller à la rencontre de ses copines de Vanves. Mais pas question de leur dire qu'elle est malade d'Alzheimer, "un genre de folie".

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Se battre pour soi mais aussi pour ceux qui nous aiment

Dans sa galerie d'art, François Bansard organise aussi des ateliers d'écriture destinés à ceux qu'on appelle les "aidants", ces proches qui accompagnent les malades et les aident à affronter le quotidien. Une tâche très lourde et éprouvante, qui incombe à l'épouse de l'ancien proviseur. Il lui rend hommage, et c'est aussi pour elle qu'il refuse de se laisser abattre par Alzheimer.

"Bonheur", poème à la maladie d'Alzheimer

Dans ces ateliers d'écriture, il arrive à François Bansard d'écrire des poèmes. Une façon d'exprimer les tourments provoqués par la maladie, mais aussi son goût de la vie toujours présent.